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Burkina: plus de 315 000 candidats ont débuté ce lundi 18 juin les épreuves écrites du 1er tour du  BEPC

POLITIQUE

L’Unité d’action syndicale (UAS) a commémoré ce mercredi 3 janvier 2018, le 52e anniversaire du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a conduit au départ du pouvoir du président Maurice Yaméogo, premier président de la Haute Volta. Au titre des activités, l’UAS a tenu un panel dans la matinée à la Bourse du travail de Ouagadougou.

Les trois panélistes (Blaise Augustin Hien de la CNTB ; Olivier Guy Ouédraogo de la CSB ; Bassolma Bazié de la CGT-B) ont échangé sur l’historique du 3 janvier et les atteintes à la liberté syndicale. Ce dernier point a été disséqué en deux sous points à savoir les licenciements abusifs des délégués syndicaux et délégués du personnel et la non application des décisions de justice et la proposition de loi relative à l’exercice du droit de grève dans les services publics. Les discussions ont été modérées par Juste Koumara Logobana du Syntas.

Selon le président du mois des centrales syndicales, la commémoration du 3 janvier 1966 permet de mettre à l’ordre du jour le rôle des syndicats dans la marche de la nation et de maintenir la pression sur les autorités qui tentent de poser les mêmes actions que celles de l’époque. Pour lui, les similitudes existent donc il est important de garder le cap.

« La première leçon à retenir est l’éveil des consciences. Ce qui a montré à cette époque que les organisations syndicales sont préoccupées également par la gestion des biens de l‘Etat. Elles sont très sensibles à la gabegie. La deuxième leçon est l’implication du mouvement syndical par rapport aux questions politiques, la détermination et l’engagement qui a montré que seule la lutte payait. La troisième leçon que l’on tire est que seule l’unité d’action  paye. A son temps, ce sont les organisations syndicales qui se sont unies avec certainement quelques partis politiques qui ont permis de conduire le président Maurice Yaméogo à la démission » a fait savoir Blaise Augustin Hien.

A l’en croire, c’est l’absence d’écoute des préoccupations véritables des populations et  l’atteinte aux libertés syndicales qui ont conduit à la chute du premier président. Et il regrette que nos autorités actuelles n’aient pas compris la leçon : « on reste toujours dans le dilatoire pour dire que les organisations syndicales sont des subversives et affiliées à des partis politiques au lieu d’écouter ou de créer de véritables cadres de dialogue social pour qu’on échange. Nous sommes aussi les fils du pays et notre objectif est de développer le pays  et permettre l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles ». 

Et comme perspectives de cette commémoration, l’UAS a invité les travailleurs à se tenir prêt pour défendre leurs intérêts. 

Par ailleurs, Bassolma Bazié l’un des panélistes a réagi aux messages du nouvel an du président du Faso. Dit message dans le quel le chef de l’Etat a annoncé la mise en place prochaine du Haut conseil pour le dialogue social et la refonte du  système de rémunération des agents de la Fonction publique.

« Si le président du Faso estime qu’il faut remettre à plat les préoccupations des travailleurs, cela doit commencer par la présidence. Comme nous l’avons dit, le Burkina ne manque pas de ressources mais de gouvernance vertueuse. La présidence du Faso a été épinglée par l’Autorité supérieur du contrôle d’Etat dans la malversation du carburant (…) Le préambule de la Constitution du 2 juin 1991 a clairement dit que tous les Burkinabè naissent égaux en devoir et en droit. Il n’y a pas de super Burkinabè. Donc si la Constitution permet en son article 14 de dire que les ressources nationales appartiennent au pays et qu’elles sont utilisées pour l’amélioration des conditions de vie des Burkinabè. L’article 20 dit que le président du Faso doit s’atteler à faire en sorte à ce qu’il y ait une amélioration continue des conditions de vie des travailleurs. Donc, ils ne revendiquent pas pour revendiquer » a expliqué M. Bazié.

En rappel, le 3 janvier 1966, suite à l’appel de l’intersyndical de l’époque, les travailleurs et l’ensemble des couches populaires ont manifesté leur mécontentement contre les mesures d’austérité décidées par le président Maurice Yaméogo et sa mauvaise gestion du pays. Ladite manifestation avait contraint le président Yaméogo à la démission.

 

 

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