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POLITIQUE

13 minutes de « Silence Média », c’est à travers une telle démarche que le comité d’organisation du festival Ciné droit libre, en collaboration avec des organisations professionnelles de médias, a tenu à commémorer l’assassinat de Norbert Zongo, ce mardi 13 décembre 2016. Ce sit-in silencieux s’est tenu devant l’entrée principale du palais de justice de Ouagadougou.  Tout en protestant dans le silence absolu « contre la lenteur de la justice dans cette affaire », les manifestants ont remis au Procureur Faso un mémorandum.

 

« Nous refusons de cautionner cette forfaiture et restons déterminés à poursuivre le combat pour la justice dans ce dossier ». Voici d’emblée le message qu’a voulu transmettre d’une seule et même voix ces organisations de défense de la liberté de la presse, journalistes, défenseurs de la liberté d’expression et de la démocratie, organisations de la société civile défenseures du droit à la vie, dans le cadre de la commémoration du 18e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo.

Cette activité, s’inscrit également dans le cadre de la tenue de la 12e édition du festival Ciné droit libre, était marquée par un lourd silence. Les participants à ce sit-in avaient chacun sur la bouche une sorte de bâillon. A en croire Abdoulaye Diallo, coordonnateur du festival,  « c’est tout un symbole que nous avons voulu matérialiser. On a voulu exprimer ici un silence assourdissant. On a tellement parlé, jusqu’à ce qu’on ait eu un espoir avec la transition, et puis après, plus rien… Alors on décide donc d’exprimer une colère et surtout de l’étouffer. Le fait de bâillonner la bouche aujourd’hui, c’est juste pour dire qu’on la contient mais pas pour longtemps».

18 après l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons de route à quelques encablures de Sapouy, des questions sont toujours pendantes comme « pourquoi il n’y a toujours pas le moindre début de procès dans ce dossier ? », questionnent ses confrères. C’est donc indignés par cette lenteur, voire « léthargie », que les médias ont voulu, au cours de cette commémoration, faire comprendre aux autorités judiciaires et politiques que cette longue attente « nous fait honte ». C’est dans cette perspective, qu’un mémorandum a été remis au Procureur du Faso.

Maizan Sérémé, a pour sa part, à la réception dudit plaidoyer, fait savoir que l’appareil judiciaire « n’a ménagé aucun effort pour interpeller et déposer les présumés coupables de ce crime odieux ». A l’en croire, le dossier évolue positivement et cela est de très bonne augure dans la mesure où, elle prétend que les deux parties en présence ici partagent le même souci. Voilà une déclaration qui pourrait soulager l’ensemble de ces organisations, qui par la voix de M. Diallo n’ont qu’une seule et une requête : « s’il vous plait faites la justice pour Norbert Zongo ». 

Guy Serge Aka

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