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POLITIQUE

Ce mercredi 25 octobre 2017 a débuté l’audience de confirmation des charges dans le dossier du putsch de septembre 2015 contre les autorités de la transition. Dès le premier jour, la défense relève des insuffisances, notamment en ce qui concerne l’organisation du passage des inculpés. Pendant que les débats se déroulaient à huis-clos, le collectif des parents des victimes, eux, manifestait devant la justice militaire pour que justice soit rendue aux martyrs.

Pour ce premier jour de l’audience de confirmation des charges ou encore l’audience de mise en accusation, les avocats de la défense ont demandé à ce que tous les inculpés soient présents dans la salle, puisqu’il s’agit ici, explique Me Ollo Larousse Hien, du même dossier, à savoir  le dossier «commissaire du gouvernement contre Gilbert Diendéré et 106 autres».

Selon l’avocat, la chambre de contrôle, a estimé «que comme nous sommes en chambre de conseil, et que chaque inculpé doit passer avec son conseil. C’est-à-dire chaque inculpé passe un à un». Ce qui indigne la défense qui soutient que cette façon de procéder «viole les droits de la défense, du moment où nous sommes en présence du même dossier».

«Il est vrai que nous sommes en chambre de conseil, réplique Me Hien. Mais quand nous y sommes, ça signifie que lorsque le dossier est appelé, vous qui n’êtes pas partie, vous ne pouvez pas avoir accès à la salle. Mais, cela suppose qu’il y ait plusieurs dossiers. Mais le dossier du putsch, c’est un seul dossier qui concerne 107 personnes». Il ajoute : «étant entendu que c’est le même dossier, il n’y a pas de raison qu’on dise que les 107 personnes ne peuvent pas avoir accès à la salle, et que chacun doit passer un à un devant la chambre de contrôle».

L’avocat a également évoqué le cas des inculpés ayant bénéficié d’un non-lieu. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer la présence à cette audience d’un inculpé bénéficiaire d’un non-lieu. «Parce que ceux qui se présentent à cette audience, c’est ceux-là qui ont bénéficié d’un non-lieu partiel, ceux qui ont vu leurs infractions requalifiées et ceux qui ont vu toutes les charges maintenues», a-t-il expliqué.

Pressions
Pendant ce temps, les parents des victimes faisaient entendre leur voix devant les locaux de la justice militaire. Arborant des banderoles, ils ont confié que leur présence en ces lieux est un moyen de veille afin que le sacrifice des hommes et femmes tués lors de l’insurrection populaire de 2014 et du putsch de 2015 ne soit pas vains. C’est ce qui ressort des propos tenus par P. K. Victor Pouahoulabou, l’un porte-parole des parents des victimes, qui justifie leur présence comme un moyen de suivre le déroulement de cette affaire.

«Le peuple est attentif. Si la justice bouge une seconde, le peuple bougera deux secondes pour un suivi conséquent», a-t-il martelé. M. Pouahoulabou affirme aussi que leur présence devant le tribunal militaire, ne devrait pas être perçue comme un moyen de pression à l’endroit du juge militaire. Mais plutôt  parce qu’il s’agit «d’une question de défense». 

Ces parents des victimes, par la voix de Victor Pouahoulabou, entendent battre le pavé pour que justice soit rendue. «Nous allons bouger à tout moment pour suivre l’évolution de la justice. L’ensemble du peuple burkinabè est inquiet, voilà pourquoi on est là. On ne doit plus libérer, on doit juger et condamner ceux qui ont commis des actes condamnables. Nous ne voulons plus de non-lieu».

Pour rappel, l'audience de confirmation de charges doit permettre de confirmer ou infirmer les charges retenues contre les 107 personnes poursuivies par la justice militaire burkinabè pour leur implication présumée dans le coup d’État manqué de septembre 2015, mené par le Régiment de sécurité présidentielle contre les autorités de la Transition.

Poursuivi notamment pour «atteinte à la sûreté de l’État», «crime contre l’humanité», le général Diendéré, principal accusé dans ce dossier, devrait se faire notifier ce jeudi 26 octobre les charges qui pèsent contre lui. L'audience va durer plusieurs jours avant la tenue d’un procès qui devrait intervenir  trois mois après la décision de la chambre.

Il y a en tout 107 mis en cause, dont 61 en liberté provisoire, 21 en détention. 

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