Aujourd'hui,
URGENT
Soum : des hommes armés non identifiés ont emporté lundi plus de 200 bœufs dans le village de Gadiouga.
Siao: l'agent comptable et le Caissier condamnés à 60 mois de prison ferme, 10 millions de francs CFA d’amende pour détournement.
Education: des enseignants recrutés sur mesures nouvelles en 2016 manifestent pour réclamer le payement de 8 mois d’arriérés de salaire. 
Padema: deux producteurs de coton retrouvés morts pendus dans leur champ à Pandema, à 70km de Bobo Dioulasso (Ouaga FM).
Guinée Bissau : un nouveau contingent de 140 militaires burkinabè (4 officiers et 136 sous-officiers) déployé dans les prochains jours.
Culture : le total des droits d'auteurs à partager par le BBDA s’élève à plus de 324 millions de FCFA, à repartir entre 13 881 artistes.
Russie 2018: l'attaquant Gafar Sirima du club FK Tambov, en deuxième division russe, vient d'être appelé pour compléter la liste des Étalons.
Maroc: le cinéaste burkinabé Idrissa Ouedraogo préside le jury de la 14è édition du film transsaharien de Zagora.
Rwanda/Génocide:  le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre BNP Paribas pour complicité de crimes contre l'humanité.
SITHO 2017 : le Niger, pays invité d’honneur du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou. 

ECONOMIE

Agribusiness TV est une webtélé conçue pour le téléphone mobile qui a vu le jour le 5 mai 2016. Après une année d’existence, cette télévision diffusée exclusivement sur Internet compte plus de 1,5 million de vues pour une soixantaine de vidéos produites. Selon son fondateur, Inoussa Maïga, l’objectif principal de ce média est de montrer aux jeunes africains qu’ils peuvent innover dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage.

«Voir c’est croire!» Tel est le slogan de cette plateforme web qui a pour siège social Ouagadougou. Voir c’est croire, car selon son initiateur, en matière agricole, les gens ne sont convaincus que s’ils voient des images. C’est de ce constat qu’est né Agribusiness TV avec l’utilisation de la vidéo comme outil de promotion de la valorisation et de la revalorisation des métiers d’agriculture aux yeux des jeunes. Le projet visait donc à encourager davantage les jeunes à s’engager dans le secteur agricole à travers la mise en lumière de jeunes qui innovent et qui réussissent dans l’agriculture.

«L’idée était de créer un média qui permette aux jeunes qui s’intéressaient à l’agriculture de pouvoir voyager tout en restant chez eux. Lors de mes tournées, j’ai remarqué que l’un des outils qui marche en milieu paysan est ce qu’ils appellent un champ école. On met ainsi en place une petite initiative en matière agricole et on fait venir les paysans pour qu’ils voient. Ils sont alors convaincus et sont encouragés à l’expérimenter chez eux. C’est cette même idée qu’on a essayé de faire à travers ce média», explique Inoussa Maïga, le fondateur et le web éditeur en chef d’Agribusiness TV.

Il s’agit donc de montrer, à travers les reportages réalisés et diffusés sur le site web et l’application mobile, les parcours et les itinéraires réussis de jeunes hommes et femmes dans le domaine de l’entreprenariat agricole. Destiné essentiellement à un public jeune dans le but de leur offrir des pistes de projets porteurs en lien avec l’enjeu actuel de l’agriculture africaine, Agribusiness TV, édité en français et en anglais, est devenu sans conteste le reflet de l’agriculture innovante. L’originalité de la plateforme lui a valu de décrocher le premier prix francophone de l’innovation dans les médias en 2017. Au cours de cette année, la webtélé a également remporté, dans la catégorie médias, le prix du Sommet mondial de la Société de l’information (SMSI), tenu à Genève, en Suisse.

