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POLITIQUE

Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille a décidé de supprimer la parade des femmes et groupements féminins entrant dans le cadre des festivités marquant la journée internationale de la femme. En lieu et place, les femmes du Burkina Faso auront droit à un échange direct avec le président du Faso afin de lui exposer leurs préoccupations. C’est ce qu’a annoncé ce lundi 26 février 2018, Helene Marie Laurence Ilboudo/Marchal, ministre en charge de la promotion de la femme. 

Le Burkina Faso, à l’instar de certains pays, va célébrer le 8 mars 2018 la 161e  journée internationale de la femme. Au niveau local, le thème retenu est « la participation de la femme à la gouvernance : état des lieux, défis et perspectives ».  Cette année, la célébration va se faire conjointement avec la tenue du 5e forum national des femmes. Au titre des activités, la parade qui avait lieu le jour de la commémoration a été supprimée et remplacée par un dialogue direct avec le président du Faso.

«  La parade a longtemps été décriée par tous et par moi-même. Elle coute de l’argent et le montant pour l’organiser était de 20 à 30 millions de F CFA. En la supprimant, nous pouvons consacrer cette somme à autre chose. C’est pourquoi, nous avons décidé de supprimer la parade qui n’avait aucune valeur ajoutée pour la journée du 8-mars » a expliqué la ministre en charge de la Femme. Quant à la fusion avec le forum, l’objectif poursuivi selon Laurence Ilboudo/Marchal était d’optimiser le cadre de réflexion sur les conditions de la femme surtout que les deux journées étaient complémentaires.

Les autres réformes introduites par la ministre sont, entre autres, l’organisation d’une nuit des pionnières en politique et en entrepreneuriat féminin le 5 mars, l’organisation d’un panel le 7 mars avec les organisations de femmes sur le thème, l’organisation du dialogue directe avec le président du Faso le 8 mars au cours du quel chaque région exposera ses trois priorités et l’identification d’un parrain par région qui aura pour mission d’accompagner les femmes pour la réalisation des actions prioritaires.

Pour la ministre, l’ensemble de ces activités, en plus des activités ordinaires ont pour objectifs de faire l’état des lieux de la participation des femmes à la gouvernance politique, administrative et économique, d’identifier les préoccupations majeures des femmes et formuler des recommandations pour une meilleure représentation des femmes dans la gouvernance et sensibiliser les communautés sur l’importance de la prise en compte des femmes dans les différents domaines de la gouvernance.

Et en matière de gouvernance, les femmes sont sous représentées selon les chiffres fournis par le département en charge de la promotion de la femme. A titre d’exemple, l’Assemblée nationale compte actuellement 14 députés femmes sur 127 soit 11,02%. Le nouveau gouvernement compte 6 ministres femmes sur 33 soit un taux de 18,18%. Dans les fonctions administratives, on dénombre 4 femmes gouverneurs sur 13, 16 femmes Haut-commissaire sur 45 et 41 femmes préfets sur 350. Au niveau local, les chiffres font état de 9 femmes maires sur les 370 communes et arrondissements soit 2,43%.

« Cette sous-représentation des femmes limite leur influence sur l’élaboration des lois et des politiques à tous les niveaux. Plusieurs raisons ou facteurs expliquent la sous-représentation des femmes dans la gouvernance, au nombre desquels on peut retenir : la persistance des préjugés socioculturels et des stéréotypes sexistes, le faible niveau d’éducation et d’instruction de la femme, le statut de perpétuelle étrangère dans la famille de son époux ou dans la famille d’origine et le mauvais positionnement des femmes sur les listes électorales » a fait savoir la ministre.

Pour rectifier le tir, elle a indiqué que le Pndes met un accent important sur la participation des femmes dans le processus de développement. Et pour ce faire, elle a laissé entendre que cet engagement gouvernemental ne peut se tenir que si les acteurs en particulier les femmes réfléchissent sur leurs situations, priorisent leurs préoccupations et les soumettent au gouvernement afin qu’il trouve des solutions adéquates et efficientes.

Quant à la « guéguerre » sur les pagnes de la célébration, Laurence Ilboudo/Marchal a indiqué qu’elle va mettre en place d’ici là un cadre de discussion tripartite entre l’Etat, les associations de tisseuses et les sociétés de pagnes imprimés. Cependant, elle a précisé que la tenue officielle du 8-mars demeure le pagne tissé traditionnel.

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