Aujourd'hui,
URGENT
Arabie Saoudite: Selon la CIA, Mohammed ben Salman a ordonné l'assassinat du journaliste Khashoggi
Burkina: la Coalition contre la vie chère organise le 29 novembre une journée de protestation contre la récente hausse du prix du carburant
Madagascar: le second tour de la présidentielle opposera Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, tous deux anciens présidents
Centrafrique: l’ex-chef anti-balaka Alfred Yecatom Rhombot extradé vers la CPI
Israël: le ministre de la Défense démissionne après le cessez-le-feu à Gaza
Brexit: Theresa May annonce que son gouvernement a validé le projet d'accord avec l'Union européenne 
Burkina: l'utilisation de contraception moderne a empêché 397 000 grossesses non désirées et 142 000 avortements (rapport)
Burkina: le bureau actuel du syndicat national de la GSP interdit d'activités, 10 agents révoqués (Conseil des ministres)
Sénégal: Macky Sall laisse entrevoir l'amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade (RFI)
Burkina: le Mouloud célébré dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 novembre 2018

POLITIQUE

Invité de la Grande interview de votre magazine (Fasozine N°68, Mars-Avril 2017), Valère Dieudonné Somé redit sa foi dans la politique engagée hier par feu Thomas Sankara. Et estime, la main sur le cœur, que la réponse aux défis qui se posent à notre peuple se trouve dans la voie tracée pendant la révolution «sankarienne». Extraits.



Fasozine: De votre point de vue, quel devrait être le défi prioritaire du gouvernement?
Valère Dieudonné Somé: Il n’y a pas d’autre voie pour parvenir à surmonter les défis qui se posent à notre peuple que celle tracée sous la présidence de Thomas Sankara, en réactualisant ses combats: compter sur ses propres forces, avoir foi en l’initiative créatrice du peuple qui doit faire de la question du développement sa propre affaire, faire recours aux intelligences et aux énergies des hommes qu’il faut en les mettant aux places qu’il faut; faire de la gestion honnête et lutter contre la corruption, le clientélisme, le favoritisme. Vivre selon nos moyens et selon nos capacités et, pour ce faire, l’exemple doit venir de ceux d’en haut; mettre l’accent sur la refonte des mentalités pour faire du Burkinabè ce capital précieux et irremplaçable. (…)
 
Que ressentez-vous lorsque certaines idées défendues hier par le président Thomas Sankara, comme le port du «Faso dan fani» et le «consommer local», fleurissent à nouveau aujourd’hui?
Il faut aller au-delà du port vestimentaire, au-delà de l’identité culturelle recherchée, et voir la préservation et la modernisation de nos métiers artisanaux. Ce qui consolide notre indépendance économique en créant de l’emploi pour notre monde rural et des débouchés pour la production nationale. Or aujourd’hui, notre marché est envahi par le «dan fani» chinois. Les Chinois (de Taiwan comme de la Chine de Mao) ont perfectionné le métier à tisser et sont passés au stade de la production industrielle. Ce qui à la longue signifie la disparition de notre artisanat local. Ce qui vaut pour le «dan fani», vaut pour les autres produits artisanaux.
Il faut plutôt chercher à vulgariser cette technologie chinoise auprès de nos artisans pour qu’ils évoluent sans discontinuité. C’est cela le progrès.

Qu’est-ce qui justifie, selon vous, que des acteurs politiques de renom, se réclamant proches de feu Sankara et de ses idées, ne réussissent toujours pas à s’entendre sur l’essentiel pour constituer une véritable force politique et une alternative crédible au Burkina?
Je l’ai dit en d’autres circonstances. Le spectacle que nous offrent les dits sankaristes amènerait Thomas Sankara à dire qu’il n’est pas sankariste! Cette étiquette est devenue un label pour les trafics de tout genre. Des individus sans scrupules aucun en ont fait un fonds de commerce et un moyen de promotion politique. Mais le glas de ces dealers a sonné. Il va leur falloir changer de discours.

Si vous étiez président du Faso, que diriez-vous à vos compatriotes, que feriez-vous pour réconcilier les fils et filles du pays?
J’en appellerais à un sursaut national afin que tous les fils et filles du pays, dans une volonté commune, aillent à la réconciliation, animé chacun par la conscience d’une responsabilité partagée dans les drames et les travers qu’a connus le pays. Si nous ne sommes pas coupables, nous sommes pour le moins responsables de la situation où nous avons placé notre pays en hypothéquant son devenir.
A la jeunesse, je dirais de se départir de ses présomptions et de savoir qu’il est plus facile de détruire que de construire.
À tous, je dirais de sortir de leur torpeur et d’impliquer leur personne dans cette quête d’un nouveau départ. Comme disait Norbert Zongo, «le pire ce n’est pas la méchanceté des hommes mauvais, mais le silence des hommes biens». (…)

Interview intégrale à lire dans Fasozine N°68, Mars-Avril 2017, actuellement en vente dans vos kiosques

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir