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CULTURE

«Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité», tel est le thème de la biennale du cinéma africain qui se tient du 23 au 3 mars 2019 à Ouagadougou. Directeur général du Fespaco depuis le 26 décembre 2014, Ardiouma Soma estime qu’il faut amener les professionnels, les gouvernants, les politiques et les partenaires à se pencher sur les aspects économiques du cinéma et de l’audiovisuel parce que pour lui, cet aspect est important pour l’avenir du cinéma africain. 

Fasozine: Quelle sera la particularité de cette édition cinquantenaire du Fespaco?

Ardiouma Soma: Les 50 ans du Fespaco, c’est 50 ans de l’histoire des cinémas d’Afrique et de la diaspora. Célébrer le cinquantenaire du Fespaco, c’est aussi célébrer l’histoire du cinéma d’Afrique. C’est aux alentours des années 1955 que les premiers cinéastes africains se sont mis derrière les caméras.  Les premiers films réalisés par des Africains ont été connus dans le monde vers les années 1960. Le Fespaco est arrivé rapidement en 1969. C’est pourquoi nous avons choisi, avec la collaboration des professionnels et des partenaires, de mettre l’accent dans le thème central sur les questions des mémoires et d’avenir des cinémas d’Afrique et de la diaspora. Parce qu’après 50 ans, il faut s’arrêter pour regarder dans le rétroviseur. Quelques fois, on a l’impression que les cinémas d’Afriques sont inexistants ou que ces cinémas sont tellement noyés dans des difficultés qu’on ne les voit pas. Alors qu’en réalité, ils existent et ont toujours existé. Même avant que les cinéastes africains ne se mettent derrière la caméra,  l’Afrique a été filmée. Pour célébrer donc les 50 ans du Fespaco, il était important qu’on s’arrête pour regarder ce qui a été fait jusque-là et mettre aussi l’accent sur la valorisation de ce patrimoine important. Il est important d’examiner comment ce patrimoine peut impacter la mémoire collective des populations africaines et comment il peut aussi inspirer les créations d’aujourd’hui et de demain. Fêter 50 ans, c’est aussi se positionner pour l’avenir à partir du moment où on a fait le point sur ce qui s’est passé jusqu’à nos jours. Nous avons pensé qu’il faut amener les professionnels, les gouvernants, les politiques et les partenaires à se pencher sur les aspects économiques du cinéma et de l’audiovisuel parce que cet aspect est important pour l’avenir. Nous devons le faire si nous voulons que l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel constituent un véritable pilier de développement nos pays. Il est clair que c’est une industrie qui peut créer des emplois et de la plus-value pour le développement de nos pays. 

Quels sont les chiffres de cette édition?

Quand nous avons fait l’appel à films, à la clôture des inscriptions, nous avons enregistré plus de 1 000 films et nous avons dû retenir autour de 160 dans la sélection officielle, ce qui est énorme. Ce qui veut dire qu’il y a beaucoup plus de films cette année parce que nous avons crée de nouvelles sections pour la compétition. Le cinéma documentaire va connaitre une valorisation cette année avec la création de deux sections distinctes à savoir la section de la compétition des longs métrages de films documentaires et la section courts métrages de films documentaire. Il a y a aussi la création d’une nouvelle section consacrée à la valorisation du cinéma d’animation africain. Donc beaucoup plus de films cette année que par le passé parce que nous avons pris en compte le patrimoine cinématographique africain pour présenter les chefs d’œuvres des années 1960, 1970 et 1980 et des chefs d’œuvres qui ont été effectivement restaurés et numérisés qui peuvent être mis à la disposition du public africain. Donc beaucoup plus de films et de salles. Pour cette édition, nous sommes à 9 salles de projection avec les salles classiques plus les salles Canal Olympia.  Nous sommes allés plus loin pour faire en sorte qu’au cours de ce cinquantenaire, les films et les cinémas soient plus proches possible du public. A cet effet, nous avons aussi une collaboration avec l’association Cinéma numérique ambulant du Burkina, du Bénin, du Niger, du Cameroun et du Mali qui vont se retrouver pour appuyer le Fespaco. Il est prévu beaucoup de projections de films dans les quartiers périphériques de Ouagadougou, dans des villages, les villes environnantes  dans un rayon de 100 km. Après le Fespaco, nous allons nous déplacer à Bobo-Dioulasso du 7 au 10 mars pour faire voir les films primés. Toute l’année 2019 est consacrée à la célébration du cinquantenaire du Fespaco. Donc nous allons nous déplacer dans toutes les régions du Burkina pour présenter des films et il est prévu aussi que le Fespaco puisse se déplacer  dans d’autres pays en Afrique et en Europe pour présenter les films toujours dans le cadre de ce cinquantenaire.

