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POLITIQUE

Le nouveau code électoral voté par l’Assemblée nationale le 30 juillet dernier consacre désormais le vote des Burkinabè de l’extérieur. Si une partie de la classe politique s’oppose au choix de la carte nationale d’identité et du passeport burkinabè comme document de vote, la diaspora burkinabè ne l’entend pas de cette oreille. Pour le mouvement politique «C’est le moment», c’est de la récupération politique.

Né le 14 juillet dernier à Ouagadougou, le mouvement politique «C’est le moment» se veut le porte-voix de la diaspora burkinabè. Il regroupe la diaspora des Etats-Unis d’Amérique, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. A travers une conférence de presse ce jeudi 9 août 2018, il dit adopté le nouveau code électoral sans réserve et fustige le comportement de l’opposition politique qui tend à rejeter ledit code électoral. Les conférenciers du jour se disent étonner et surpris d’une véritable campagne de plan politique planifié sur fond d’intoxication populaire et de désinformation malsaine dont le but est d’entrainer l’opinion générale de la diaspora vers la case «tromperie».

«Oui, nous avons été étonné de constater quand bien même que depuis des décennies que nous luttions pour le respect de la Constitution qui a toujours consacré et réaffirmer notre droit inalliable de participer au développement économique et sociopolitique de notre pays, personne en dehors de certains OSC, ni encore de partis politiques, n’a fait des droits de la diaspora son cheval de batail. Pourquoi soudain, des partis politiques se trouvent la vocation d’avocats défenseurs des droits de la diaspora ?», s’interroge Moumouni Pograwa, président de la diaspora ivoirienne et président du mouvement CLM.

«L’Opposition politique se trompe de débat»

Le mouvement CLM dit ne pas rejeter systématiquement les interventions des uns et des autres pour que les droits de la diaspora soient respectés mais récuse et rejette toute tentative de récupération politicienne. Moumouni Pograwa rappelle que l’opération de délivrance de cartes consulaires biométriques avait été dénoncée par la diaspora ivoirienne en novembre 2013. Il ne comprend pas donc pourquoi c’est maintenant qu’une certaine classe politique se transforme en avocat défenseur. «Pourquoi ces avocats commis d’office sans être constitués, ne défendent pas les autres 3.000.000 Burkinabè mais se focalisent sur les 980.000 personnes qui auraient la carte consulaire ? Les autres ne seraient-ils pas Burkinabè ?», autant de questions que se pose M. Pograwa.
Preuve à l’appui, Moumouni Pograwa fait remarquer que l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) après une enquête en décembre 2016, a révélé dans un rapport que le processus de délivrance de cartes consulaires en Côte d’Ivoire est émaillé d’incohérences. Ben Gaston Sawadogo, délégué du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger zone Est des USA et 1er vice-président du mouvement CLM, indique même que contrairement à la diaspora de la RCI, la carte consulaire est un document sans valeur et non reconnue aux USA.

Le mouvement CLM estime donc que le choix de la CNIB et du passeport comme document de vote est salutaire. Il est d’ailleurs prévu des meetings de sensibilisation en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, au Bénin et aux USA les jours à venir. Par ailleurs, le mouvement entend entreprendre des démarches auprès du gouvernement, de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour mieux s’informer et comprendre les mécanismes qui seront mis en œuvre pour que chaque Burkinabè qui se fera enrôler puisse effectivement glisser son bulletin dans l’urne. Il invite l’opposition politique a cessé les débats futiles et à se concentrer sur de vrais débats démocratiques.

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