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POLITIQUE

Le Burkina Faso a enregistré 16 cas de violence liés à l’extrémisme  en mars,   a indiqué jeudi Edem Blège représentant le  bureau des Nations-Unis pour l’Afrique de l’ouest selon l'Agence d'Information du Burkina.

 «Rien que pour  le mois de mars  2018, le Mali a enregistré 85 cas d’actes de violences liés à l’extrémisme, le Niger 21 et la Burkina Faso 16,  selon les chiffres des Nations-unies » a déclaré Edem Blège, dans un compte rendu publié vendredi par le quotidien public Sidwaya. Ces chiffres ont été donnés à l’occasion d’une rencontre des ministres  des Affaires religieuses du G5 Sahel, tenue jeudi et vendredi à Ouagadougou, afin de trouver les voies et moyen pour lutter efficacement contre le phénomène de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

«Nous devons arriver à la conclusion que les investissements à grande échelle dans le secteur de la défense et de la sécurité ne peuvent à eux seuls lutter contre le terrorisme » a indiqué M. Blège, représentant le   bureau des Nations-Unis pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel. Pour lui, il faut mettre l’accent sur des actions de prévention comme la sensibilisation, le dialogue inter-religieux et le développement économique offrant des opportunités d’emplois.

Le ministre malien des Cultes et des Affaires religieuses, Amadou Diallo a relevé  l’urgence  pour les pays membres du G5 de reconsidérer leur position dans cette lutte. D’après lui, il faut quitter la conception de la «laïcité béate» et s’impliquer davantage dans la question des religions «Cela va permettre à l’Etat d’investir le champ religieux parce que c’est au nom de cette laïcité négative que nous avons abandonné ce champ dans la main des incultes qui nous ont entrainé dans cette situation actuelle», a-t-il souligné. «Au Mali nous avons au moins 10 mille  mosquées construites par des individus et 10 mille imams et le tout sans aucun regard ni formation de la part du gouvernement», a-t-il ajouté.

Pour le ministre burkinabè en charge de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, bien que la Constitution  du Burkina reconnaisse la laïcité  de l’Etat, la réflexion doit être menée sur le concept occidental de la laïcité tel que importé dans les pays africains. Il a  également relevé  que cette réunion  donne l’occasion de revisiter la déclaration de mai 2015 de Niamey et d’évaluer  son opérationnalisation. «L’ensemble des travaux doit aboutir s’il y a  lieu à une nouvelle déclaration dite de Ouagadougou, visant à réduire considérablement les indicateurs communautaires de la radicalisation et de l’extrémisme violent», a-t-il conclu.

Agence d’information du Burkina

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