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Burkina: 110 508 candidats inscrits à la session 2019 du baccalauréat
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Burkina: 419 269 à la conquête du CEP 2019 soit une baisse de 7% par rapport à l'année précédente 
Afrique: le Botswana décriminalise l’homosexualité

Aline Zongo, point focal Copagen Burkina(au centre)

ENVIRONNEMENT

La Coalition pour la Protection du Patrimoine génétique africain (Copagen) était face à la presse ce jeudi 5 avril 2018 à Ouagadougou. Objectif : indiquer leur rejet des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture, l’alimentation et la santé humaine et animale.

Ce point de presse a surtout servi de cadre pour la Copagen de donner une information qui ne serait pas connue de tous à savoir le lâchage dans la nature de plus de 10 000 moustiques mâles stériles génétiquement modifiés par le projet Target malaria dans le but de réduire la population de moustiques au Burkina. Ce projet qui serait dans sa phase expérimentale ne rassure pas du tout la Copagen, section Burkina Faso.

« Le Burkina Faso a importé d’Italie, depuis le 2 novembre 2016, des œufs de moustiques génétiquement modifiés avec la bénédiction de l’Agence nationale de Biosécurité. Ces œufs ont été confinés depuis le 3 novembre 2016 dans un laboratoire de l’Institut de Recherche en Sciences de la santé (IRSS), à Bobo Dioulasso, pour une activité d’élevage en vue d’atteindre le nombre de 10 000 moustiques mâles stériles génétiquement modifiés » a indiqué Aline Zongo, point focal du Copagen au Burkina dans son propos liminaire.  

A en croire, Mme Zongo, le lâchage prochain de ces moustiques OGM entre dans le cadre des objectifs du projet  Target Malaria. Ledit projet travaillerait « à la mise au point d’une nouvelle technologie de lutte anti-vectorielle contre l’anophèle afin de contribuer à réduire la population de moustiques et du même coup le fardeau du paludisme en Afrique ». Et Selon la Copagen qui dit avoir rencontré les acteurs du projet, les moustiques OGM seront lâchés entre juillet et novembre 2018 dans l’un des trois villages de Bobo : Bana, Pala et Sourkoudiguin pour une expérience d’observation par les scientifiques travaillant sur le projet.

Selon Aline Zongo, les Burkinabè seront donc les cobayes d’une expérimentation de moustiques OGM. Chose que refuse la Copagen qui estime que toutes les conditions sécuritaires sur le plan sanitaire ne sont pas réunies.

« A l’issue des échanges entre la Copagen et le projet Target malaria, nous tirons la conclusion que toutes les conditions de sécurité au plan sanitaire, pour les hommes, les animaux et leur environnement, ne sont pas réunies. Des populations burkinabè sont en passe  d’être utilisées comme cobayes  dans cette expérimentation » indique Mme Zongo qui n’a pas manqué de relever certaines questions ?

« Quelles seraient les conséquences si une femelle génétiquement modifiée, malgré toutes les précautions, piquait un malade du paludisme et le transmettait à d’autres sujets au sein de la population ? (…) Quelles dispositions ont été prises pour gérer les risques de résistances, de mutation de ces moustiques OGM sachant que dans une population d’étude, certains individus arrivent à opposer une résistance aux transformations génétiques qui sont faites » telles sont  les questions formulées par la Copagen.

Manque de réponse à ces interrogations, la Copagen invite le gouvernement « à s’inscrire dans l’approche précaution tel que préconisé par le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques et exhorte l’agence nationale de biosécurité à surseoir à l’examen de la demande d’autorisation du lâcher des moustiques mâles stériles, en attendant que des réponses définitives et rassurantes soient apportées à toutes les interrogations »

Pour Ibrahim Ouédraogo, consultant et membre du Conseil d’administration de la Copagen régionale, leur structure n’est pas contre les OGM mais préconise plutôt « une recherche scientifique indépendante qui valorise les ressources biologiques locales et les connaissances traditionnelles et endogène dans l’intérêt des petits agriculteurs et des consommateurs burkinabè ».

Ce qu’il déplore dans la question des  moustiques  dits OGM est tout simplement lié au fait que le projet Target malaria n’a pas mis le sujet au centre du débat public. Et il s’en explique : « Est-ce que les journalistes étaient informés de ce lâchage de moustiques OGM ? On pouvait faire des émissions sur la question et surtout des émissions qui rassurent. Cela pouvait susciter des controverses (…) Si c’est vraiment une situation de fierté, on devait le présenter au maximum de Burkinabè et c’est cela qui allait susciter le débat contradictoire ».

Fasozine a contacté l’Agence nationale de Biosécurité qui a promis de lui revenir sur le sujet. Affaire à suivre… 

 

 

 

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