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Burkina: la marche non autorisée des syndicats et de la société civile dispersée par la police, une dizaine de blessés

POLITIQUE

Dans l’interview qu’il a accordée à Fasozine (N°69, Mai-Juin 2017), le président de la Commission électorale nationale indépendante a abordé la question du vote des Burkinabè de l’étranger, en lien avec la révision du code électoral. Au regard du débat qui a cours actuellement sur ces questions, nous vous proposons ici les explications de Newton Ahmed Barry, recueillis en avril dernier à Ouagadougou.   


Fasozine: Où en êtes-vous avec cette question du vote des Burkinabè de l’étranger, qui constitue l’un de vos grands chantiers? Est-ce un dispositif complexe à mettre en place?
Oui, parce qu’il fallait baliser. Il ne faut pas oublier d’où nous venons. Je pense que la décision a été au départ plus volontariste que réaliste. Et la Commission électorale nationale indépendante n’a pas eu suffisamment de temps. En dehors des sorties qui ont été initiées, il y a un certain nombre de questions sur lesquelles on n’avait pas pu réfléchir et prendre des décisions. Notamment, la question de fond: le corps électoral des Burkinabè de l’étranger. Combien sont-ils au juste?
Cette question du corps électoral est très importante et c’est la première préoccupation sur laquelle nous avons travaillé quand nous sommes arrivés en responsabilité. Aujourd’hui, nous disposons d’estimations qui nous permettent de penser, selon les chiffres officiels que nous avons pu obtenir au cours de nos différentes sorties, que sur les 7,5 millions de Burkinabè recensés à l’étranger, nous pouvons compter un corps électoral d’environ 2,5 millions de personnes.

Il y a certainement des zones de plus grande concentration des Burkinabè à l’étranger…
En effet, nous nous sommes également rendu compte que les Burkinabè de l’étranger sont plus concentrés dans la sous-région avec notamment plus de sept millions de personnes dans la zone Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Ndlr). Il va donc falloir prendre en compte cet élément-là, et se demander aussi si tous les Burkinabè rencontrés à l’étranger ont vocation à voter. Cette question n’avait pas été tranchée.
Le fondement premier pour qu’un résident à l’étranger puisse voter, c’est qu’il fasse le minimum de s’immatriculer auprès de l’ambassade ou du consulat de son pays d’origine. Sur cette base-là, la réalité est que peu de nos compatriotes sont en règle et on se retrouve avec seulement 1,1 million de personnes immatriculées. Les détenteurs de cartes consulaires sont encore en nombre plus infime. Moins d’un million de Burkinabè de l’étranger détiennent une carte consulaire.
Nous avons donc travaillé sur tous ces aspects et avons proposé au gouvernement des choses très précises qu’il faut mettre dans la loi avant de lancer le processus.

Avez-vous un message pour tous ces Burkinabè qui piaffent d’impatience de pouvoir enfin accomplir leur devoir civique?
Nous voulons d’abord être sûrs des règles. C’est pour cela que jusqu’à présent nous avons peu de messages en direction des Burkinabè résidant à l’étranger. Nous voulons avoir d’abord quelque chose de matériel sur laquelle nous allons fonder l’approche et l’explication. Nous attendons donc que le Parlement vote cette loi. Si la révision du code électoral est actée avec les éléments que nous proposons, nous aurons alors un message et nous savons quoi faire.

Interview intégrale à lire dans Fasozine N°69, Mai-Juin 2017, actuellement dans vos kiosques, librairies et stations-service.

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