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POLITIQUE

Le bureau national du Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (Samae) a convié la presse ce mercredi 28 février pour leur faire part de la situation qui prévaut actuellement au sein dudit ministère.

La scission du ministère, les violations des libertés syndicales et la non-application du protocole d’accord signé le 29 juin dernier entre le Samae et le gouvernement, sont les sujets abordés au cours de cette rencontre avec les hommes de média.

Lors du remaniement du 31 janvier dernier, le ministère a été scindé en deux, un en charge des affaires étrangères et l’autre en charge de l’intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur.  De cette scission, le Samae fait savoir qu’elle «est purement et simplement la conséquence d’un dysfonctionnement profond que connait le ministère depuis la nomination de Alpha Barry à la tête de ce département, auquel la scission ne saurait être un remède».

Pour le 1er vice-secrétaire général du Syndicat, Taba Doyé, depuis la prise de fonction du ministre Barry, «la démagogie, la ruse et les manipulations sont devenues monnaies courantes». Mais, ajoute-t-il, «tout ceci n’est rien face à la légèreté et à l’amateurisme dont il fait preuve en matière de management et de gestion des affaires publiques».

Le Samae réfute cette nouvelle configuration de leur ministère et s’interroge sur l’opérationnalisation des deux départements qui ont pour dénomination commun la mise en œuvre de la politique étrangère du Burkina Faso. Selon le Syndicat, cette scission est une expérience qui n’est pas nouvelle dans notre pays. «En 2001, il a existé un ministère chargé de l’intégration qui n’a duré que 14 mois» précise M. Doyé.

De l’avis des conférenciers, sans jamais rien assumer, leur ministre «rejette toujours les erreurs sur les techniciens qu’il méprise et ignore dans le fonctionnement global du ministère». Ils en veulent pour preuve le cas de l’ancien directeur des opérations spécifiques, le Dr Der Laurent Dabiré. 

«Le cas Laurent Dabiré concerne les longs intérims. En matière d’intérim, au-delà de trois mois, la règlementation exige que dans les normes d’intérimaires, soit on nomme quelqu’un d’autre à sa place soit on le confirme. Et aux termes des trois mois, il a demandé à l’administration de le rétablir dans son droit: soit l’enlever ou le confirmer. Son seul bémol a été de poser ce problème à l’administration, et à ce jour, Der Laurent Dabiré est à la maison et cela fait pratiquement deux ans» a expliqué M. Doyé

Il précise que «les longs intérims continuent» car selon lui, «jusqu’aujourd’hui, le ministère des Affaires étrangères n’a pas de secrétaire général depuis bientôt 6 mois». Le Samae dit avoir fini par se «convaincre que leur ministre Alpha Barry a décidé d’ériger son directeur de Cabinet en un super secrétaire général». 

Au vu de ce qui précède, le Samae attire l’attention des plus hautes autorités sur le fait que «la diplomatie burkinabè a tout simplement mal à Alpha Barry». «Le dysfonctionnement, cette confusion de rôle, les longs intérims, c’est au regard de tout cela que nous disons que la diplomatie burkinabè a mal à Alpha Barry. Et nous pensons qu’avec de tels dysfonctionnements le peuple burkinabè ne peut pas attendre grand-chose de sa diplomatie» martèle M. Doyé.

Par conséquent, le Samae exige le pourvoi sans délai aux postes faisant l’objet d’intérim aussi bien au niveau central qu’au niveau des ambassades; la mise en œuvre intégrale et immédiate du protocole d’accord signé le 29 juin 2017 et qui devrait être effective depuis le 30 septembre 2017; le respect sous toutes ses formes des libertés syndicales au ministère et le respect de l’orthodoxie administrative.

En cas de non-respect de ces exigences dans les meilleurs délais, prévient le Samae «l’administration sera tenue pour seul responsable de la dégradation éventuelle du climat social et des conséquences qui en découleraient».

 

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