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Burkina: une vingtaine de terroristes abattus  à Toéni (Boucle du Mouhoun) et Bahn (Nord)
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Burkina: «75 % des sources d’infections du VIH chez les couples, viennent des prostitués» (Etude)
Football: l'Argentin Lionel Messi remporte son 6e ballon d'or, un record

POLITIQUE

Ceci est une déclaration du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuple au sujet de la mise en résidence surveillée de l’ancien ministre des affaires étrangères Djibril Bassolé, soupçonné d’avoir participé au coup d’Etat contre les autorités de la Transition en septembre 2015.

«Dans la nuit du 10 au 11 octobre 2017, le MBDHP a appris par voie de presse la libération provisoire du Général Djibril BASSOLET, précédemment détenu à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) suite au putsch avorté de septembre 2015.

Cette mesure judiciaire, modifiée par la suite en résidence surveillée, intervient dans un contexte national marqué par des appels de plus en plus pressants au retour de Blaise COMPAORE au Burkina ; appels qui, au fond, visent à garantir, à lui et ses proches, l’impunité pour tous les crimes dont ils sont suspectés.
Dans le même temps, nous assistons à des sorties médiatiques de personnes poursuivies (Gilbert DIENDERE)  ou suspectées de crimes (François COMPAORE) visant pour l’essentiel à se disculper et à s’absoudre des faits qui leur sont reprochés.

La mise en résidence surveillée du Général BASSOLET intervient également un peu plus de deux (02) ans après le coup d’Etat manqué de septembre 2015. Dans sa déclaration commémorative du 2ème anniversaire de la résistance victorieuse au putsch, le MBDHP notait avec regret que «notre système judiciaire reste toujours incapable de juger dans des délais raisonnables les crimes abominables commis contre le peuple».

Au-delà donc de la libération de Djibril BASSOLET, le MBDHP condamne l’impunité accordée jusqu’ici aux auteurs des crimes commis le 16 septembre 2015 et jours suivants au mépris des sacrifices consentis par les résistants au putsch et des douleurs et souffrances subies par leurs familles et proches.

De façon plus générale, les crimes politiques commis depuis l’insurrection populaire et même bien avant n’ont jusqu’ici fait l’objet d’aucun jugement malgré l’existence d’indices sérieux et crédibles contre certaines personnes.

Ainsi à titre d’exemple, le rapport de la commission d’enquête sur l’insurrection populaire a clairement identifié des suspects sérieux dans les crimes commis les 30, 31 octobre et 2 novembre 2014. Malgré ce rapport, des présumés organisateurs de ces massacres, comme l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac ZIDA, ne sont pas inquiétés et continuent à vivre paisiblement un exil doré ; aucun mandat d’arrêt n’ayant été lancé contre eux.

En outre, le MBDHP  a initié trois (3) procédures judiciaires depuis le 30 mars 2015 dans le cadre des crimes commis pendant l’insurrection populaire. Plus de deux (2) ans après, ces procédures restent en souffrance. Dans ces conditions, comment peut-on parler de volonté réelle de rendre justice à nos martyrs et leurs ayant-droits ?

Les faits indiquent clairement que, malgré leurs discours de convenance, les autorités politiques et judiciaires de notre pays sont réticentes à la manifestation de la vérité et de la justice pour les crimes commis pendant l’insurrection et la résistance populaires anti-putsch. C’est ce qui explique la longueur des procédures au-delà de délais raisonnables, l’inaction de la justice vis-à-vis de présumés responsables de crimes ainsi que le rangement au fond des tiroirs des procédures engagées par le MBDHP.

C’est également ce qui pourrait expliquer les mises en liberté provisoire sans aucune forme d’explication. Bien que consacrée comme un droit, la liberté provisoire dans un tel contexte suscite des interrogations légitimes. 

Ces interrogations sont d’autant plus fondées que des voix « savantes » s’élèvent depuis plusieurs semaines pour appeler à la réconciliation nationale, comme si une telle réconciliation était possible sans la justice.
L’absence de justice pour les victimes de l’insurrection populaire et du putsch ainsi que pour toutes les victimes de crimes impunis, constitue une piqûre de rappel en vue de remobiliser les rangs pour la poursuite de la lutte patriotique contre l’impunité. C’est pourquoi, le MBDHP lance un appel à la mobilisation générale.

Il appelle ses militants-es, sympathisants-es et l’ensemble des démocrates et patriotes de notre pays, à honorer la mémoire de nos martyrs et à exiger la vérité et la justice pour eux.  Il les invite donc à participer massivement à une marche-meeting qu’il co-organise avec d’autres organisations de la société civile le samedi 04 novembre 2017 à partir de 8 heures à la place de la nation.

Vérité et justice pour toutes les victimes de crimes impunis au Burkina !
Contre l’impunité, mobilisation et lutte !

Nan laara, an saara ! »

Fait à Ouagadougou, le 17 octobre 2017
Le Comité exécutif national   

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