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CULTURE

La 10e édition du projet engagement féminin porté par la compagnie Auguste-Bienvenue s’est déroulée du 2 au 28 juillet 2018 à Ouagadougou. Pour ce 10e acte du projet dont l’objectif est de corriger la faible présence des femmes parmi les artistes chorégraphes africains, plusieurs activités ont été menées : résidence de formation, matinée rétrospective ; une table ronde sur l’engagement des femmes dans la création artistique en Afrique et le spectacle « les Vivants » comme clou de l’édition 2018. Dans cet entretien avec Fasozine, Bienvenue Bazié, Co-initiateur du projet dresse le bilan de l’édition 2018.

Fasozine : Quel est le bilan à chaud de la 10 e édition de engagement féminin ? 

Bienvenue Bazié : L’édition s’est très bien passée car nous avons pu réaliser les différentes activités qui étaient prévues au programme à savoir la table ronde, la conférence de presse, la matinée rétrospective qui mettait en lumière les danseuses d’engagement féminin et la présentation des « vivants »   qui est la création majeure qui marque cette 10e édition que nous avons présenté  les 27 et 28 juillet au CDC la termitière. Le bilan est satisfaisant malgré le manque de soutien de certains partenaires qui se sont engagés dans un premier temps mais qui n’ont pas pu soutenir le projet. Il faut dire qu’en 10 ans nous avons eu à peu près la participation de 200 danseuses venant d’Afrique, 10 pays qui ont participé et 15 intervenants venant d’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis

Quels ont été les grands axes de cette 10e édition ?

D’abord la création du spectacle « les vivants » en 4 semaines qui a réuni 7 danseuses de 4 pays d’Afrique. C’était important pour nous qu’après 10 ans, on puisse réaliser quelque chose qui rassemble plusieurs nationalités. Nous avons pu démarrer et le travail va se  poursuivre l’année prochaine à Bordeaux en France. A coté de cela, cette édition a eu une bonne visibilité comparée aux années antérieures. Ce  qui a permis aux Burkinabè de découvrir  cette activité. En plus de cela, il y avait la présence de l’ancienne ministre Monique Ilboudo qui nous a éclairci sur un certain nombre de point qu’elle a sur  l’engagement de la femme dans la création artistique en Afrique.

En 10 ans, quel a été la contribution d’engagement féminin dans l’émergence des femmes dans le domaine chorégraphique ?

En 2008, quand  nous avons lancé engagement féminin, il n’y avait pas autant de danseuses sur les compositions chorégraphiques. Aujourd’hui, nous avons une participation de la jeune génération féminine aux projets chorégraphiques. Entre autres, nous avons Salamata Kobré qui a travaillé avec Herman Diephuis. Elle interprète aussi dans plusieurs pièces de la compagnie Auguste-Bienvenue en plus de son propre projet solo. Il y a aussi, Mariam Traoré qui est aussi interprète. Que ce soit en Afrique ou au Burkina, on compte plusieurs danseuses qui sont sur les plateaux et qui participent à la dynamique chorégraphique. 

Votre objectif à terme est il de produire des artistes talentueux à l’image d’Irène Tassembédo et de Germaine Acogny ?

Notre souhait est qu’elles deviennent des danseuses qui portent  le projet engagement féminin et qu’elles forment à leur tour de jeunes danseuses et surtout qu’elles soient des leaders comme Irène Tassembedo.

Quelles a été la principale difficulté ?

C’était la difficulté financière. Les moyens financiers ont manqué, ce qui ne nous a pas permis de réaliser certaines activités qui étaient prévues au cours de cette édition.  Mais cela n’a pas empêché pour autant la tenue de cette édition puisque il y a eu beaucoup de bonne volonté  qui ont contribué. Les danseuses se sont engagées et certaines ont pris en charge leurs transports, idem pour les chorégraphes. Notre lutte est de continuer engagement féminin malgré les manques de moyens.  Malgré l’absence de moyens financiers, nous avons toujours trouvé une formule à chaque édition pour qu’elle puisse se tenir.

A cause des intempéries, plusieurs personnes n’ont pas pu suivre la création majeure. Une reprogrammation à venir ?

Il y a  une programmation prévue dans le cadre du festival dialogue de corps que porte le Centre de développement chorégraphique, en décembre 2018. Donc il y a encore une possibilité pour les Ouagalais de revoir le spectacle « les vivants ». Outre cela, il serait bien que ce spectacle soit vu dans d’autres villes du Burkina Faso et dans les villes d’où viennent les différentes danseuses comme le Niger, la Côte d'Ivoire. Dans cette optique, nous travaillons avec des partenaires dans le but pour pouvoir présenter le spectacle dans plusieurs pays d’Afrique. 

Pour ceux qui n’ont pas vu « les vivants, à quoi doivent-t-ils s’attendre ?

C’est un spectacle qui permet aux danseuses de se rencontrer, de trouver un point commun, malgré leurs différences culturelles, autour d’engagement féminin qui est un cadre qui les permet de communiquer, d’échanger  et aller au -delà des différences pour construire ensemble quelque chose de commun. Il y a une structure qui est un mur qui existe et ce mur va tomber à la fin du spectacle.  Donc ce mur qui sert de support peut constituer aussi une barrière entre les peuples par conséquent « les vivants » traite de cette question de barrière et comment on peut la casser. 

Engagement féminin va-t-il se poursuivre ou pensez vous à une pause? 

Engagement féminin va se poursuivre, nous continuerons à travailler sur ce projet. Nous comptons aussi créer un plateau qui va permettre aux différentes danseuses qui portent des projets de les présenter ici à Ouagadougou. 

Un mot à l’endroit de tous ceux qui n’ont pas encore confiance à votre concept ?

Nous sommes fiers de voir que nous avons tenu pendant 10 ans malgré les difficultés.  Aujourd’hui le résultat est là puisque nous avons des danseuses qui sont sur des plateaux et qui contribuent à l’enrichissement de la composition chorégraphique. Les hommes n’ont pas la même façon d’aborder la danse comme les femmes.  Cette présence féminine vient apporter un ajout à la composition. C’est important que les partenaires soutiennent de tels projets qui contribuent d’une certaine façon à l’emploi et à l’économie des pays puisque les danseuses sont rémunérées sur les différents plateaux où elles prestent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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