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POLITIQUE

19 août 2017-19 août 2018, cela fera un an jour pour jour que feu Salifou Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale et du parti au pouvoir le MPP s’en est allé. A quelques jours de l’anniversaire du décès de celui qu’on appelait affectueusement Gorba, Ousseini Tamboura, 4e vice-président de l’Assemblée nationale, membre du groupe parlementaire MPP et proche collaborateur du feu Salifou Diallo, réaffirme cette assertion qui dit que «Le temps n'efface pas les traces des grands hommes et la vertu brille même parmi les morts». Dans cette interview, Ousseini Tamboura qui avait conduit la délégation ayant ramené la dépouille de Salifou Diallo de Paris, reviens sur les moments d’émotions, l’œuvre du défunt et son héritage politique. 


Fasozine : Que retenez-vous de Salifou Diallo ?

Ousseini Tamboura : Ce qui marque chez l’homme, c’est d’abord son œuvre politique et sociale. Vous avez souvenance qu’à l’annonce de son décès jusqu’aux obsèques de feu Salifou Diallo, vous avez tous noté la grande émotion nationale et internationale et vous avez surtout écouté et constaté les témoignages de divers horizons sur la qualité et l’œuvre titanesque de l’homme. Nous étions d’ailleurs en tant que Burkinabè, presque surpris de savoir qu’il était autant connu au Burkina qu’en Afrique. Cela veut dire que l’homme au cours de son engagement politique et militant, a laissé une œuvre politique et sociale parce qu’on ne peut pas nier qu’il a été pour  beaucoup, catalyseur dans des accélérations qualitatives de la vie démocratique de notre pays. Son œuvre est comme une rose dans laquelle il y a les fleurs et il y a les épines. Mais les épines sont de moindres importances parce que dans une rose, c’est la fleur qu’on regarde. Et  le président Salifou Diallo nous laisse cette image. Feu Salifou Diallo était d’abord un penseur. On l’appelait vulgairement «l’idéologue». C’est-à-dire qu’il était constamment dans ce qu’on appelle le «brainstorming» politique et  social. Lors de nos travaux, nous nous posions parfois la question : «que vivent nos paysans ?». C’est une question qu’il lançait comme ça et on discutait et cela l’amenait à écouter les paysans  pour avoir une réponse des acteurs eux-mêmes. Il aimait souvent écouter des personnes ordinaires sur leur travail et cela lui permettait de prendre la mesure de ce qu’on devait faire. Il connaissait aussi les acteurs politiques et il avait ce que beaucoup de personnes n’avaient pas. C’est-à-dire l’engagement et la conviction dans ce qu’il pensait.  Ce qui fait que même au départ, si personne ne croit à son idée, lui, il restait accrocher au point que certains lui donnaient souvent raison. C’est quelqu’un qui creusait, qui planifiait, qui pensait et cela est important pour un leader. Salifou Diallo était un grand diseur dans le sens positif du terme et il était un grand communiquant politique. Il savait dire clairement sa pensé et il laissait toujours des formules que d’ailleurs les médias aimaient reprendre parce que la formule semble représenter une certaine synthèse de ce qu’il a voulu dire. Pendant nos meetings régionaux avant l’insurrection et pendant les élections de 2015, il avait cette capacité à vous redonner l’espoir et à communiquer. L’on se souvient des formules chocs comme «On s’en fou point barre». Ces propos ne laissaient personnes indifférent mais cela avait l’avantage de venir après un acte d’humilité. En rappel, il y avait une petite polémique sur des tablettes qui avaient été donné par une société chinoise par le biais du ministère de l’Economie numérique aux députés. La polémique a pris de l’ampleur et avec toute humilité, il a reconnu à l’hémicycle qu’il fallait restituer lesdites tablettes et c’est après cela qu’il a dit on peut passer maintenant à autres chose. Il savait aussi par une communication, régler les tensions dans un parti. C’était également un faiseur. Il ne se contentait pas de penser et d’agencer des idées ou de communiquer mais il posait des actes. On l’a vu à l’œuvre pratiquement dans sa vie politique antérieure avant l’insurrection populaire, lorsqu’il était au ministère de l’Agriculture mais surtout lorsqu’il est arrivé au parlement. Il voulait vraiment que le parlement joue son rôle indépendamment de toutes les interprétations qu’on pouvait faire. Par son brainstorming social et politique, il s’est attaqué aux questions de lotissement, la question des ressources minières dont les populations  estimaient que les retombés n’étaient pas bien visibles et souvenez-vous de cette loi sur les Partenariat public-privé (PPP). C’est donc un homme qui a consacré toute sa vie à ce pays et son œuvre de mon point de vue est gigantesque. On ne peut pas ignorer sa contribution dans l’histoire politique de notre pays depuis 1987 jusqu’à son décès en 2017.

On dit de l’homme que c’est un faiseur de roi ?
Personnellement je n’étais pas dans ses cercles où l’on fait des rois. J’étais  juste un observateur. Si vous mettez les trois qualités de penseur, de diseur et de faiseur, il est évident que le défunt était politiquement très mur et était donc une bête politique qui peut gagner les élections, qui peut gagner la bataille politique. A partir de ce moment, on peut lui attribuer ce vocable. Ceux qui lui prêtent ce vocable d’ailleurs font toujours allusion aux personnes à qui il a offert telle ou telle position. Le parti a gagné les élections et c’est tout à fait normal qu’il participe à l’élaboration du plan d’orientation du gouvernement. Mais je pense qu’on lui prête cette force depuis très longtemps.

