Aujourd'hui,
URGENT
Arabie Saoudite: Selon la CIA, Mohammed ben Salman a ordonné l'assassinat du journaliste Khashoggi
Burkina: la Coalition contre la vie chère organise le 29 novembre une journée de protestation contre la récente hausse du prix du carburant
Madagascar: le second tour de la présidentielle opposera Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, tous deux anciens présidents
Centrafrique: l’ex-chef anti-balaka Alfred Yecatom Rhombot extradé vers la CPI
Israël: le ministre de la Défense démissionne après le cessez-le-feu à Gaza
Brexit: Theresa May annonce que son gouvernement a validé le projet d'accord avec l'Union européenne 
Burkina: l'utilisation de contraception moderne a empêché 397 000 grossesses non désirées et 142 000 avortements (rapport)
Burkina: le bureau actuel du syndicat national de la GSP interdit d'activités, 10 agents révoqués (Conseil des ministres)
Sénégal: Macky Sall laisse entrevoir l'amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade (RFI)
Burkina: le Mouloud célébré dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 novembre 2018

POLITIQUE

Dans un entretien accordé à trois médias chinois, (le Quotidien du peuple, l’Agence Chine Nouvelle et la chaîne de télévision CGTN), le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est prononcé sur le rétablissement de la coopération sino- burkinabè et ses attentes vis-à-vis de cette coopération, sur sa visite d’Etat en Chine du 31 août au 2 septembre 2018, et sur le forum sino-africain, auquel il prendra également part les 3 et 4 en septembre prochain. Pour lui, les relations entre Pékin et les pays africains doivent être des relations gagnant/gagnant. Voici le verbatim de l’entretien accordé par le Président du Faso.

C’est la première fois que vous effectuez une visite en Chine. Quelles sont vos attentes?

Je dois rappeler que cela fait 24 ans que nous avons rompu les relations avec la Chine populaire et que nous la reprenons maintenant. Pour nous, ce voyage est une mission importante. Parce que non seulement, il va nous permettre de conforter et de consolider les relations de coopération entre nos deux pays, dans le principe du gagnant-gagnant, de l’égalité et de la transparence dans nos relations, nous pensons également que c’est une occasion, non seulement de renforcer la coopération pour le Burkina Faso, mais également pour la sous-région et l’Afrique de façon générale, puisque nous participons au forum sino- africain qui interviendra après la visite d’Etat.

La Chine et le Burkina Faso ont renoué les relations diplomatiques le 26 mai dernier. Quelles sont vos remarques sur les relations bilatérales sino-burkinabè et dans quels domaines, les deux pays peuvent-ils mener une coopération étroite?

Ce sont des relations que nous rétablissons après 24 ans. Il faut certainement réapprendre à se connaitre et savoir que des deux côtés, les  choses ont évolué depuis longtemps. C’est pour cela que nos attentes consistent à renforcer la coopération avec la Chine populaire dans plusieurs domaines : économie, amélioration des conditions de vie des populations, sécurité, électricité, etc. 

C’est un partenariat qui va être aussi large que possible, de manière à permettre à ce que dans le cadre d’une commission que nous aurons entre la Chine populaire et le Burkina Faso, nous puissions régulièrement sélectionner des priorités et voir comment nous pouvons avancer ensemble et fortifier ces relations, que nous commençons à remettre en place, entre la Chine populaire et le Burkina Faso.

Vous allez bientôt voyager en Chine pour participer au Sommet du forum sur la coopération sino-africaine, dans un contexte mondial où la montée du protectionnisme et de l’isolationnisme accentue l’incertitude et l’instabilité. Quelles sont les significations profondes de ce Sommet pour vous?

Pour nous, la tenue d’un sommet entre la Chine populaire et l’Afrique, montre déjà l’intérêt du multilatéralisme. C’est ce que nous avons toujours défendu ensemble parce que le protectionnisme actuellement pose des problèmes. C’est une véritable menace contre la paix internationale et mondiale. C’est pourquoi, pour nous, la tenue de ce sommet est un vrai succès pour indiquer à ceux qui sont dans les politiques protectionnistes, que nous avons opté pour le multilatéralisme fondé sur le principe du gagnant-gagnant, l’égalité des chances, et sur la nécessité de développer le commerce international entre nous. Je crois que l’Afrique et la Chine constituent une véritable force pour combattre ce protectionnisme.

La coopération sino-africaine n’est pas vue d’un bon œil. Certains critiquent notre coopération amicale. Comment voyez- vous ce genre de critiques?

