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UACO 2017: Les échanges porteront sur les médias sociaux et la formation des opinions en Afrique ( du 16 au 18 novembre)  

La délégation burkinabè

POLITIQUE

En fin 2016, le nombre de personnes contraintes au déplacement s’élevait à 65,6 millions, suivant la tendance à la hausse des cinq années précédentes. Et jusqu’ici, en 2017, plus de 2 millions de personnes ont fui leur pays comme réfugiés. Ces statistiques effrayantes ont été données par le Haut-commissaire aux réfugiés des Nations Unies Filippo Grandi, lors de l'ouverture de la 68è session du Comité exécutif.

Le problème semble aller plus vite que les propositions de solutions. Pendant que la communauté internationale rassemblée à Genève réaffirmait les valeurs fondamentales de solidarité et dressait des plans pour assurer la protection des personnes contraintes à l'exil, le flux de réfugiés ne faisait que gagner en ampleur. Morceaux choisis du discours de Filippo Grandi :

«En seulement cinq semaines, un demi-million de réfugiés Rohingya ont fui les violences terrifiantes au Myanmar, après avoir subi pendant des décennies l’érosion progressive de leurs droits. Et pendant que ces Rohingya traversaient la frontière pour se réfugier au Bangladesh, plus de 50 000 réfugiés fuyaient du Soudan du Sud, la promesse d’indépendance ayant été compromise et le pays vidé de ses populations. Par ailleurs, 18 000 personnes fuient de violents affrontements en République centrafricaine, malgré les premiers signes ayant donné à croire que le conflit était en train de s’apaiser.»

Et les exemples foisonnent, tous plus désolants les uns et les autres, sans que ne se dessine une véritable solution dans le court ou moyen terme, parce que « les crises en cours s’aggravent, et la quête de sécurité et de protection est devenue plus dangereuse pour bon nombre de réfugiés ».

Cet afflux croissant de réfugiés, signe extérieur d'un mal-être de l'humanité, est une conjonction de divers facteurs : Fracture, sociale, sous-développement et pauvreté, changement climatique et dégradation de l'environnement, inégalité et exclusion, mauvaise gouvernance et absence de gouvernance, faiblesse de l’État de droit, sont quelques unes des causes relevées par le Haut-commissaire Grandi. «Mais, a-t-il indiqué, les mouvements de réfugiés sont également la conséquence de la faiblesse de la coopération internationale».

Une situation exacerbée ces dernières années par des idéologies politiques détestables qui exploitent les peurs des populations, et c'est ainsi que naissent les réactions xénophobes et les diverses mesures de restriction à l'endroit des réfugiés.

Prévenir et arrêter les conflits
Le fait est que dans certaines contrées, les foules de réfugiés arrivent au sein de communautés très affectées par la pauvreté et le sous-développement, suscitant parfois des mouvements de rejet et partant, une détérioration constante des conditions de protection.

Une éventuelle solution au problème devra donc prendre en compte la suppression des causes. Cela inclut, entre autres mesures, un règlement politique durable des conflits, des investissements pour le développement, l'instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance.

«Sans une détermination commune à prévenir, arrêter et régler les conflits, le monde continuera à faire face à de nouveaux afflux de réfugiés et sera obligé de renforcer ses capacités pour y répondre», a affirmé Filippo Grandi.

La communauté internationale travaille à l'élaboration d'un Pacte mondial sur les réfugiés qui se veut un mécanisme de partage des responsabilités devant engager tous les États membres.

«Concrètement, le processus entraînera un appui plus prévisible aux pays et communautés d’accueil, davantage de places de réinstallation et d’autres voies légales d’admission dans des pays tiers, et un plus grand engagement dans la résolution des conflits (au niveau de leurs causes profondes) pour que le rapatriement volontaire devienne une option réelle et durable. Nous devons travailler ensemble sur tous ces éléments, avec la même détermination», a indiqué le Haut-commissaire. Il a invité les pays membres à investir dans l’éducation, les moyens d’existence et le développement des compétences.

«L’éducation, a affirmé Filippo Grandi, est une question particulièrement urgente. Seulement six enfants réfugiés sur 10 fréquentent l’école primaire, contre neuf enfants sur 10 dans le monde. Refuser l'éducation aux enfants réfugiés c’est refuser un avenir à leur pays».

L'éducation des enfants, mais aussi l'intégration des réfugiés. Sauf que pour les pays d'accueil en Afrique ou l'on enregistre près de 20 millions de personnes déplacées, les ressources se font rares. Dans une déclaration commune adressée à la 68è session du Comité exécutif, le Groupe africain a indiqué que «les efforts humanitaires pour lutter contre l'insécurité alimentaire nécessitent un soutien renforcé dès à présent. En effet, la région africaine doit faire face à des diminutions alarmantes des rations alimentaires qui engendrent de sérieux problèmes de santé et de malnutrition dans les camps de réfugiés».

Des réfugiés parfaitement intégrés au Burkina
Le Burkina Faso qui accueille 33 500 réfugiés sur son territoire partage cette préoccupation du Groupe africain mais demande surtout le soutien des partenaires au développement pour renforcer la sécurité des camps de réfugiés dans une région qui fait l'objet d'attaques répétées depuis 2016. L'une de ces attaques a même ciblé le camp de réfugiés de Mentao le 22 septembre dernier.

«Ces nouveaux développements devraient être considérés avec une attention particulière. Ils posent avec acuité la question sécuritaire dans la région d’accueil des réfugiés», a affirmé la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, chargée de la coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur, Rita Solange Agneketom / Bogoré, dans sa déclaration à l'assemblée le 3 octobre dernier.

Des attaques qui, selon la ministre ont entraîné un déplacement important des populations autochtones, compromettant ainsi les efforts du gouvernement dans la gestion et l'intégration harmonieuse des réfugiés.

«Ces réfugiés des camps et hors camps, explique t-elle, bénéficient de la protection et vivent en parfaite harmonie avec les communautés d’accueil. Mille trois cent cinquante (1350) enfants réfugiés sont scolarisés dans les écoles des camps qui accueillent également d’autres enfants de la région. Il faut également noter que les communautés d’accueil bénéficient des soins de santé dans les dispensaires destinés au camp de réfugiés et ont également accès à l’eau potable».

Ces attaques, selon elle, mettent également à rude épreuve la mise en place, dans la région, de solutions durables à la problématique des réfugiés et des personnes déplacées à travers une planification inclusive du développement. Notamment leur prise en compte dans le processus de développement du pays, à travers notamment le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) et le Programme d’Urgence pour le Sahel (PUS).

Il y a néanmoins des raisons d'espérer. L'humanité doit se donner les moyens de construire la paix et la stabilité à long terme et pour cela, le Haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU compte sur la restauration d'une vision de la coopération internationale fondée sur les valeurs, pour que le «désespoir de millions d’hommes, de femmes et d’enfants chassés de leur maison et contraints à une vie pleine d’incertitudes, ne constitue plus une tache dans notre conscience collective».

Mathieu Bonkoungou
Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève

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