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POLITIQUE

Le projet portant modification du code électoral, a été adopté le 30 juillet dernier par l’Assemblée nationale. Désormais, pour s’inscrire sur les listes électorales et prendre part au vote, les Burkinabè aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, devront se munir soit de la carte nationale d’identité burkinabè ou du passeport. Pour l’association le Tocsin qui a fait du vote des Burkinabè de la diaspora son cheval de bataille, ce n’est qu’une victoire d’étape. C’est du moins ce qui ressort de cet entretien avec Arouna Savadogo, président du Tocsin.


Fasozine : comment est-ce que le Tocsin a accueilli le vote du nouveau code électoral ?

Arouna Savadogo : le Tocsin est apolitique et à ce titre, nous estimons que la loi a été votée et il faut l’appliquer. Ce sont nos représentants à l’Assemblée nationale qui l’on voté donc nous n’avons pas à redire sur cette loi. Ce qui nous intéresse dans cette loi, c’est le vote des Burkinabè de la diaspora. Et c’est le Tocsin qui avait levé le lièvre sous le régime de Blaise Compaoré. Sinon les politiques n’en parlaient même pas. Et les gens nous prenaient pour des fous jusqu’à ce qu’en 2006, le gouvernement d’alors décide de faire voter les Burkinabè de l’extérieur avant que les politiques n’en parlent. Mais ce qui nous a étonné, est que nous étions allés voir l’ambassadeur Justin Koutaba en 2013 à Abidjan pour lui dire que nous n’étions pas d’accord sur le coût de la nouvelle carte consulaire biométrique qui était de 10.000 FCFA. Il nous a renvoyé vers l’ancien ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé. Nous avions alors rencontré Djibril Bassolé qui a réduit le coût séance tenante pour le ramener à 7000 FCFA. Que le code électoral retienne la carte d’identité consulaire, le passeport, l’acte de naissance ou la carte d’identité nationale, l’essentiel pour nous au Tocsin est que les Burkinabè de la diaspora aient leur droit de vote. Nous souhaitons que les autorités fassent le déploiement dans l’immédiat pour la prise en compte effective de la diaspora burkinabè et surtout à moindre coût. Surtout que la Commission électorale nationale indépendante nous a rassuré qu’avec le concours de l’Office nationale d’identification, ils pourront le faire en 7 mois. Nous avons rencontré le chef de l’Etat le 22 février 2016 et il nous avait promis le vote des Burkinabè de l’extérieur. C’est chose faite maintenant. Donc nous ne voulons pas de cette guéguerre.

Pensez-vous que la majeure partie des Burkinabè de la Côte d’Ivoire pourront effectivement voter puisque ce pays ne disposera que de quatre bureaux de vote ?

Nous aurions voulu qu’il y ait des bureaux de vote partout mais on ne peut que prendre acte parce que ce n’est qu’un début. Et puisqu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs, nous estimons que le processus sera amélioré avec le temps. Que ce soit en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Italie, etc., la diaspora burkinabè est bien représentée. Et puisque nous ne sommes pas des va-t-en-guerre au Tocsin, nous allons accompagner les autorités dans le sens d’améliorer le processus.

Le Tocsin prend à nouveau son bâton de pèlerin bientôt pour faire le tour de la Côte d’Ivoire. Quel sera votre message ?

C’est la première fois que les Burkinabè de l’extérieur voteront. Le Burkina se construira avec tous ses fils et filles. C’est donc un message de paix et de mobilisation que nous allons adresser à nos parents de la Côte d’Ivoire pour qu’ils votent massivement. Il faut qu’ils participent au choix du prochain président du Faso. 

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