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POLITIQUE

Pour protester contre l’adoption du nouveau code électoral par l’Assemblée nationale et dénoncer la gestion actuelle du pays par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), l’opposition politique entend convier prochainement les Burkinabè à une série de marches. C’est ce qui ressort entre autres de ce compte rendu d’une réunion du cadre de concertation du Cfop tenue le mardi 7 aout dernier.

Le Cadre de concertation du Chef de file de l’Opposition politique (CC/CFOP) a tenu une réunion ordinaire le mardi 07 août 2018 au siège du CFOP à Ouagadougou. Présidée par le Chef de file de l’Opposition, M. Zéphirin DIABRE, la réunion avait les points suivants inscrits à son ordre du jour : 

I- Le débat sur le Code électoral ;

II- La rencontre avec les OSC ; 

III- La situation à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

IV- Les directives de l’Opposition.

Concernant le premier point de l’ordre du jour :

1-Le débat sur le Code électoral

Les responsables des partis d’opposition ont fait le constat que le pouvoir du MPP a fait un passage en force à l’Assemblée nationale grâce à sa majorité mécanique. L’Opposition politique attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur le fait que, contrairement aux prescriptions de bonne gouvernance, ce Code électoral qui a été adopté  n’a pas fait l’objet d’un  consensus entre la Majorité et l’Opposition. Il apparaît donc, in fine, que les différentes concertations organisées par le Chef de l’Etat n’étaient qu’un simulacre. Et, à partir de cet épisode, l’Opposition est en situation légitime d’adopter d’autres postures relatives à toutes les demandes de concertation qui émaneraient du pouvoir. 

Le Cadre de concertation félicite les députés d’opposition pour leur refus de s’associer à un vote pour cautionner une telle forfaiture. 

Sur le même sujet, l’Opposition a été informée par ses Groupes parlementaires  qu’un recours a été déposé au Conseil constitutionnel contre le Code électoral. 

Sur le fond du débat, l’Opposition reste ferme sur ses positions, à savoir que la carte consulaire biométrique doit être un document d’enrôlement. Et elle est confortée dans ses positions par la fébrilité dans laquelle le Gouvernement est en train de sombrer, et par les contradictions flagrantes, émaillées souvent de mensonges, que les ministres étalent dans le débat public. 

A titre d’exemple, le ministre des transports, Vincent DABILGOU, affirmait le 05 août dernier, sur Radio Oméga : « Les cartes consulaires qu’on a délivrées n’ont pas de numéro de série. L’objectif de cette carte au départ était seulement de pouvoir vivre tranquillement en Côte d’ivoire et au Gabon". 

Sur cette même Radio, juste le lendemain, le ministre des affaires étrangères, Alpha BARRY, prenait le contre-pied de son collègue, en affirmant que la carte consulaire biométrique est fiable et que l'État n'a aucun reproche à faire à ce document, raison pour laquelle sa production va continuer. Il prend un autre contre-pied, celui de son collègue Stanislas OUARO  (en charge de l’éducation nationale) qui jurait à l’émission « Controverse » de la RTB qu’il y a des juges Burkinabè en Côte d’Ivoire qui délivrent des certificats de nationalité. Le ministre BARRY apporte un démenti formel: « On n’a pas de juge en Côte d’Ivoire et dans les autres pays d’accueils pour attester de la nationalité de tous ceux qui viennent pour se faire établir la carte d’identité. »

Et que dire du Ministre de l’administration territorial qui croit savoir que « la carte consulaire biométrique est un document d’identification, et non un document d’identité » ? Le Gouvernement nous fait voir une véritable tour de Babel version burkinabè. 

C’est clair : La Majorité est à cours d’argument. 