CES CHIFFRES QUI PARLENT…
Et les chiffres du site sont assez éloquents! Une soixantaine de vidéos produites, plus de 1,5 million de vues et plus de 81 000 fans à travers le monde et dans les dix pays couverts, à savoir le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Togo, le Niger, le Kenya et l’Ile Maurice. Pour la production des différentes vidéos, l’équipe éditoriale s’appuie sur un réseau d’au moins 11 journalistes pigistes répartis dans les pays couverts. L’une des particularités dans la production des vidéos est que l’entrepreneur agricole ne paie aucun frais. Le choix et le traitement est du ressort du média qui, selon son responsable, lui permet de garder l’indépendance et le détachement nécessaires à une narration objective de l’histoire.

Au début, Agribusiness TV s’était donné comme chronogramme de mettre en ligne une nouvelle vidéo chaque mardi. Mais compte tenu de la pression et de la forte demande, le directoire a décidé d’observer une petite pause afin de revoir certains aspects tels le graphisme du site, le modèle économique et le cadrage des vidéos produites. «La durabilité du média réside dans notre capacité à diversifier nos formats. Une web-télévision doit normalement avoir plusieurs types de contenu. Les reportages uniquement ne font pas une télé. Donc à côté des reportages, nous aurons par exemple des entretiens et astuces qui montreront aux gens comment s’approprier des techniques agricoles spécifiques», fait savoir le promoteur. Au-delà de ces innovations, le média s’attèle aussi à produire notamment un magazine télévisuel de 26 minutes qui sera diffusé sur les canaux de médias partenaires.

BELLE COMPLICITE
Mais comme son fondateur aime toujours à le rappeler, cette télévision «panafricaine» sur Internet n’aurait jamais pu voir le jour sans la contribution de Nawsheen Hosenally, son épouse, qui a fait des études en agriculture. C’est donc avec la complicité de cette dernière qu’Inoussa Maïga a mijoté l’idée de cette plateforme qui s’est donnée pour ambition de montrer le parcours édifiant de jeunes, pas plus âgés de 40 ans, dans l’agriculture et l’élevage. Pari réussi puisqu’au-delà de la reconnaissance internationale, Agribusiness TV continue de montrer un autre visage de l’agriculture africaine.

Inoussa Maïga, ce passionné du monde rural

Né le 24 septembre 1985, Inoussa Maïga a fait ses études supérieures en communication pour le développement (CPD) à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou au sein du département Communication et Journalisme. Après l’obtention de sa maîtrise, ce passionné de l’agriculture et du développement rural fera ses armes au sein d’une agence privée basée à Ouagadougou et spécialisée dans la production journalistique et des appuis en communication pour le développement.

Passionné du terrain et du contact direct avec le monde rural, il décide de voler de ses propres ailes en 2013 et devient consultant indépendant sur les questions médiatiques, en lien surtout avec la communication pour le développement. Une année plus tard, en février 2014, ce natif de la ville de Fada N’Gourma décide de mettre en place son agence privée, Médiaprod, spécialisée en conseil sur les innovations, la formation et la production audiovisuelle.

Parallèlement, le bloggeur Inoussa Maïga consacre une rubrique de son blog à la diffusion de vidéos faisant l’apologie de l’innovation agricole. A l’époque, il était loin de se douter que cette petite brèche vidéo allait se muer, quelques années plus tard, en une web-télévision à vocation panafricaine. Médiaprod venait de porter Agribusiness TV sur les fonts baptismaux avec le soutien de celle qui deviendra son épouse, ainsi que celui du Centre technique de coopération agricole et rurale. 

Titulaire d’un master international en management des médias de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille en France et d’un master recherche en sciences de l’information et de la communication de l’Institut panafricain d’études et de recherches sur les médias, l’information et la communication basé à Ouagadougou, le patron d’Agribusiness TV, bientôt 32 ans, ne compte pas dormir sur ses lauriers.

D.K.
© Fasozine N°70, Juillet-Août 2017

 

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