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POLITIQUE

Quatre jours après l’attaque du restaurant Aziz Istanbul qui a fait 18 morts, les familles ont commencé à enlever les corps de leurs proches de la morgue du district sanitaire de Bogodogo pour inhumation. C’est ainsi que dans l’après-midi du jeudi 17 août, Isidore Nonga Zongo, l'une des victimes, a été conduit à sa dernière demeure au cimetière de Gounghin en présence d’amis, parents, connaissances et collaborateurs.

Coordonnateur national de l’ONG Welt hunger hilfe en 2011 puis directeur pays au Burkina Faso depuis avril 2016. Tels sont, entre autres, les postes qu’occupait Isidore Nonga Zongo. Il a été arraché à l’affection des siens à l’âge de 55 ans. Pour le représentant de la Welt hunger hilfe, Isidore Zongo est parti de manière tragique au moment où ses proches ont plus besoin de lui car c’était un homme qui avait encore beaucoup à donner à son pays. «Le vendredi 11 août passé, nous avons longuement discuté de l’avenir du projet et il envisageait prendre un congé pour se reposer. Mais là, Dieu a décidé autrement en lui donnant le repos éternel. Son départ cruel est une grande perte pour son pays et le monde mais aussi, c’est le début d’une nouvelle vie dans un autre monde», a regretté le représentant de l’ONG.

A l’en croire, le défunt était un homme très engagé et dynamique qui avait pour objectif de lutter contre la faim dans les zones rurales du Burkina Faso. «A travers les nombreux projets mis en œuvres sous sa direction, nous avons contribué ensemble à lutter contre la faim dans des zones rurales du pays. Sous sa directive, on s’est fixé comme objectif d’atteindre zéro faim dans nos zones d’intervention», a-t-il affirmé, tout en promettant de continuer ce combat afin d’atteindre cet objectif pour le bonheur des populations rurales.

Le frère cadet du défunt l’a vu pour la dernière fois les 3 et 4 août dernier. C’est le lendemain de l’attaque, soit une dizaine de jours après leur rencontre, qu’il a appris la disparition de son frère. «C’est le lundi que j’ai appris sa disparition. J’étais à Fada pour une réunion. On m’a appelé pour dire qu’après l’attaque qui s’est produite dans la nuit du dimanche 13 août, il n’est pas rentré à la maison. Et le lendemain matin, il n’était pas au service où on le demandait. On s’est mis à le chercher et on a retrouvé son véhicule sur les lieux des tirs et lui-même on ne sait pas où il est allé», a relaté Eugène Zongo. Selon lui, son frère ne figurait pas non plus parmi les blessés. «Déjà comme il ne figurait pas sur la liste des blessés, toute la famille avait le cœur abattu. C’est après, vers 17h, qu’on nous a confirmé le drame dans une vidéo qui passait sur la toile», a-t-il révélé.

La famille Zongo a saisi l’occasion pour saluer l’engagement du gouvernement. «Le gouvernement a pris en charge les frais de cercueils, le corbillard, la tombe et a mis la sécurité à la disposition des familles pour escorter les dépouilles», témoigne M. Zongo en invitant l’exécutif à prendre les dispositions nécessaires afin que de tragédies pareilles ne se reproduisent plus. «Cela tend à être une répétition. Deux fois c’est trop, et c’est suffisant», s’indigne-t-il.

Plusieurs autres victimes ont été inhumées hier dans différents cimetières de la ville de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso. Les dépouilles des deux Koweitiens, elles, ont été transférées dans leur pays d’origine mercredi.

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