Sur la nature et l’objet de la carte consulaire, l’Opposition politique demande aux dirigeants du MPP de relire le rapport introduit par leur gouvernement en conseil de ministres le 31  Juillet 2013 sur l’opérationnalisation de la carte consulaire biométrique. Il en ressort que la carte consulaire biométrique est établie pour servir directement à la constitution du fichier électoral, sur la base d’une proposition  de la CENI de l’époque, de mener concomitamment les deux opérations carte consulaire/fichier électoral. Venir nous dire aujourd’hui, comme le clame le ministre de la sécurité que la carte biométrique a été établie dans un seul souci d’identification, c’est procéder à une manipulation des esprits.

L’opposition politique réaffirma que rien, sauf des calculs politiques mesquins, ne peut expliquer que  le  Gouvernement récuse la carte consulaire biométrique présentée par l’Etat comme tenant lieu de CNIB, dans un processus quelconque où il est dit que c’est la CNIB qui est exigée. C’est une contradiction flagrante qui ne résiste pas à l’analyse.

De même, l’opposition politique reste ferme sur la question des   lieux de votation. Restreindre les lieux de votation de nos compatriotes aux seuls consulats et ambassades n’est rien d’autre qu’un sabot âge délibéré.

Les autres pays de la sous-région trouvent les moyens de conclure des accords avec les gouvernements des pays où résident leurs compatriotes pour multiplier les lieux de vote. Le 29 Juillet dernier, les Maliens qui vivent  au Burkina et en Côte d’Ivoire ont voté dans des écoles prêtées gracieusement par notre gouvernement et par le gouvernement ivoirien. Comment comprendre que le gouvernement burkinabè ne puisse pas obtenir la même faveur pour ses compatriotes ?

Enfin, l’opposition reste toujours vent debout contre l’idée  d’une plateforme électronique de fichier électoral basé sur le fichier de l’ONI.

L’Office nationale d’identification est une structure contrôlée aujourd’hui par le MPP à travers le ministère de la sécurité.  Son Directeur général est nommé en conseil de ministres. L’expérience que vit actuellement l’Opposition malienne achève de convaincre l’Opposition politique burkinabè que ce système, calqué sur celui du Mali, est une voie grande ouverte pour une fraude électronique. D’ailleurs, attentive à la crise que vit actuellement l’ONI, l’Opposition a compris que cette crise a un lien avec la fraude qui se prépare.

Les Burkinabè de la diaspora, qui ont bien compris que le MPP et ses alliés veulent organiser une fraude gigantesque pour conserver le pouvoir, sauront défendre leurs droits, et ils peuvent compter sur l’Opposition politique pour mener ce combat avec eux.

Rencontre avec les OSC

Dans le même registre, le Chef de file de l’Opposition  a rendu compte des concertations qu’il a eues avec les organisations de la société civile (OSC) le lundi 06 août 2018. Il en ressort une grande convergence de vues entre les deux parties sur la question du Code électoral, toute chose qui augure d’une bonne solidarité d’action. Les chefs de partis ont tenu à remercier les OSC  pour leur engagement et leur détermination à faire barrage à la forfaiture du pouvoir en place. 

Les chefs de partis ont décidé d’initier d’autres concertations, afin de mieux expliquer les  positions de l’Opposition 

Situation à la CENI

Comme tous les Burkinabè, l’Opposition a pris connaissance de la récente déclaration de ses commissaires siégeant à la CENI. Cette déclaration fait état des propositions adoptées par la plénière de l’ensemble des commissaires (y compris ceux de la Majorité), au sujet du Code électoral, et qui ont été transmises au Gouvernement. L’Opposition constate que sur les documents de vote, les propositions de la CENI rejoignent les positions du CFOP. Mais, la déclaration des commissaires de la CENI, comparées aux positions prises par le Président de la CENI lors des différentes rencontres avec l’Opposition, obligent à conclure qu’il y a sans doute un problème de coordination entre le Président de la CENI et ses commissaires. 

