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POLITIQUE

Dans le cadre de la commémoration de ses 20 ans d’existence, le Tocsin a voulu lever un coin de voile sur le sujet du vote des burkinabè de l’extérieur. C’est à juste titre que ladite association a organisé une conférence publique le jeudi 22 février 2018, en vue de s’imprégner au même titre que les populations sur l’état des lieux de cet aspect. « Vote des burkinabè de l’étranger : état d’avancement des préparatifs ». C’est sous ce thème que  Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a échangé avec l’assistance.

Selon Arouna Savadogo, président du Tocsin, le sujet du vote des burkinabè de la diaspora interpelle plus d’un et se présente comme quelque chose de cruciale. A cet effet, sachant que la loi relative à cette disposition a été votée depuis 2009, il paraissait judicieux pour les uns et les autres d’en savoir davantage sur cette question.

Selon Newton Ahmed Barry, conférencier du jour, « en 2020, le vote des Burkinabè de l’extérieur sera effectif ». Et pour parvenir à la réalisation d’un tel souhait, il fait savoir que l’institution qu’il dirige est à pied d’œuvre. En effet, depuis de nombreux mois, la Ceni procède à des propositions et suggestions pour l’opérationnalisation du vote des burkinabè de la diaspora.

Au cours de son intervention, sous forme d’exposé, le président de la Ceni a laissé entendre que les choses ne s’avèrent pas aussi faciles que certains pouvaient l’imaginer. D’entrée, il a fait ressortir le caractère « polémiste » de ce sujet. Cependant, cela se présente comme un défi majeur qu’il entend relever. C’est la raison pour laquelle il suscite l’espoir qu’il ne s’agira pas d’un « faux-départ ».        

C’est également le souhait manifesté par Arouna Savadogo et les siens au sein du Tocsin. «Nous au Tocsin, nous disons qu’en 2020, nos compatriotes doivent voter. Et nous nous en tenons à cela », fait remarquer le président de l’association initiatrice de ce cadre d’échange. M. Savadogo justifie la position de son association par le fait qu’ « il n’y a pas deux types de burkinabè. Que vous soyez à l’extérieur ou à l’intérieur, ce sont les mêmes Burkinabè. Nous avons les mêmes droits, les mêmes devoirs ».

La présidentielle de 2020 sera l’élection à la quelle pourront prendre part les Burkinabè résidant à l’extérieur. Et étant donné que la Ceni entend faire de ce scrutin une réalité pour cette partie de « nos compatriotes », un chronogramme a été établi. Celui-ci devrait prendre effet à partir de mars 2018, jusqu’au dernier trimestre de 2020. Il comprend entre autres « la révision du code électoral, la sortie d’explication dans les ambassades et consulats, la constitution du premier fichier électoral des Burkinabè de l’extérieur, la révision du fichier électoral général. Et enfin le vote des burkinabè de l’étranger », a expliqué Newton Ahmed Barry.

A la suite de l’exposé du président de la Ceni, Arouna Savadogo s’est dit convaincu. « Avec l’exposé, on a vu qu’au lieu de 52 milliards qu’on devait mettre sur la table pour rendre effectif le vote des Burkinabè de la diaspora, c’est revenu à 20 milliards ». Pour ce dernier, il s’agit là d’un effort considérable à saluer.

Selon les chiffres, il y aurait 2.566.500 Burkinabè de l'extérieur qui pourront voter en 2020. Il ressort de cette estimation que plus de 1.740.000 vivent en Côte d'Ivoire. Cependant, il a été dénombré entre 7.300.000 et 7.500.000 Burkinabè installés à l'extérieur. 

Se référant à ces énumérations, Newton Ahmed Barry confie que « 985.000 d'entre eux possèdent des cartes consulaires et 1.100.000 sont immatriculés (…) La moitié de la diaspora burkinabè vit en Côte d'Ivoire. Et s'en tenant à leur nombre, il reviendra à créer un bureau de vote dans presque chaque village de la Côte d'Ivoire. Soit en tout 3.500 bureaux de vote dans ce seul pays ».

 

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