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Burkina: l’arrimage du fichier électoral à la base de données de l’Oni inquiète toujours l’opposition politique

POLITIQUE

Dans cette déclaration de la Nouvelle Alliance du Faso (Nafa) parvenue à Fasozine, le parti politique d’opposition s’insurge contre les propos tenus ce jeudi 8 février 2018 par Simon Compaoré, président par intérim du MPP, sur l’affaire de la détention de Djibril Bassolé.

« Au cours de la conférence de presse du parti au pouvoir MPP du jeudi 8 février 2018, son Président par intérim, monsieur Simon COMPAORE, ministre d’État auprès de la Présidence du Faso, s’est prononcé au sujet de la mise en liberté provisoire du Général BASSOLE décidée le 10 octobre 2017 par la Chambre de contrôle de l’instruction du tribunal militaire de Ouagadougou. Il a déclaré ce qui suit : « Personne n'aurait compris le motif. On nous avait dit que c'est pour cause de maladie. Pourtant depuis qu'il est en résidence surveillée il reçoit des gens et jamais on n’a appris qu'il était couché. Ce qui veut dire qu'on avait raison. S'il était parti de l'autre côté ce n'est pas sûr qu'il reviendrait devant le juge. Le risque était grand. Il y a des informations qui nous parvenaient et il y avait un gros risque ».

Cette déclaration officielle ahurissante et incongrue, illustre s’il en était encore besoin, la mainmise totale du régime en place au Burkina Faso sur la procédure dite du putsch manqué en cours devant la justice militaire. La NAFA a depuis le début de cette procédure dénoncé l’ingérence flagrante du pouvoir MPP, les nombreuses violations des droits humains et la détention arbitraire.

À l’instar de la déclaration du MPP du 12 Octobre 2017 s’opposant de manière incivique à une décision de justice, le Président du parti va plus loin et revendique même la paternité des mesures de privation de liberté, et justifie l’arrêté n° 2017/297/MDNAC/CAB du 13 octobre 2017 du ministre Jean Claude BOUDA, membre du Bureau Exécutif du parti.

Il justifie l’assignation à résidence surveillée prise par le Gouvernement pour empêcher le Général d’accéder à ses soins de santé unanimement prescrits par les médecins traitant et accepté par la Chambre de contrôle.

Le premier responsable MPP ne se gêne pas pour clamer haut et fort que leur régime a imposé sa volonté à la justice. Ce faisant, il ridiculise au passage notre système judiciaire et démontre de manière outrageuse son instrumentalisation.

De ce qui précède, la NAFA a de sérieuses raisons de douter que la justice militaire puisse garantir un procès équitable le 27 février 2018 fondé sur le droit et débarrassé de toute forme de manipulations et d’agendas politiques inavouables du pouvoir MPP. 

La déclaration du premier responsable du MPP au sujet des dossiers judiciaires malheureusement clarifie et de confirme l’ingérence flagrante du pouvoir MPP qui veut imposer sa volonté aux juges. 

Notre justice doit impérativement affirmer son indépendance, mettre fin à la manipulation ouverte orchestrée par le régime en place et faire ainsi de la primauté du droit une réalité au Burkina Faso.

 

La cohésion nationale et la paix sociale ont besoin d’une justice qui se place au-dessus de tout soupçon de manipulations. C’est l’occasion ici de rappeler Mr Rock Marck Christian quelques éléments de ses prérogatives constitutionnelles, notamment en son article 36 : « Il veille au respect de la Constitution. Il incarne et assure l’unité nationale. Il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat, du respect des accords et des traités ».

C’est pourquoi la NAFA formule le vœu que les magistrats qui forment les différentes juridictions imposent leur indépendance, leur professionnalisme et leur autorité afin que le système judiciaire du Burkina Faso soit crédible et digne de confiance.

La NAFA souhaite également que la Communauté internationale et en particulier le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire qui s’est déjà prononcé sur le cas de monsieur BASSOLE, considère la prise de position du parti au pouvoir et du Gouvernement burkinabè comme une violation des articles 10 et 11 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et aux articles 9 et 14 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques »..

Enfin, la NAFA fidèle à ses principes :

condamne à nouveau avec la dernière énergie, les manœuvres et les immixtions politiciennes injustifiées de l’exécutif à tous les niveaux de la procédure judiciaire du putsch manqué ;

appelle les magistrats et tous les acteurs de la justice burkinabè à consolider l’indépendance de la justice. Il en va de la crédibilité de l’institution et du renforcement de l’État de droit ;

nvite l’opinion nationale et internationale à la vigilance républicaine lors du procès afin d’éviter toute imposture de sorte à ce que le procès du putsch manqué ne soit pas celui du MPP contre ces adversaires politiques.

 

Pr Mamoudou H. DICKO

Secrétaire Exécutif, Président du Bureau Politique National de la NAFA »

 

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