C’est le lieu pour  l’Opposition d’inviter le Président de la CENI à toujours privilégier une approche collégiale de sa fonction, et à s’assurer en tout temps que les positions qu’il défend au nom de l’institution sont bel et bien le reflet des discussions préalables qui ont eu lieu en plénière avec l’ensemble des commissaires. 

La création de la CENI est le résultat d’un long combat mené par les forces démocratiques pour arracher l’organisation des élections des « griffes » du Ministère de l’administration territoriale. L’Opposition n’acceptera ni une remise en cause des acquis de ce combat, ni un retour en arrière qui replacera notre processus électoral sous la coupe du Gouvernement. 

Directives

Le débat sur le Code électoral et le comportement du MPP et de ses alliés, ajoutés à une gouvernance peu vertueuse servie à notre pays depuis Janvier 2016, pose pour l’ensemble des Burkinabè un grave problème à résoudre.

Arrivé au pouvoir en effectuant un hold-up sur les aspirations de notre jeunesse, le MPP est en  train de montrer sa vraie face, celle qu’il avait et pratiquait quand il dirigeait le pays durant le règne de Blaise COMPAORE.

Il s’avère maintenant que les mea culpa annoncés publiquement à la Place de la nation par les dirigeants actuels du MPP lorsque, sentant le vent tourner, ils ont abandonné leur navire initial pour rejoindre l’Opposition, n’étaient rien d’autre que des  postures politiciennes.

Aujourd’hui, en dehors de quelques  opportunistes de l’insurrection qui font aujourd’hui carrière sous leurs ailes, et dont on comprend maintenant que la posture d’opposant de l’époque n’avait rien de sincère, personne parmi ceux qui ont bravé la mort pour empêcher la révision de l’article 37 ne nourrit encore d’illusion vis-à-vis de ce régime.

L’avenir de notre pays est sombre dans les mains du MPP. Il faut donc que les Burkinabè se lèvent et se fassent entendre.

C’est dans cet esprit, qu’après des échanges nourris sur la situation nationale en général, et la question du Code électoral en particulier, les partis membres du Cadre de concertation ont décidé des directives suivantes : 

-Premièrement : Les  responsables des sections provinciales des partis membres du CFOP sont invités à se rencontrer le plus rapidement possible, en vue de mettre en place des coordinations provinciales du CFOP, en attendant les  instructions à venir. 

-Deuxièmement : Les représentants des partis politiques membres du CFOP à l’étranger sont invités à se concerter s’ils ne l’ont déjà fait, à publier des déclarations communes sur la question du Code électoral, et à envoyer des correspondances aux autorités des pays d’accueil pour expliquer la forfaiture que prépare le Gouvernement. 

L’Opposition les invite en outre à organiser des conférences de presse pour sensibiliser les opinions, à initier des tournées dans leurs ressorts territoriaux pour expliquer les positions de l’Opposition.

En plus, les représentants de l’Opposition à l’extérieur sont invités à organiser le boycott actif des visites que les dignitaires du pouvoir du MPP seraient amenés à effectuer dans leurs pays d’accueil. Ce boycott doit consister en des interpellations publiques et visibles et ce, dans le respect des législations en vigueur dans les pays d’accueil. 

-Troisièmement : Au regard de la gravité de la situation et du danger que fait courir à notre pays le pouvoir du MPP, l’Opposition politique a décidé de convier les Burkinabè à une série de marches de protestation dont la date de la première sera annoncée incessamment. L’Opposition invite ses militants et sympathisants, ainsi que l’ensemble des patriotes, à se mobiliser et à se tenir prêts pour s’engager résolument dans  la nouvelle phase du combat qui s’annonce. 

D’autres actions sont programmées, qui seront dévoilées en temps opportun.

Débutée à 18 heures, la rencontre a pris fin à 22h, dans une ambiance de camaraderie militante et de très forte détermination. 

Ouagadougou, le 08 août 2018

Le service de communication du Chef de file de l’Opposition

 

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