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MONDE

Des combattants de nationalité nigérienne – la vingtaine – ont déserté les rangs de la secte islamiste Boko Haram. Ils seraient originaires de la région de Diffa au Sud-est du Niger. Ils ont même rendu aux autorités, leurs armes de combat. C'est du moins, ce qu'a annoncé ministre de l’Intérieur Bazoum Mohamed. Une annonce faite le mercredi 4 janvier, sur le plateau de la télévision nationale, Télé Sahel.


Très proche du Nigeria (pays où a éclos le groupe islamiste Boko Haram), la région de Diffa qui abriterait plus de 300 000 réfugiés et déplacés, est un des bastions dudit groupe islamiste. Du reste, elle est régulièrement le théâtre d’échauffourées et de massacres. Il n'y a pas longtemps, précisément dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, trois soldats nigériens y ont été tués et sept autres blessés lors d’une attaque de positions de l’armée par Boko Haram à Baroua. Selon l’armée nigérienne, quinze combattants de Boko Haram ont également été tués et un autre « capturé ».

Et voilà qu'à ce trophée de guerre (combattant capturé) conquis de haute lutte à la suite de la reddition en fin décembre d'une trentaine de ses camarades, vient s'ajouter délibérément une vingtaine d'autres. Toute chose qui fait croire du côté de Niamey – en dépit des récentes attaques perpétrées par ladite secte - que le nombre de désertion des rangs de Boko Haram et donc de reddition, ira croissant.

A noter que cette nouvelle cuvée de déserteurs chez Boko Haram fait irruption à la suite de l'appel lancé par le président nigérien Mahamadou Issoufou dans son message de vœux à la nation en ces termes : « un appel à tous ceux qui se sont laissé entraîner dans la voie de l’égarement par Boko Haram (à) se ressaisir et déposer les armes ».

Aux dires du ministre Bazoum, ce sont « une cinquantaine de combattants de Boko Haram qui se sont rendus » depuis le 27 décembre. Ce qui, selon lui, s'explique par « un nouveau rapport de force entre Boko Haram et nos forces de sécurité ». A l'en croire, « La guerre [contre l’organisation jihadiste] dans certains secteurs est déjà terminée ».

Signalons qu'en juillet dernier, le Niger, le Tchad et le Nigeria ont lancé quasi simultanément des « opérations de ratissage » contre les fiefs de Boko Haram. Mais au constat, elles n’ont pas encore réussi à déloger les islamistes dans la région de Diffa, notamment près du lac Tchad, où des « éléments de Boko Haram organisés [continuent] de s’entraîner », d’après le ministre Bazoum. L'autre réalité, c'est que cette zone marécageuse située à cheval entre le Niger, le Tchad et le Nigeria, est très enclavée et difficile d’accès.

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