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POLITIQUE

Ouvert ce mardi, le Procès du sergent-chef Aly Sanou et 21 autres inculpés pour complot militaire, désertion à l’étranger en temps de paix, vol aggravé, détention illégale d’armes à feu ou de munition suit son cours au tribunal militaire de Ouagadougou.


Après les débats sur la forme, le tribunal avait entamé hier mardi 28 mars dans l’après-midi les débats sur le fond de l’affaire. Le sergent Abdoul Nafion Nébié a été le premier accusé à être attendu. Après l’avoir écouté et interrogé sur les faits à lui reprochés, le tribunal avait suspendu l’audience pour le renvoyer à ce mercredi 29 mars 2017 dans la matinée.

L’audience a repris ce mercredi avec la suite des interrogatoires. Le tribunal a appelé à la barre cinq inculpés : le soldat de première classe Ollo Bienvenu Kam, le caporal Hamidou Drabo, le soldat de première classe, Boureima Zouré, le sergent Salif Couldiaty et le soldat de première classe, Djimaldine Napon. Certains ont reconnu qu’ils ont joué un rôle bien précis dans l’attaque de la poudrière. D’autres ont indiqué au tribunal avoir participé « par peur pour leur vie ».

«Nous ne sommes pas des diables…»
Boureima Zouré et Salif Couldiaty ont quant eux nié les faits de complot militaire à eux reprochés. Le sergent Couldiaty a dit être venu sur les lieux par les soins du cerveau présumé de l’attaque, le sergent-chef Aly Sanou. Il assure qu’il ignorait que ses camarades préparaient une attaque de la poudrière. Le sergent Couldiaty assure qu’il est venu à Ouagadougou à cause de la santé de son fils, âgé de six mois à l’époque.

Quand il a été mis au parfum de l’opération, il aurait tenté de dissuader ses camarades qui ne l’auraient pas écouté. Il a juste attendu la fin de l’opération pour pouvoir récupérer son sac contenant sa permission, qui était resté dans le véhicule d’Aly Sanou.

Une fois son sac récupéré, il aurait regagné son domicile à pied. Et à l’en croire, c’est le soir du 22 janvier qu’il a été interpellé à domicile par la gendarmerie nationale.
Boureima Zouré, a aussi  réfuté les faits de complot militaire car en aucun moment il a été informé d’un projet d’attaque de Yimdi. Affirmation appuyée par son avocat Me Aminata Paré, qui a indiqué que les faits de complot militaire ne sont pas constitués pour son client. « En tant qu’ancien militaire du RSP, on te voit comme un diable. Non je ne suis pas un diable », a laissé entendre le soldat Zouré. Déclaration qui a fait dire à Salif Couldiaty l’autre accusé, que le RSP a été dissous par « jalousie » et « pour régler des comptes ».

Tortures des gendarmes
L’un des faits soulevés par l’ensemble des accusés est le traitement que leur ont infligé les gendarmes au cours de l’enquête préliminaire de police : bastonnades, menaces verbales, tortures, traitements dégradants et humiliants.

Ce faisant, les accusés ont tous dit ne pas se reconnaitre dans les procès-verbaux (PV) de leurs auditions lors des enquêtes préliminaires et devant le juge d’instruction.
Refus que ne comprend pas le commissaire du gouvernement. Pour Alioun Zanré, leur participation au complot est «évidente», d’autant plus, ajoute le procureur militaire, que ces derniers ont reconnu les faits tout en précisant même des détails au cours de leur comparution devant les juges d’instruction. Pour lui, ces déclarations contenues dans les  PV ne sauraient être un scénario monté de toute pièce par la chaine de l’enquête.

Les avocats de la défense ont affirmé pour leur part que les aveux de leurs clients auraient été obtenus par le biais de la torture surtout que certains accusés ont été détenus à la gendarmerie hors délais légal de garde à vue.

Me Yssouf Kabré, conseil commis d’office du sergent Couldiaty, a dénoncé cet état de fait : « Si vous arrêtez quelqu’un comme mon client le 22 janvier 2016 et c’est finalement le 16 mars 2016, soit 52 jours francs plus tard que vous le présentez à un juge d’instruction, cela n’est pas normal. Nous nous demandons ce qu’on a fait de lui pendant tout ce temps. Nous luttons tous contre la torture parce que quand vous torturez quelqu’un, tout ce qu’il dit après est corrompu car on ne peut pas savoir si c’est la vérité. La vérité obtenue par la contrainte ne peut pas être la vérité.  Ce procès est finalement celui des méthodes staliniennes de nos enquêteurs.»

Outre cela, Me Kabré a relevé l’absence de relevés téléphoniques  dans le dossier de son client et des autres accusés. Elément qui devait s’y trouver car, à l’en croire, si on poursuit son client pour complot militaire c’est qu’il doit avoir des preuves matérielles de leur concertation avant l’attaque et non de supputations.

L’audience de ce deuxième jour a été suspendue un peu avant 17 heures pour reprendre ce jeudi 30 mars dans la matinée avec la poursuite de l’interrogatoire des autres accusés.
 
 


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