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ECONOMIE

La Coopérative Burkinabè de l’habitat (CBH), a tenu à apporter des éléments d’éclaircissements sur le différend qui l’oppose au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. C’était le 17 février 2018 à l’occasion d’une conférence de presse sur le site de la cité Bassinko.


En effet de retour d’une conférence de presse le jeudi 8 février 2018, le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme (MHU), Maurice Dieudonné Bonanet a marqué une escale sur le site de construction de 100 logements sociaux par la Coopérative burkinabè de l’habitat (CBH). A l’occasion, le ministre a interdit la poursuite des travaux.

A écouter le président de la CBH, Tièfa Somé, l’intervention du MHU sur ledit site a été une surprise pour l’ensemble des membres de la coopérative. «C’est contre toute attente que nous avons vu l’intervention du ministre (…), on est réellement surpris et on ne comprend pas pourquoi un tel acharnement. Parce que c’est le ministre de l’Urbanisme actuel, qui était le patron de la cérémonie de remise des clés de la première tranche de construction et le ministre de la justice actuel, le parrain de la cérémonie», a avancé M. Somé.

Bien de questions demeurent autour de ce chantier qui, d’un côté est présenté par la coopérative comme un chantier social répondant aux attentes du peuple Burkinabè, en considérant ses différentes offres. Et de l’autre, perçu par le ministère comme occupant illégalement un espace réservé. C’est ainsi que l’ex chef de service de l’habitat et de l’encadrement de l’auto-construction au MHU, par ailleurs président de la CBH, a brandit un ensemble de documents connexes. «Nous avons un protocole d’accord avec le ministère pour la construction de 500 logements sociaux. Nous avons un arrêté d’approbation du projet de 500 logements. Nous avons une notification de la première tranche de 100 parcelles. Pour la seconde tranche, nous avions reçu une autorisation verbale. Pourquoi c’est maintenant qu’on nous interdit la poursuite des travaux ? », S’interroge Tièfa Somé qui crie au haro.

Selon le président de la CBH, c’est la quatrième tranche du projet immobilier qui a suscité l’intervention du ministère. «C’est le ministre lui-même qui a donné une autorisation verbale à la coopérative pour les travaux après plusieurs correspondances restées sans suites comme pour la première tranche», a-t-il notifié. Il explique que la décision d’entamer les travaux est intervenue après les correspondances adressées et qui sont restées finalement sans retours. Les conférenciers précisent que c’est conformément à l’article 5 du protocole d’accord signé que cette décision a été prise. «L’article 5 stipule en substance que lors d’une adresse de correspondance à l’une des parties signataires du protocole d’accord, cette dernière a 15 jours pour répondre. A défaut donc de réponse, la correspondance est considérée comme acceptée. La décision de démarrer les travaux est due aussi à la pression de la cotisation des membres qui s’élevait à plus de 100 millions de Francs CFA», explique le président.

«Si l’on venait à arrêter le chantier, les conséquences seront très énormes non seulement pour la coopérative, mais aussi pour les ouvriers qui travaillent sur le site», a conclu Tiéfa Somé qui affirme que la coopérative a déjà investi environ 80 millions de Francs CFA dans le chantier. Toutefois, la CBH dit rester ouverte aux dialogues, mais ne se prive pas pour autant le droit d’entreprendre des mesures plus radicales si les choses restaient en l’état.

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