Quels sont les autres grands axes?

Pour l’avenir, nous voulons inviter les professionnels à mettre l’accent sur les aspects économiques et marchands de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel. Pour ce faire, en 2019, le Marché international du cinéma et de l’audiovisuel (Mica) sera renforcé et se déplacera au centre ville. Il est installé à la Place de la Nation, sous des chapiteaux de qualité et climatisé pour que cette place industrie soit au cœur de la ville de Ouagadougou et un espace renforcé. Au delà du chapiteau de 1 500 m2 qui va recevoir et abriter les expositions des entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel, il y aura aussi d’autres chapiteaux qui seront transformés en salles de conférence. Nous avons par exemple l’innovation de cette édition appelée «Les petits déjeuners du Mica», deux heures consacrées à des thèmes pratiques durant le Mica. Des thèmes comme «Comment monter un budget à l’ère du numérique», «Comment retrouver les différentes plateformes de diffusion», «Comment aborder un contrat…» seront discutés. Ce sont des thèmes très pratiques qui vont être développés au cours de ces petits déjeuners du Mica pour renforcer les capacités des professionnels du cinéma et de l’audiovisuels africain. 

Au niveau du Mica, il y a aussi des espaces qui vont être consacrés aux tables rondes, aux panels et aux conférences des partenaires. Il y  a beaucoup de partenaires internationaux, publics et privés qui interviennent dans le financement des industries du cinéma et de l’audiovisuel et il n’est pas toujours évident que les professionnels qui vivent sur le continent africain aient accès à toutes ces informations. Il faut que le Fespaco soit l’espace aussi de développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel, l’espace de développement des projets, l’espace où des connexions peuvent naître et se développer.

En 50 ans, plusieurs cinéastes africains ont tiré leur révérence. Quel sera le type d’hommage que le Fespaco entend leur rendre?

Comme à l’accoutumée, le dimanche 24 février, au lendemain de l’ouverture, les cinéastes vont se retrouver dès la première heure à la place des cinéastes pour rendre hommage aux cinéastes disparus. La particularité même de la célébration du cinquantenaire est qu’un hommage sera rendu aux pionniers du cinéma africain et de la diaspora dès l’ouverture le samedi 23 après-midi au stade municipal de Ouagadougou.  Un hommage sera aussi rendu à l’ensemble des cinéastes disparus. Un accent particulier sera mis  sur ces différents hommages à l’ouverture du Fespaco avant même la cérémonie de libation.

Nous voulons que la célébration du cinquantenaire soit aussi un moment de reconnaissance à ceux qui se sont battus pour que le cinéma d’Afrique existe. Cela doit aussi être un moment de reconnaissance à tous ceux qui ont produit et mis à disposition du public de grandes œuvres de qualité. Cette célébration doit aussi être un moment de rencontre des générations.  Pour cela, nous avons invité tous les cinéastes pionniers vivants pour que les cinéastes des années 1960, 1970, 1980 et ceux d’aujourd’hui se retrouvent à Ouagadougou pour se connaitre et discuter ensemble. Nous allons faire en sorte que ceux qui font le cinéma aujourd’hui comprennent que le cinéma n’a pas commencé par eux en Afrique. Il y a des devanciers auprès desquels ils peuvent s’abreuver pour nous proposer des œuvres de qualité qui puissent porter les identités africaines et améliorer l’image du continent et galvaniser les populations africaines. Les devanciers se sentaient investis d’une responsabilité d’éducation, d’information et de conscientisation des populations. Cela est encore d’actualité aujourd’hui, une rencontre entre les générations peut donc permettre de renforcer ces différentes convictions même si nous disons qu’un accent particulier doit être mis sur les aspects économiques. Ces aspects économiques ne doivent pas occulter la responsabilité du cinéaste et de l’artiste.

