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ENVIRONNEMENT

L’Agence nationale de l’aviation civile (Anac) a rendu publics, lors d’un atelier ce mercredi 29 novembre 2017 à Ouagadougou, les résultats préliminaires d’une étude de faisabilité sur les carburants alternatifs pour l’aviation. Cette étude a été commandée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour définir le potentiel en biocarburant au Burkina Faso.

Il ressort de cette étude que le biocarburant est produit à partir de la biomasse et jouerait un rôle essentiel dans la réduction des émissions des gaz à effet de serre du transport aérien. C’est ainsi que le consultant technique sur les carburants alternatifs du projet OACI-UE, Christoph Weber, dès son arrivée au Burkina Faso, a sillonné le pays dans les mois d’avril et mai afin d’évaluer la biomasse existante.

Et définir, à partir de là, comment produire du carburant alternatif pour le secteur de l’aviation. «On peut fabriquer du biocarburant pour l’aviation moyennant des installations technologiques adaptées à partir les différentes sources de matières premières telles que la plante du jatropha, la noix d’anacarde, le sorgho, les résidus forestiers et agricoles», a précisé Salifou Zanga, point focal du Burkina Faso sur des questions environnementales de l’aviation civile.

Pour Christoph Weber, les biocarburants joueront un rôle essentiel dans la réduction des émissions des gaz à effet de serre du transport aérien. «Compte tenu des conditions et contraintes locales au Burkina Faso, la culture des cultures énergétiques et la production de biocarburants constituent une opportunité effective de lutter activement contre les conséquences négatives du changement climatique tout en mettant en œuvre des mesures d’accompagnement qui peuvent au moins arrêter le processus de dégradation du sol, la désertification et la déforestation», a-t-il expliqué.

Et M. Zanga d’ajouter que le kérosène utilisé par les avions produisent, dans le processus de combustion, le CO² qui détruit la couche d’ozone. D’où l’utilité de ce carburant alternatif en remplacement du carburant fossile qui peut aider à réduire les effets du CO². Par ce que, explique-t-il: «si on regarde le cycle de vie du CO² produit par le carburant alternatif, ça rentre dans le circuit de vie de ce carburant alternatif. Et, les gaz qui sont dégagés sont en même temps encore absorbés par la nature au lieu d’aller polluer la nature et c’est ce qui fait la différence entre le carburant alternatif et le carburant fossile.»

En matière de potentiel, M. Zanga a laissé entendre que «le carburant qui peut être produit sur la base des biomasses existantes en quantité vaut à peu près dix fois le tonnage des carburants fossiles importés au Burkina Faso».

A titre d’exemple, il a fait référence aux résidus municipaux. «Si on prend par exemple les résidus municipaux, la solution est d’enfouir les ordures ménagères et à partir de ces ordures, on peut fabriquer du gasoil moyennant une installation technologique: ce gasoil peut être directement utilisé dans les bus. Au lieu que les ordures soient vues comme étant des déchets, cela peut être une source potentielle du carburant alternatif et qui sera moins coûteux que le carburant importé», a souligné M. Zanga.

Les résultats de cette étude seront validés par les experts au niveau de l’OACI cette année et, les résultats définitifs sont attendus pour juin 2018.

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