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Burkina: 118 personnes tuées (de 2015 au 15 septembre 2018) au cours des attaques terroristes perpétrées sur le territoire
Burkina: l'armée pilonne des bases terroristes à Pama et à Gayeri (Etat-major)
Evènement: : les présidents Akufo Addo du Ghana et Issoufou du Niger attendus au Rebranding Africa Forum de Ouagadougou.   
Terrorisme:: 8 personnes tuées dans la nuit du 14 au 15 septembre 2018 dans une double attaque dans la Région de l'Est. 
France: Emmanuel Macron reconnaît le rôle de l'Etat dans la mort de Maurice Audin
Ghana: Kofi Annan repose désormais au cimetière militaire d’Accra
Karangasso-Vigué: trois morts et une dizaine de blessés après des affrontements entre Dozo et Koglweogo (RTB)

POLITIQUE

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 a débuté ce mardi 27 février 2018 au tribunal militaire de Ouagadougou dont la salle d’audience a été délocalisée pour la circonstance à la salle des banquets de Ouaga 2 000. Sitôt ouverte, l’audience du jour a été suspendue car les avocats de la défense qui ont contesté la légalité du tribunal ont quitté la salle pour protester contre la décision du président du tribunal, Seydou Ouédraogo de poursuivre l’audience.

Après les formalités terminées (lecture de l’ordonnance de délocalisation, vérification de la présence des accusés-84 dont 9 fugitifs-et des personnes constituées parties civiles-344-), le tribunal a décidé du tirage au sort des trois juges militaires devant siéger à coté des deux juges professionnels. Compte tenu du grade de Général de brigade de Gilbert Diendéré, deux des trois juges accesseurs doivent avoir un grade supérieur à celui de Gilbert Diendéré ou à défaut du même grade avoir une ancienneté supérieure. Faisant donc application de l’article 15 du code de justice militaire, il fallait choisir des généraux de division. Les généraux Brice Bayala, Ali Traoré et Ibrahim Traoré ont été récusés du fait d’incompatibilité car étant cités comme témoin par Gilbert Diendéré. 

Le général Kwamé Lougué a été lui aussi récusé à cause de suspicion. L’un des avocats de la défense estime que l’épouse de M. Lougué aurait porté plainte contre leur client pour sa blessure occasionnée dans les premiers jours suivant l’insurrection populaire d’octobre 2014. Seul le général de division, Tinga Robert Djigemdé a été retenu. La liste des généraux étant épuisée, après réquisition du procureur militaire, le président du tribunal a pris une ordonnance pour outrepasser la prescription du respect de la hiérarchie dans le choix des accesseurs.  

« Vous ne devriez pas être ici» 

Mais le juge Ouédraogo n’aura pas le temps de terminer le choix des accesseurs qui devaient être désignés maintenant au niveau du grade de colonel-major. Les avocats de la défense ont estimé que l’audience ne pouvait continuer car le décret nommant le président du tribunal Seydou Ouédraogo n’est pas encore entré vigueur car n’ayant pas respecté le délai de 8 jours franc après sa publication au journal officiel. Ledit décret nommant le président du tribunal a été publié le 22 février 2018 donc par conséquent, l’audience de ce jour ne saurait être tenue ce 27 février 2018 selon Me Mamadou Savadogo, l’un des avocats de la défense. Il demande au tribunal de prendre acte de cette conséquence.

Le président du tribunal a estimé qu’il n’est pas habilité pour le moment à se prononcer sur la régularité du tribunal tant qu’il n’est pas complet avec l’intégration des trois accesseurs. Il demande donc aux conseils de la défense d’attendre la fin de la composition intégrale du tribunal avant de soulever cette question. 

« La question n’a pas encore été abordée. Une fois, cette constitution du tribunal faite, nous pourrons statuer sur la régularité du procès » a fait savoir le président du tribunal Seydou Ouédraogo. Même son de cloche pour les avocats de la partie civile et le procureur militaire. Ces derniers estiment qu’il faut laisser terminer la procédure avant de soulever ces aspects.

Demande rejetée par les avocats de la défense : « Vous ne devriez même pas être ici, estime Me Savadogo pour qui ce procès est un moment historique pour notre pays. Il doit se tenir de façon exemplaire. (…) On peut discuter de tout mais il y a des questions fondamentales sur lesquelles on ne peut pas discuter (…) Si nous participons à un procès qui se fait sans respecter le droit, nous manquerions à notre devoir » a estimé Me Mamadou Savadogo, avocat de la défense et par ailleurs Bâtonnier de l’ordre des avocats du Burkina Faso.

Le président du tribunal a botté en touche et a décidé de continuer la désignation des deux autres accesseurs restants. Pour protester contre la poursuite de la procédure, les avocats de la défense d’un commun accord se sont retirés de la salle d’audience. Etant dans un procès criminel, il est impossible de continuer sans leur présence. En conséquence, le président du tribunal a décidé de suspendre l’audience sans pour autant donné une date de reprise.  

Les avocats de la partie civile dans l’expectative…

Satisfecit pour les avocats de la défense à l’image Me Michel Traoré : « la suite à donner revient à la juridiction qui a siégé. Nous on s’est retiré et on attend tout simplement qu’elle régularise ses positions au regard de ce que nous avons demandé et si effectivement elle respecte la légalité, nous allons plaider ce dossier devant vous et vous n’allez pas vous ennuyer ».

Pour les avocats de la partie civile, peu importe le report, les personnes poursuivies rendront compte un jour au peuple burkinabè. « Nous sommes dans l’expectative d’autant plus que le président du tribunal a suspendu l’audience sans donner de nouvelles dates (…) J’avoue que ce n’est pas la déception parce que cela était prévisible. Tous cela confirme que ceux qui crient à la détention arbitraire ne veulent pas être jugés ni répondre sur les cas des Burkinabè qui sont morts et blessés» a laissé entendre Me Guy Hervé Kam, avocat de la partie civile.

Au total, 84 personnes, dont 66 militaires et 18 civils, devraient comparaitre ce mardi pour s’expliquer. Parmi les 84 accusés, il y a les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé, cerveaux présumés du coup de force manqué de septembre 2015.

Plusieurs témoins cités par le parquet et certains accusés avaient fait le déplacement. Il y avait entre autres, Mgr Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo Dioulasso, le Colonel Tuandaba Coulibaly, ancien patron de la gendarmerie nationale, l’ancien président Jean Baptiste Ouédraogo et l’ancien chef d’Etat major général des armées, le général Pingrenoma Zagré.

 

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