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POLITIQUE

Le procès Aly Sanou et autres était à son troisième jour d’audience ce jeudi 30 mars 2017. Le tribunal a poursuivi les interrogatoires des accusés. Au terme de cette journée, 7 militaires ont été entendus par le tribunal, ce qui porte à 13 le total déjà entendu à la barre depuis le début du procès le mardi 28 mars dernier.


A la barre sont passés successivement : les soldats de deuxième classe, Handi Yonli, Youssouf Traoré, Seydou Soulama, Aboubakren Ould Hamed, le soldat de première classe, Hamado Zongo et les caporaux Desmond Toé et Issaka Ouédraogo. Excepté le Caporal Issaka Ouédraogo, dernier à être entendu de la journée, les  six autres sont poursuivis pour, entre autres, pour complot militaire, désertion en temps de paix, vol aggravé et complicité de vol aggravé dans l’attaque de la poudrière de Yimdi.

Ces derniers ont dit devant le tribunal ne pas reconnaitre les faits à eux reprochés. Handi Yonli a indiqué qu’il était sur les lieux de l’attaque mais qu’il était ivre. Son rôle, a-t-il expliqué, était de surveiller les gardes ligotés. Hamado Zongo pour sa part a dit qu’il n’était  sur les lieux de l’attaque, tout comme Youssouf Traoré. 

Aboubakren Ould Hamed a affirmé quant à lui avoir été contacté par le sergent-chef Aly Sanou pour l'attaque lorsqu'il était à Ouagadougou. Et son rôle a été de surveiller les gardes ligotés. Ensuite Aly Sanou lui aurait demandé d’entrer dans le dépôt pour ramener des armes. Une fois entrée, dit-il, il n’a rien vu.

« J’ai trop de problème, hein »
Le cas le plus emblématique cette journée a été celui de l’accusé Issaka Ouédraogo, 48 ans et 28 de service dans l’armée. Caporal de son état, il est poursuivi pour détention illégale d’armes à feu et de munitions et désertion à l’étranger en temps de paix.

Il dit ne pas reconnaitre les faits et ne comprend pas pourquoi il se retrouve à être jugé dans le dossier de Yimdi. Après le coup d’Etat du RSP contre les autorités de la Transition et l’assaut sur le camp Naaba Koom, il a regagné son nouveau poste d’affectation au camp général Aboubacar Sangoulé Lamizana. « J’ai reçu mon attestation de prise de fonction le 29 septembre 2015. Et j’avais en ma possession une kalachnikov, trois chargeurs et deux pistolets automatiques (PA). L’un est mon arme de service depuis 20 ans et l’autre, celui affecté au chef de poste devant la résidence du président Kafando. Le 6 octobre 2015, je suis allé intégrer la kalachnikov à mon nouveau corps d’affectation et j’ai dit que j’avais par devers moi deux PA. La même nuit, vers 22 h 30, la gendarmerie nationale est venue chez moi pour me chercher. Pris de peur et ne sachant pas ce que j’avais fait, j’ai préféré fuir », a-t-il expliqué à la barre.

Il a affirmé avoir séjourné une semaine en dehors de son domicile et comme il était recherché pour une cause qu’il ignorait il a préféré se réfugier en Côte d’Ivoire durant quatre mois. Ce n’est que le 31 janvier 2016 il dit être revenu au Burkina Faso pour la manifestation de la vérité. Il dit être venu car il s’est dit qu’avec la venue de nouvelles autorités par voie démocratique, les choses avaient changé. 

Pour son avocat, Me Bali Baziémo, son client ne devrait pas être poursuivi car il n’a commis aucune infraction. Il ne comprend pas pourquoi avoir mis le caporal Issaka Ouédraogo dans le dossier de l’attaque de Yimdi alors qu’il n’y a aucune connexion entre ces deux faits. « S’il était possible d’organiser une audience spéciale pour lui pour qu’on discute des faits de désertion et de détention illégale d’armes, il n’y avait pas de problèmes. On l’a mis dans le dossier Yimdi, mais cela ne veut pas dire qu’il répond des faits liés à cette attaque notamment celui de complot militaire. Après les débats, je pense que le commissaire du gouvernement a compris que ce monsieur est resté vraiment constant depuis l’enquête préliminaire. Je pense donc sincèrement que c’est la peur pour sa vie qui l’a amené à aller en Côte d’Ivoire », a affirmé Me Baziémo.

L’accusé estime qu’il a déjà trop d’ennuis avec la justice pour qu’on le mêle à une autre affaire : « Je suis déjà inculpé dans le dossier de l’insurrection populaire, du putsch manqué de septembre 2015 et dans le présent dossier pour désertion et détention illégale d’armes. J’ai trop de problèmes hein. Donc comprenez-moi », a révélé le caporal Ouédraogo.

Prenant la parole, le commissaire du gouvernement a expliqué pourquoi il a été enrôlé dans cette affaire. Selon Alioun Zanré, au début de la procédure, l’accusé était poursuivi pour attentat à la sureté de l’Etat et pour complot militaire en plus des faits de désertion et de détention illégale d’armes. « C’est en cours de procédure qu’il a été décidé d’abandonner les charges d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de complot militaire contre ce dernier. Son cas montre à plus d’un titre que l’enquête est sérieuse et qu’elle se fait à charge et à décharge »,  a fait savoir le procureur militaire.

Notons que l’accusé en question bénéficie d’une liberté provisoire dans ce dossier et dans celui du putsch manqué. Cependant il est détenu à la prison civile dans le cadre du dossier sur l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

L’audience du jour a été suspendu vers 17h 30 minutes pour reprendre ce vendredi 31 mars avec la suite des interrogatoires.
 



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