Vous avez fait partie de la délégation qui a ramené la dépouille de Paris. Quelles étaient les émotions ?
A l’annonce du décès d’une personne de la trempe de Salifou Diallo, c’est d’abord l’incrédulité. Vous ne croyez pas à ce type de nouvelle. Mais c’est dans les minutes qui suivent que vous vous rendez compte que c’est vraiment réel. Mais il faut se rendre à l’évidence très rapidement puisque des voix officielles l’annoncent et c’est ce qui s’est passé. Ensuite il faut rester digne puisque c’est valable dans nos familles et dans nos vies individuelles. Lorsque vous recevez un choc émotionnel, il faut se ressaisir, être digne et faire face à la réalité. Et  c’est ce que les députés de l’Assemblée et le parlement ont fait. Très rapidement, le parlement sous les orientations  du chef de l’Etat, s’est retrouvé et à mis en place ce que nous appelons «le règlement de l’assemblée» pour aller chercher la dépouille. C’était donc la première des choses à faire. La deuxième était de faire en sorte qu’il y ait des obsèques les plus mérités possibles. Et le troisième défi était de perpétuer l’homme et cela passe par la succession. Cela a été très bien géré et au final, nous étions triste certes mais nous avons été digne dans tous nos actes. Ce qui fait que le camarade Salifou Diallo repose en paix aujourd’hui et il a eu droit à tous les hommages de la nation. Les institutions reconnaissent tout son œuvre et le parti continue d’occuper le terrain politique et les initiatives parlementaires continuent. Il est vrai qu’il nous manque parce que c’est humain mais comme on le dit, nul n’est indispensable. Ce n’est pas lui tout seul qui a fait toute cette œuvre. C’est avec ses camarades de lutte, ses proches collaborateurs et sa famille. Ces personnes sont encore là et l’œuvre se poursuit.

Comment le parti gère son absence ?
Salifou Diallo est décédé en sa qualité de président donc c’est lui qui dirigeait le parti. Avant cela, il était le premier vice-président chargé de l’organisation politique du parti. Donc il a toujours été quelqu’un qui est penseur mais après son décès, le parti n’est pas perdu. La boussole est restée en l’état parce qu’elle est aussi immatérielle. Nous sommes tous des humains et nous voulons que nos œuvres  survivent et je pense que ce défi a été relevé. C’est le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre d’ailleurs. Il s’agit donc de faire les choses comme il l’aurait souhaité. Et je pense que sur cette question, le parti n’a pas dévié de sa ligne puisqu’il regorge de ressources humaines capables.

Regrettez-vous son absence lorsque de grandes polémiques ou de grands sujets d’actualités naissent ?
Je suis personnellement d’une formation politique qui ne regrette pas dans ses engagements. On peut épiloguer sur ce qu’il aurait pu apporter mais l’histoire de Salifou Diallo est indissociable des autres chefs historiques du MPP. Et faire une analyse en isolant les autres chefs historiques peut ne pas être pertinent. Salifou Diallo, c’est aussi ses compagnons de lutte tels que Roch Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré. Ce sont eux les chefs historiques du MPP donc nous attendons que ces personnes soient traitées de la même façon. Donc il n’y a pas lieu de regretter son absence par rapport à tel ou tel sujet.

Comment vous gérez l’œuvre politique qu’il a laissé dans son fief ?
Comme l’a dit l’actuel président de l’assemblée, Alassane Bala Sankandé, on ne remplace pas un homme comme Salifou Diallo. Il s’agit de faire autant que lui, sinon plus. Donc nous sommes conscients de l’héritage politique qu’il nous laisse et des défis à relever.

Et quels sont ces défis à relever ?
Celui de donner satisfaction au peuple qui nous a élu parce que les gens ont tendance à oublier que l’un des principaux acquis de l’insurrection populaire, c’est de ramener le compteur politique de notre pays à compter du fait que désormais, le président de la République est un civil élu. Donc l’acquis démocratique du MPP est de faire en sorte, qu’on rejoigne aussi ces grandes nations démocratiques. Et il ne faut pas perdre cet acquis pour des questions stratégiques et subjectives et oublier le plus essentiel. Toute chose qui pourrait ramener le pays dans des situations d’exceptions ou encore de minima démocratique. Nous devons rechercher l’optimal. On peut ne pas être content sur certains aspects de gouvernance mais cela ne peut pas justifier qu’on mette en cause cet acquis. Je pense donc qu’il faut qu’on arrive à communiquer suffisamment avec le peuple sur cet aspect. Nous allons faire en sorte que le mandat du président Kaboré se déroule très bien et que nous réussissons les prévisions et promesses faites au peuple en 2015. Et que le parti remporte les élections présidentielles et législatives en 2020. Nous allons également travailler à faire en sorte que tous ceux qui ont partagés les idéaux de l’élection, puissent être dans une sorte de dynamique politique cohérente mais pas dans une dynamique où les acteurs de l’insurrection sont dans une situation de conflit sur des questions subjectives et de gouvernance pas déterminante. 

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