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POLITIQUE

Le Chef de file de l’opposition politique du Burkina, Zéphirin Diabré a été entendu par la gendarmerie nationale ce mardi 2 janvier 2018. Zéphirin Diabré a été entendu suite à la plainte qu’il a déposé en son nom et au nom de l’opposition politique, à la suite de l’épisode «Tranquilos».

Depuis le 4 décembre dernier, le CFOP a déposé une plainte contre le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon Compaoré. Cette plainte fait suite à la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans ladite vidéo, on voit le ministre de la Sécurité vêtu d'un gilet pare-balles blanc et tenant un fusil qui avait toutes les apparences d'une kalachnikov.

Dans la même vidéo, l'actuel ministre de la Sécurité insinuait l'implication de Zéphirin Diabré dans une supposée agression planifiée contre la famille du député Ladji Coulibaly (démissionnaire du parti l’Union pour le Progrès et changement).

Au moment des faits, l'opposition avait exigé la démission pure et simple du ministre. Pour les opposants, les agissements du ministre sont contraires aux lois et règlements en vigueur au Burkina Faso, car il détenait une arme à feu dont «il ne pourrait en aucune circonstance disposer d'une autorisation légale de port».

Il s’est agi donc pour la gendarmerie, de faire revenir M. Diabré sur les circonstances qui l’on amené à déposer cette plainte et de savoir si elle était maintenue. «J’ai expliqué les conditions dans lesquelles l’ensemble des Burkinabè et moi, avions pris connaissance de cette vidéo dans laquelle on voit distinctement le ministre Simon Compaoré au domicile d’un député traitre de l’UPC. Dans cette vidéo dont l’authenticité n’est plus à démontrer, M. Compaoré tient une arme de guerre entre ses mains. Ce qui est une infraction à la loi. Le deuxième motif tient au fait que dans les propos qu’il tient ce jour-là, Simon Compaoré fait clairement état de menace à mon endroit en citant nommément mon nom. Etant entendu qu’il y est allé pour soit disant protégé le député traitre contre des soit disant menaces des militants qui seraient de l’opposition, l’affaire dépasse donc ma simple personne et englobe l’ensemble de l’opposition», a expliqué M. Diabré.

Sur l’authenticité de ladite vidéo, le chef de file de l’opposition dit avoir signifié à la gendarmerie que la vidéo est authentique parce qu’on voit bien que les personnes qui étaient filmées savaient bien qu’ils l’étaient. «Mais surtout que quand M. Coulibaly était dans la Comoé pour ses meetings, il avait affirmé que c’est son propre fils qui a filmé et publié sur les réseaux sociaux», affirme M. Diabré.

Mais Zéphirin Diabré va plus loin en indiquant qu’au-delà de l’aspect juridique, il est important que l’aspect politique soit évoqué.

«Simon Compaoré ne fait pas cela en tant qu’individu mais en tant que ministre. Et c’est le président Roch Kaboré qui lui a confié ce ministère. Donc il est responsable quelque part des agissements de son ministre. Quand on confie ces fonctions à des personnes qui sont d’une grande légèreté et d’une grande incompétence comme Simon Compaoré, on doit être capable d’en tirer toutes les conséquences. Nous demandons donc que ce monsieur soit déchargé de ses fonctions à la tête de ce ministère parce qu’il n’a ni les compétences, ni la stature, ni ce qu’il faut pour conduire ce ministère dans cette phase délicate de notre pays où nous sommes en combat contre le terrorisme», martèle Zéphirin Diabré.

La plainte est donc maintenue et le CFOP dit attendre la suite parce que selon Zéphirin Diabré, nul n’est au-dessus de la loi et M. Compaoré ne saurait faire l’exception. 


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