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Sénégal: Macky Sall laisse entrevoir l'amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade (RFI)
Burkina: le Mouloud célébré dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 novembre 2018

CULTURE

Initiative de l’Association arts, clowns, marionnettes et musique dans nos rues « Assez de murs », le festival « Rendez-vous chez nous » est à sa 8e édition. Véritable espace de démocratisation des arts de la rue sous toutes leurs formes, cet évènement d’envergure unique pour les populations rurales et urbaines se tient du 4 février au 28 février 2017. Même si pour l’heure, Boniface Kagambega, président de l’association, tire un bilan satisfaisant des huit années de présence, il ne manque pas de tirer sur la sonnette d’alarme, en vue d’un appui de l’Etat. C’est ce qui ressort de l’interview qu’il nous accordé à l’occasion de « Rendez-vous chez nous » 2017.



Fasozine : que peut-on retenir après huit ans d’édition de « Rendez-vous chez nous » ?

Boniface Kagambega : nous en tirons un bilan très positif. Cela se perçoit au niveau des performances  assez professionnelles chez ces artistes de rue en Afrique de l’ouest. Nous avons plusieurs compagnies qui ont débuté ici et qui tournent un peu partout aujourd’hui à travers les quatre coins du monde. A cet effet, nous pouvons citer « les grandes personnes de Boromo », « Ivoire marionnette », du côté de la Côte d’Ivoire et qui dispose d’un grand centre, et bien d’autres. En somme, ce sont également des compagnies qui ont démontré tout leur talent sur diverses scènes en remportant de nombreux prix, dont des médailles d’or. Quand on se réfère à la structuration de « Rendez-vous chez nous », cela a donné naissance à pas mal de collaborations entre différents acteurs de la chaîne. Aujourd’hui, ce festival existe à Bamako au Mali. Nous avons permis qu’il soit monté un festival de rue à Abidjan, au Bénin et au Niger. Par ailleurs, nous notons quelques insuffisances, notamment en ce qui concerne la reconnaissance du travail abattu au niveau local. Pour ce qui est du budget par exemple, nous l’estimons à environ 300 millions francs CFA, et l’Etat nous vient en aide de façon minime. Les plus gros apports nous viennent de certaines structures françaises, suisses et canadiennes. C’est bien, mais notre souhait serait de bénéficier d’un appui conséquent de la part de nos autorités locales.

Quelle est la particularité de l’édition 2017, de « Rendez-vous chez nous » ?

Déjà, il faut souligner qu’après les étapes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, nous mettons le cap sur Bamako. Aussi, il faut souligner la visite initiée à l’endroit des artisans des quartiers que nous sillonnons. Il y a également un projet que nous avons avec des enfants. Il s’agit du projet « un monde plus juste », qui a réuni environ 3500 enfants venus de la Palestine, Haïti, France, Bangladesh et tout naturellement du Burkina. Ces enfants ont eu à réaliser des chansons en collaboration avec des artistes dont Maï Lingani, Dicko Fils, Alif Naaba et Patrick Kabré, en ce qui concerne le Burkina Faso. Ce projet est porté par l’ONG Enfants du monde. En outre, nous avons voulu à travers cette édition du festival, mettre un accent sur la sensibilisation quant aux droits des enfants. Un autre point à souligner, c’est un nouveau partenariat avec la Colombie, un pays avec qui on n’avait pas encore vraiment travaillé. Ça été aussi l’occasion pour Alif Naaba de recevoir un disque d’or pour sa collaboration avec le meilleur groupe actuel de reggae français, Dub Inc. Une première sous nos cieux. Nous évoquons cette année, la question du vivre ensemble, en insistant sur la scénographie qui donne du sourire aux tout-petits à travers cet aspect festif.

À quoi répond le thème de l’édition 2017 ?

Il faut dire qu’au-delà du vivre ensemble, nous parlons de sécurité dans l’espace public. Nous avons vu de nombreux festivals à ciel ouvert comme le nôtre, qui ont été annulés pour raison d’une sécurité fragile, caractérisée par une forte présence remarquée de ces fous qu’on appelle terroristes. Voilà pourquoi à notre niveau, nous avons jugé utile de mener la réflexion sur ces questions de festivals qui se tiennent dans des espaces publics. C’est vrai que là, on note la présence des forces de sécurité, mais l’ennemi tant redouté peut frapper à n’importe quel moment. Alors, il convient de voir comment nous pouvons travailler avec nos autorités pour sécuriser nos populations sur ce genre d’évènement. C’est-à-dire par exemple, être apte à pouvoir contenir les foules et être prompt à réagir le plus rapidement possible en cas de sinistre.

Quelles sont vos projections ?

Nous poursuivons tant bien que mal notre aventure. On sera très bientôt au Bénin, ainsi qu’au Niger, même si là-bas le festival aura une autre dénomination, il se fera néanmoins sous la même forme. Par ailleurs, nous avons des projets de tournées pour nos artistes, d’où nos collaborations avec des directeurs de festivals d’un peu partout. C’est donc dire que nous voulons permettre aux artistes de bénéficier de ce réseau dont nous disposons dans le cadre de ce festival. Mais par-dessus tout, on espère de tout cœur que les autorités de ce pays vont un peu plus s’intéresser à un festival qui arrive à programmer 50 compagnies, à mobiliser 400 artistes qui sont logés et nourris. Notre souhait serait d’arriver véritablement à convaincre nos autorités.

Propos recueillis par Guy Serge Aka


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