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CULTURE

Préoccupés par les questions du vivre ensemble, du bonheur de l’homme dans une société d’harmonie, Abdoulaye Dao et Hervé Eric Lengani ont souhaité réaliser un film qui parle de religion, de charité et de solidarité. Inspirée d’une histoire réelle, «Duga, les charognards» traite du discours inter-religieux, de la solidarité entre les hommes au-delà de la religion. Le film sera en lice pour le prix le plus convoité, l’Etalon d’or de Yennenga qui prime le meilleur film fiction en long métrage, avec deux autres longs métrages burkinabè. 

Ce film réunit deux réalisateurs, deux créateurs, deux générations de cinéastes, deux époques et un vaste sujet, traité à travers l’histoire de petites gens. «Duga, les charognards, est une histoire vraie qui m’a été contée par un ami du nom de Rasmané, il y a maintenant deux ans. Cette histoire est assez rocambolesque», affirme Abdoulaye Dao. 

C’est ainsi que dans le film, Rasmané, l’ami du réalisateur qui joue son propre rôle, se réveille un matin et apprend le décès de l’un de ses cousins du nom de Pierre. Il ne vivait pas dans la même ville que lui, mais au village. «Rasmané se déplace à l’hôpital et trouve l’épouse de son ami qui s’apprêtait à transporter le corps au village. Mais elle n’avait pas suffisamment de moyens. Rasmané se propose donc d’aller chercher le supplément. Il reçoit alors un coup de fil du village lui demandant d’inhumer le corps et d’amener les affaires du défunt au village pour les funérailles. Mais Rasmané avait déjà fait sortir le corps de la morgue et le véhicule était à l’extérieur de l’hôpital. Il veut réintégrer le corps, mais on lui fait savoir qu’une fois que celui-ci quitte la morgue, il ne peut plus la réintégrer», relate Abdoulaye Dao.

Et voilà un Rasmané bouleversé, avec un corps sur les bras et un chauffeur de corbillard impatient, obligé de frapper aux portes de toutes les confessions religieuses pour demander de l’aide pour l’inhumation de son cousin Pierre. «Chez les catholiques, on lui demande le carnet de baptême qu’il n’a pas. Chez les musulmans, c’est impossible car Pierre a un nom catholique. Rasmané se décide à amener le corps chez lui, à la maison. Il avait des voisins qu’il n’aimait pas beaucoup parce qu’ils faisaient énormément de bruits à travers leur kiosque. Du coup, il n’y avait pas trop d’entente entre eux», raconte M. Dao. Vont-ils transcender leur inimitié pour aider à inhumer le corps? La réponse, le cinéphile la découvrira dans le film.  

 «Duga, les charognards» est une sombre mais belle histoire que les réalisateurs veulent raconter avec une certaine vision des choses sans donner de leçon de morale à qui que ce soit. Il s’agit juste d’attirer l’attention du public sur le vivre ensemble et sur cet intégrisme de tous les bords qui s’établit et qui effrite les communautés. Pour Abdoulaye Dao, la religion prône par essence l’amour et la paix entre les hommes. Malheureusement, dit-il, «on se rend compte qu’aujourd’hui ces religions sont plutôt source de division, d’intolérance parce que les hommes ont mal compris la parole de Dieu. Moi, j’aime bien traiter les choses avec humour et je pense que cela passe mieux.»

Acteurs professionnels et amateurs

Le choix de la ville de Boromo pour le tournage de ce film n’est pas fortuit. Selon Abdoulaye Dao, natif du chef-lieu de la province des Balé, l’histoire est partie de ladite ville. En tournant «Duga, les charognards» à Boromo, il a voulu retrouver les mêmes décors de l’histoire contée, retrouver des rues et plein de visages. Car, explique-t-il, «dans ce film, on retrouve certains des charognards qui ont accepté d’enterrer Pierre. Nous avons même gardé le nom de Rasmané, qui est resté l’acteur principal du film. En plus, je suis natif de Boromo. J’ai donc des décors dans ma tête. Il est également plus aisé pour moi de trouver des acteurs non professionnels parce qu’il y a des visages que j’ai en tête depuis longtemps. Je peux donc tout de suite aller chercher sans trop voyager. Il y a aussi le fait que je connais des gens au niveau administratif. Ce qui fait qu’il y a une certaine aisance à demander des choses. Tous ces paramètres ont beaucoup aidé la production».

Dans «Duga, les charognards», on retrouve des visages biens connus des petits écrans tels que Serge Henry, Abdoulaye Koumboudri, et des acteurs non professionnels qui représentent 70% du casting. Selon le réalisateur, c’était l’un des challenges de cette production et ces deux groupes d’acteurs se complètent très bien. «En ce moment, les professionnels deviennent comme des jonctions. Il faut faire confiance aux non professionnels et leur faire comprendre que ce n’est pas parce qu’ils sont en face d’un professionnel qu’ils doivent se laisser intimider. Au cinéma, il faut être comme tu es: jouer ou surjouer est complétement nul. Au cinéma, il ne faut pas jouer quelqu’un», soutient M. Dao.

La saison des pluies a souvent été une contrainte pour l’équipe de tournage qui, selon le réalisateur Dao, en s’installant dans la ville de Boromo au mois d’août, savait que la zone était pluvieuse. «Nous nous attendions à être perturbés par la pluie. C’était aussi un challenge: nous nous sommes dit qu’avec un programme étalé sur huit semaines, nous allions nous dépêcher pour terminer le projet en six semaines. Je pense que c’est ce que nous avons fait. Nous avions prévu des solutions pour que tout se passe bien», se réjouit Abdoulaye Dao.

Les réalisateurs entendent également faire de ce projet un cadre d’immersion dans les métiers pour de jeunes passionnés du cinéma, favoriser la mise en œuvre de véritables passerelles entre les jeunes techniciens formés dans les instituts de cinéma et leurs aînés. 

En dépit des contraintes climatiques et financières, «Duga, les charognards» sortira bientôt sur les écrans. «Nous pensons que nous serons prêts parce qu’en même temps que nous avons commencé le tournage, nous avons installé une structure pour la confection de la maquette», rassure M. Dao.

Cette œuvre de fiction, tournée pendant six semaines dans les Balé, a mobilisé 80 comédiens et techniciens. Le clap de fin de ce film, organisé le 17 septembre dernier dans la ville de Boromo, a marqué en même temps la fin du tournage des neuf œuvres retenues pour financement dans le cadre du soutien du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

La course contre la montre est maintenant engagée afin que les œuvres réalisées soient prêtes pour la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), prévue du 23 février au 2 mars 2019 et qui marquera le cinquantenaire de cette biennale.

©FasoZine N°77, Septembre-Octobre 2018. Tous droits réservés. 

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