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ECONOMIE

Le fonds minier pour le développement local souffre dans son fonctionnement. Cela est dû au non-respect du code minier en vigueur au Burkina Faso par les sociétés d’exploitations minières, selon l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (Orcade). Pour exiger la bonne gouvernance dans ce secteur, la société civile demande aux communes minières de suspendre toute collaboration avec les sociétés minières. Le paiement intégral du fonds minier est la condition pour lever le mot d’ordre lancé ce vendredi 24 mai 2019 à Ouagadougou au cours d’une conférence publique.

Selon le directeur des programmes de l’ONG Orcade, Jonas Hien, le processus d’opérationnalisation du fonds minier de développement local, qui est un fonds crée par le nouveau code minier depuis 2015, rencontre beaucoup d’obstacles dans sa mise en place sur la gouvernance du secteur minier en général. A l’entendre, le comportement des sociétés minières au Burkina Faso ne facilite pas du tout la mise en place de ce fonds minier. A l’en croire, si ce fonds était effectivement opérationnel et que les maires bénéficiaient des ressources issues de ce fonds pour mettre en œuvre les projets de développement, cela aurait un impact positif sur la qualité des vies des populations surtout celles qui vivent sur les sites miniers. 

L’Orcade reproche à ces sociétés minières de ne pas respecter les lois de notre pays. «Le code minier est une loi, elle peut avoir des insuffisances mais en attendant qu’on ait une autre loi qui corrige ces insuffisances, cette loi doit être respectée» exige M. Hien. Les organisations de la société civile entendent travailler à prendre le contrôle du secteur minier au Burkina Faso en ce sens que, avance M. Hien «ce qui va être décidé avec les sociétés minières, il faut qu’on soit au débat pour voir si on est tous sur la même longueur d’onde en terme de protection et de défense des intérêts du pays parce que, ce que nous constatons déjà, nous inquiète et nous pensons que nous ne pouvons pas laisser continuer ainsi. Il faut que nous nous assurons que les intérêts du pays sont bien protégés pour nous ces intérêts ne sont pas suffisamment défendus».

La préoccupation de la société civile est que ces sociétés minières payent au fonds minier de développement local. «Si elles payent intégralement ce qu’on leur demande au fonds minier du développement local, il n’y aura plus de bagarre. Sinon, nous allons travailler désormais avec les communautés sur le site pour qu’il n’y ait plus de collaboration avec les sociétés minières, qu’elles ne donnent plus leurs terres… Nous allons faire ce travail. Cette fois-ci, nous n’allons pas reculer» 

Dans les jours à venir, la société civile compte constituer un «large front» pour mettre en œuvre cette décision. Elle entend internationaliser cette lutte. «Le Réseau mondial des ONG dans les industries extractives auquel nous appartenons, prendra le relais pour transmettre notre message aux gouvernements des pays d’origines des sociétés minières au Burkina Faso, à leurs partenaires et à leurs actionnaires» a conclu le directeur de programmes de l’ONG Orcade.

 

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