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CULTURE

Targuant de s’être mariée avec la musique, elle se faisait voiler le visage pendant toutes ses prestations parce que pour son staff et comme le veut la tradition, la nouvelle mariée a le visage voilé et son faciès ne sera connu par le grand public qu’après ses noces. Mais en attendant ses noces, Kalam a présenté officiellement le premier né de cette union avec la musique ce jeudi 11 octobre 2018 à Ouagadougou.

Véritable bête de scène, l’artiste fait délester son style fait de savant mélange des rythmiques du pays des Hommes intègres, notamment le Kundé (guitare traditionnelle). Sa première sortie scénique live, c’était sur le podium de la 14e édition du festival «Fête de la musique» à Ouagadougou le 21 juin dernier, où la jeune dame a démontré son savoir-faire musical aux fans de la bonne musique. Mais avant, elle est allée présenter son œuvre au Moro Naaba Baongho (roi des Mossé) pour demander sa bénédiction comme le souhaite la tradition de cette ethnie (car une femme jouer au kunde reste toujours mystérieux ou un interdit non-dit pour la société mossi), témoigne Kosta Thegawendé, son manager.

Ce jeudi 11 octobre est donc une date mémorable pour elle. En effet, le premier né de son union avec la musique a été présenté aux hommes et femmes des médias. Baptisée «Woub-Ri», l’œuvre comporte 8 titres dont un remix et un bonus live extrait de sa prestation au Festival fête de la musique 2018. Amour, pardon, espoir, lutte contre l’insécurité sont entre autres thématiques que l’artiste aborde dans ses chansons avec une voix suave que l’assistance du jour a pu découvrir en elle.

Dans le titre «Nonglom ya wend panga», l’artiste indique que l’amour est la force de Dieu. «Tiin-bo» quand à lui invite les femmes et les jeunes filles à garder l’espoir qu’un jour viendra où elles trouveront l’âme sœur. A travers «Kand’m», Kalam se demande comment nos parents arrivaient à faire durer leur union contrairement à la génération actuelle où les divorces sont légion.

Des personnalités parmi lesquelles, le DG/BBDA, Walib Bara au milieu

Valérie Kaboré, secrétaire générale du bureau consulaire à la Chambre de commerce du Burkina et marraine de cette cérémonie de présentation de l’album ne pouvait rester indifférente du talent de l’artiste. «On m’a présenté une dame qui  ose jouer un instrument qui dans la société traditionnelle, est pratiquement interdite aux femmes. Je pense donc que c’est une combativité et il faut l’accompagner parce qu’elle a de l’avenir. Chacun à sa chance sur le marché discographique et Kalam a sa chance surtout à cause de sa spécificité», a témoigné la marraine.

Son Kunde toujours en bandoulière, Kalam est la seule femme aujourd’hui au Burkina qui joue à la perfection cette guitare en même temps tant que la calebasse. Au carrefour du moderne et du traditionnel, la musique de Kalam est un savant mélange des rythmes de son Faso natal et ceux d’ailleurs d’où, la convenance du style «World-Music» ou «Musique du monde». Désormais mariée à la musique avec les bénédictions de sa majesté le Moro Naaba Baongho et conformément à la tradition, son visage reste voiler et ne sera découverte qu’après ses noces. A quand la fin des noces ? A quand sera levé le voile au public ? Mystère et boule de gomme… En attendant, l’œuvre est dans les bacs et est à déguster sans modération.

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