Pourquoi le choix du Rwanda comme pays invité d’honneur?

Le choix du pays invité d’honneur à l’occasion des différentes éditions du Fespaco est parti du fait que nous voulons, à chaque édition, porter la lumière sur une cinématographie d’une région, la lumière sur une cinématographie d’un pays et ce n’est pas forcément un pays qui a une grosse industrie du cinéma. C’est quelque fois des pays qui ont des initiatives qui tracent la voie certaine pour le développement d’une industrie cinématographique et qui peut impacter le développement de l’industrie cinématographique sur le continent. La majorité des gens ont très peu d’informations sur la cinématographie du Rwanda. Mais c’est un pays qui existe sur l’échiquier du cinéma africain et mondial avec des cinéastes de qualité. Le film rwandais qui a été choisi «The Mercy of the jungle», de Joël Karekezi, est un film qui fait le tour du monde depuis quelques mois et qui a récolté beaucoup de prix. C’est un cinéaste de bonne qualité qui a déjà présenté des films au Fespaco. Il y a beaucoup de cinéastes au Rwanda, comme Eric Kabera qui a aussi fait des films très intéressants sur le génocide au dans ce pays. Il y a également la jeunesse rwandaise qui s’est accaparée du numérique et qui produit de bonnes choses. Le Rwanda a deux festivals de cinéma qui sont peu connus et le rôle du Fespaco est de porter le projecteur sur des pays comme celui-là qui font des efforts dans le domaine du cinéma.

Quelles sont les têtes d’affiches qui sont attendues pour cette édition?

Il est vrai que, depuis 2017, le Fespaco est en partenariat avec Casting Sud, la structure dirigée par Georgette Paré qui est communicatrice et comédienne. Elle organise ce qu’elle appelle  les «Celebrity day’s»  pour donner un peu plus de place aux stars du cinéma d’Afrique et un peu plus de part aux comédiens. Ce projet est reconduit pour 2019 mais elle est mieux placée pour y répondre. 

Le contexte sécuritaire ne vous donne-t-il pas des nuits blanches?

Je pense que tout va bien se passer parce que, lors des tournées de communication, que ce soit à Paris, Bruxelles, au Rwanda  et même ici à Ouagadougou, la question sécuritaire était au centre des préoccupations. Mais la réponse que nous donnons toujours est que la question sécuritaire aujourd’hui est mondiale. Nous pensons que le remède pour faire face à cette insécurité est de développer la communication. Et la culture et le cinéma sont des outils de communication par excellence qui peuvent rapprocher des points de vue et qui peuvent permettre aux uns et aux autres de mieux se connaitre à travers le dialogue culturel. Des événements comme le Fespaco peuvent constituer de véritables remparts face à ces forces du mal. C’est pourquoi nous souhaitons que la majorité des gens, toutes confessions confondues, s’alignent derrière le Fespaco pour que cette célébration soit une réussite parce que si nous abandonnons, c’est fini.

Un appel à lancer aux festivaliers?

Il ne faut jamais rater une édition du Fespaco. Parce que présenter 160 films de réalisateurs d’Afrique et de la diaspora en un seul endroit pendant une semaine, c’est l’opportunité de venir parler et discuter des Africains des cinq régions. Je demande aux uns et aux autres de faire le déplacement au Fespaco. Les autorités burkinabè ont pris toutes les dispositions, les Forces de défense et de sécurité sont vraiment engagées pour cette réussite. Et après chaque édition du Fespaco, il y a un peu plus d’humanisme. 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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