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ECONOMIE

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a lancé la campagne agricole humide 2018-2019, dans le village de Tiakané, dans la province du Nahouri, région du Centre Sud, sur le thème :« Renforcement de la veille face aux attaques parasitaires pour une réduction des pertes de productions agricole ». Pour cette année, le gouvernement a mobilisé 16 milliards de FCFA pour accompagner les producteurs.

Après le déficit céréalier de l’année dernière, le gouvernement voit la campagne agricole 2018-2019 sous de bons auspices. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, lors du lancement de la campagne humide à Tiakané, dans la province du Nahouri. Il a donné le ton de cette campagne, en procédant à une séance pulvérisation d’insecticide. Un acte qui traduit la volonté du gouvernement, dans une démarche anticipative, de s’attaquer au phénomène des oiseaux granivores, les chenilles légionnaires et ce, grâce à la mise en place de brigades mobiles de lutte. Les ambitions de l’exécutif pour le monde agricole sont très énormes, selon Paul Kaba Thiéba.

En termes d’accompagnement, pour cette nouvelle campagne, ce sont 8 155 tonnes de semences améliorées, 16 000 tonnes d’engrais, 27 400 unités de matériels agricoles dont 23 800 charrues, 3 150 charrettes, 250 semoirs, 130 motoculteurs, 10 500 animaux de trait, 5200 outils de vulgarisations agricole, et bien d’autres encore qui seront mis à la disposition des producteurs.

Pour Paul Kaba Thiéba, l’ambition du gouvernement est de faire en sorte que l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES) à savoir, la transformation structurelle de l’économie du Burkina Faso se fasse à partir de l’agriculture. A l’en croire, ce secteur occupe plus de 80% de la population et contribue à hauteur de 30% à la formation de la richesse nationale, mesurée par le produit intérieur brut.

Il a soutenu prendre bonne note des diverses doléances qui ont été exprimées au cours de la cérémonie même s’il a reconnu qu’il y a déjà un début de solutions pour bon nombre de sollicitations. C’est par exemple l’opérationnalisation de la Banque Agricole du Faso qui, à son avis, offrira des possibilités de financement plus importantes et plus souples aux producteurs.

Il a déclaré garder espoir que l’agriculture se portera de mieux en mieux au regard de la détermination de son gouvernement à résoudre la récurrente question de l’autosuffisance alimentaire. « Les 16 milliards injectés pour cette campagne pourront nous aider à atteindre nos prévisions qui sont très ambitieuses », a-t-il confié. Il a remercié le monde rural pour son courage et son ardeur au travail en promettant que son gouvernement jouera toujours sa partition.

Aux grands maux, les grands remèdes

« La campagne agricole écoulée a été caractérisée par des attaques de chenilles légionnaires et d’oiseaux granivores, dans les différentes régions de notre pays. A cette situation, s’ajoute l’irrégularité spatiotemporelle de la pluviométrie marquées par des séquences sèches prolongées », a indiqué, le ministre en charge de l’Agriculture, Jacob Ouédraogo.

A l’en croire, les difficultés ci-dessus mentionnées ont mis à rude épreuves les efforts consentis par les producteurs et les productrices, l’année passée. Et de poursuivre : « C’est ainsi que les rendements des différentes spéculations ont été impactés négativement, entrainant ainsi une baisse de la production céréalière de 11, 65% par rapport à la moyenne des cinq dernières années et un déficit brut du bilan céréalier de 477 448 tonnes soit 12% des besoins de consommation alimentaire de la population de notre pays ».

Toujours, selon Jacob Ouédraogo, le gouvernement a pris la pleine mesure de la situation alimentaire difficile et travaille d’arrache-pied, avec des actions concrètes pour alléger les souffrances des populations vulnérables surtout pour la période de soudure qui s’annonce. L’occasion faisant le larron, le ministre est revenu sur le plan de riposte, concocté par le gouvernement et l’ensemble de ses partenaires financiers et techniques.

Entre autres, la distribution gratuite de 3 245 tonnes de vivres au profit de 90 136 personnes vulnérables, la vente de 17 852 tonnes de céréales à prix social, soit 5000 FCFA le sac de 50 kg au profit de 59 506 ménages. Et ce n’est pas tout. La vente de 95 000 tonnes de céréales aux populations à prix subventionné de 6000 FCFA, le sac de 50 kg dans les boutiques témoins. Le soutien en intrants et en équipement à la production céréalière de saison sèche à hauteur de 2 milliards de FCFA ainsi que la prise en charge de 127 500 enfants malnutris aigus modérés et 47 300 enfants malnutris aigus sévères font partie de ce plan de riposte.

La cérémonie de lancement de la campagne agricole humide 2018-2019, qui a pour thème : «  Renforcement de la veille face aux attaques parasitaires pour une réduction des pertes de productions agricole », un thème évocateur au regard du contexte, a précisé le ministre. Pour lui, l’ambition du gouvernement est de faire en sorte que pour cette nouvelle campagne, un bond qualitatif vers l’engagement du président du Faso, qui est d’en finir avec les cycles de déficits céréaliers au Burkina Faso.

« Une telle cérémonie, rappelle l’importance accordée au secteur de l’agriculture. Cela montre à souhait la volonté affichée des autorités à ce secteur, qui est source de richesse, du bonheur et de la force de notre nation », a fait savoir le représentant du chef de terre du village de Tiakané, Moro Bouliou, après ses civilités à l’endroit des convives. Il n’a pas manqué, à l’entame de la cérémonie, d’égrener le chapelet de préoccupations de son ressort territorial avant d’implorer les mânes des ancêtres pour une bonne pluviométrie pour cette nouvelle campagne agricole.

DCI/PM

 

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