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POLITIQUE

Des militants de base de l’Union pour le progrès et le changement (UPC, opposition) répondent, dans la déclaration qui suit, aux députés de la majorité qui avaient publié une déclaration appelant à éviter toute violence contre les députés frondeurs du parti du chef de file de l’opposition.

«Messieurs les présidents par intérim des Groupes parlementaires MPP et Burkindlim,

C’est dans la colère que nous, militants de base de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), avons pris connaissance de votre déclaration du 16 octobre 2017. Dans ladite déclaration, vous avez pris clairement position pour ces députés en déphasage avec leurs bases et avec le parti, avant d’appeler « le gouvernement à prendre toutes les dispositions pour préserver l’intégrité physique desdits députés, assurer leur libre circulation sur le territoire national et sécuriser leurs biens conformément à la loi».

De prime abord, nous vous signalons que ces députés ne sont pas en danger, à tel point qu’il faille mobiliser des centaines de policiers pour assurer leur sécurité. Ce sont nous, les militants, qui avons saigné nuit et jour, dépensé, parcouru les moindres ruelles, risqué nos emplois, endommagé notre santé, pour permettre à ces treize députés de se la couler douce à l’hémicycle. Ce que nous ne tolérons jamais, c’est que ces mêmes députés vendent nos voix et se détournent de la mission que le peuple électeur leur a confiée.

Aucune des instances du parti n’a autorisé la création de ce nouveau groupe. Cette question n’a même pas été posée et débattue. La bande des treize a simplement estimé qu’elle peut quitter tout en restant, juste pour continuer à jouir des avantages de leurs postes. Après tout, espéraient-ils, l’UPC est un parti tellement pacifique, qu’il laissera faire.

Nous imaginons que si certains de vos députés créaient un groupe MPP/RD sans avoir consulté les instances et les bases, le Burkina Faso leur serait étroit. Ce que vos militants n’accepteront jamais, ne forcez pas les militants des autres partis à l’accepter.

Mesdames et Messieurs les députés de la Majorité,
Dans votre déclaration, vous-vous insurgez « contre les pratiques rétrogrades d’intimidation, de menaces, de violences verbales et physiques qui n’honorent ni leurs auteurs ni la classe politique dans son ensemble.»

Cette leçon de morale, c’est d’abord au Président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, qui doit l’assimiler.  Puisque c’est lui qui, le 22 septembre 2016 dans la Sissili, en sa qualité de Président du Groupe parlementaire MPP, déclarait ceci : « ’insurrection des 30 et 31 a été pensée et conduite par les forces politiques et patriotiques du Burkina Faso dont le MPP a été le moteur. La décision de lancer l’insurrection a été prise à notre Bureau politique national du 25 octobre 2014 au CENASA.»

A Maître Bénéwendé Sankara, nous disons que l’UPC n’a pas de leçons à recevoir d’un parti qui, en vingt années de législature, n’a ni dépassé le seuil de cinq députés, ni été capable de former à lui seul un groupe parlementaire.

Disons-le, les députés qui se vendent comme des poulets ont leur place à la basse-cour, pas à l’hémicycle. Les 300 millions de francs que la création et le fonctionnement de ce nouveau groupe parlementaire couteront, ne pourraient-ils pas contribuer à soulager les braves populations ? Combien de forages, d’hôpitaux, d’écoles, d’emplois des jeunes, ect., ces 300 millions auraient-ils pu réaliser ? En quoi ce groupe parlementaire sans queue ni tête va-t-il contribuer à la démocratie, au bien-être des Burkinabè?

Les forces de police mobilisées et les dizaines de millions de francs  injectés dans la sécurisation de ces députés traîtres ne pourraient-ils pas contribuer à protéger les vaillants habitants du Nord et du Burkina Faso en général? La vie et la sécurité de ces treize députés vendus valent-elles mieux que celles des dignes populations du Sahel laissées à elles-mêmes ?

Chers députés de la Majorité,
Chaque jour, des Burkinabè sont agressés  et tués par « des personnes armées non identifiées », du fait de l’incompétence de votre régime à diriger ce pays. Là n’est pas votre préoccupation. Votre problème majeur, c’est la sécurité de traitres acquis à votre cause.

Enfin, retenez que la lutte ne fait que commencer. Qu’elle soit de courte ou de longue haleine, nous sommes prêts. Vous avez l’appareil d’Etat pour nous persécuter et nous écraser. Et nous, nous avons le peuple pour vous tracer une ligne rouge à ne pas dépasser.»

Ouagadougou, le 18 octobre 2017
Pour les militants de base de l’UPC
Jean-Léonard BOUDA   

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