Toute coopération amène toujours des critiques. Mais la coopération entre l’Afrique et la Chine populaire est fondée sur des questions de souveraineté. Chaque peuple choisit les pays avec lesquels, il veut travailler. Et l’Afrique a choisi de travailler avec la Chine. Forcément, cela ne peut pas être vu d’un bon œil par tout le monde, mais c’est notre choix et nous-nous en tenons à cela. Nous ne regrettons pas cette coopération sino-africaine, qui se développe de jour en jour, en faveur de nos peuples respectifs.

Qu’est ce que vous pensez de l’initiative chinoise de la «Ceinture et la Route»?

Nous pensons que c’est une bonne initiative puisqu’il s’agit de la mondialisation sans frontière, de faire en sorte de développer le commerce à travers des infrastructures qui peuvent aussi bien être routières que ferroviaires, et qui peuvent être liées à tous les aspects qui vont nous permettre de développer ce commerce entre les différents pays du monde. C’est une initiative à soutenir, et elle a été remise au goût du jour pour le forum pour lequel nous aurons, en tant que pays africain, à apporter encore notre soutien sur cette initiative développée par le Président Xi Jinping.

Qu’est ce que cette initiative chinoise peut apporter aux pays africains y compris le Burkina Faso, selon vous?

La nécessité de développer le commerce entre nos différents pays nécessite des infrastructures. Cela est important. S’il n’ya pas d’infrastructures de commerce entre les différents pays, il est évident qu’il sera difficile de pouvoir développer le commerce. Nous avons des productions qui intéressent la Chine. La Chine a aussi des productions qui intéressent le reste du monde. Donc, il faut que nous crééions justement cette mondialisation sans frontière qui permette à ce que nous puissions vendre les produits, échanger librement et pouvoir créer la prospérité dans nos différents pays. Je crois que c’est l’objet d’une telle initiative qui a été prise par le Président de la République populaire de Chine, que nous soutenons et encourageons. C’est un projet qui va prendre du temps probablement, mais c’est un projet qui est nécessaire si nous voulons développer le commerce international. 

Des perspectives historique, politique et économique, comment comprenez- vous la phrase du Président chinois Xi Jinping qui dit que «la Chine et l’Afrique sont depuis toujours liées par une communauté de destin»?

La Chine vient de très loin. Il n’ya pas très longtemps de cela, la Chine se trouvait dans les mêmes conditions difficiles que l’Afrique aujourd’hui. Mais nous constatons que la Chine, grâce au travail, à une orientation et à une bonne vision de son développement, est devenue une puissance mondiale. La communauté de destin veut dire que les chinois savent déjà ce que nous avons traversé, et les étapes qu’ils ont mises en place pour avancer. Et donc, ils sont à même de mieux nous encadrer, nous conseiller dans le sens de notre propre développement. C’est cet accompagnement que nous attendons de la Chine populaire. Pour nous, il n’ya pas de doute qu’historiquement, la lutte du peuple chinois a été toujours une base d’intérêt pour les peuples africains, qui, déjà à l’époque, se battaient pour la libération de l’Afrique.  Aujourd’hui, c’est toujours une source d’inspiration de voir un pays qui a des milliards d’habitants, pouvoir les nourrir, les loger, les habiller, s’occuper de leur santé. Cela est un vecteur qui est important et qui impose l’admiration. Je pense que cette communauté nous permet de trouver l’intérêt d’avoir une coopération entre l’Afrique et la Chine.

Comment le sommet sino-africain va promouvoir la construction d’une communauté de destin encore plus solide?

L’objectif de ce forum c’est d’être un cadre d’orientation. Puisqu’entre les services de la République populaire de Chine et ceux de l’Union africaine, il y a une grande préparation pour tenir compte non seulement des programmes de l’Union africaine, mais aussi des programmes nationaux, comme le Plan national de Développement économique et social au Burkina Faso, et des programmes sous-régionaux. C’est un grand cadre et au cours des discussions que nous allons avoir, il s’agit de voir quelles sont les priorités dans lesquelles notre coopération va se consolider entre la Chine et l’Afrique, à travers les différents pays, l’Union africaine et les organisations sous-régionales. Donc, c’est un grand exercice de coordination du développement entre nos différents pays. Et cela est un aspect important. 

C’est un cadre général. C’est clair que dans la visite d’Etat, nous aurons à discuter des questions qui concernent le Burkina Faso, entre le Président Xi Jinping et moi-même. Mais dans le cadre du forum, nous aurons plus à discuter des questions qui concernent la coordination de l’ensemble de l’action de la Chine populaire vis-à-vis de l’Afrique et des organisations sous-régionales.

Entretien retranscrit par la Direction de la Communication de la Présidence du Faso

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir