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Ragnongo: une enquête a été ouverte par le procureur du Faso suite à l'opération menée ce 22 mai par les forces de sécurité
Ouagadougou: 3 présumés terroristes abattus, 1 capturé et plusieurs armements saisis par la gendarmerie nationale à Ragnongo
Ouagadougou: des assaillants ont été neutralisés ce 22 mai 2018 par les forces de sécurité dans un quartier périphérique de la ville 

CULTURE

« Kalakuta Republik » la dernière création chorégraphique de Serge Aimé Coulibaly sera en représentation ce vendredi 11 mai 2018  au Cenasa à Ouagadougou et le samedi 12 mai 2018 à la Maison de la culture de Bobo Dioulasso. Pour le chorégraphe que Fasozine a rencontré, faire jouer son dernier spectacle dans les deux premières villes du Burkina est une manière pour lui et son staff de proposer une pièce hautement « sensibilisatrice et interrogatoire » aux populations burkinabè qui n’ont pas toujours la chance de voir ce type de spectacle.

Kalakuta Republik en simple mot, est un hymne à l’engagement où le chorégraphe burkinabè rend hommage au roi de l’Afrobeat nigérian et à l’artiste engagé qu’a été Féla kuti, décédé en aout 1997. Durant sa carrière, Fela kuti est entré en résistance contre les régimes militaires et oppresseurs qui pendant plusieurs années ont exercé la terreur sur le Nigéria. L’artiste qu’il était a eu le courage de dénoncer sans interruption les fléaux tels la mal gouvernance, la corruption, le népotisme, la gabegie, etc. Son engagement lui a couté la destruction par l’armée de sa maison « de liberté » qu’il avait nommé : la République de Kalakuta. Un Etat dans un Etat où l’artiste a vu sa mère se faire défenestrer au cours de la démolition. 

C’est ce courage et l’engagement que magnifie le chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly dans Kalakuta Republik. « Fela Kuti est un bon exemple parce que musicalement sa musique est très riche et cela pouvait en terme de création, d’ouverture et de force nous amener quelque part. L’esprit de Féla, la force de l’art engagé a fait de Kalakuta Republik un spectacle exceptionnel dans le milieu de la chorégraphie mondiale » a expliqué Serge Aimé Coulibaly.

A travers ce spectacle, l’auteur invite tout simplement le public à s’interroger profondément sur la marche du monde et amener leur conscience à s’ouvrir aux différences engendrées par la mutation de la société. Pour lui, sa création est une invite à refuser la soumission. 

« Avec Kalakuta Republik, je parle du monde qui nous entoure, des guerres insensées et de certains maîtres qui dirigent nos pays sans qu’on ait pas nos mots à dire. J’interroge le public autour du monde qui nous entoure et quel est notre rôle en tant qu’être humain et en tant qu’artiste ? (…) J’interroge sur l’autorité, est-ce qu’on est obligé de toujours subir ? Est-ce qu’on n’a pas une autre manière de voir la chose ? Le vrai problème en Afrique est qu’on a jamais pris le temps d’interroger même le fonctionnement de l’Etat et de la société »  Fait-il savoir.

En décidant de faire montrer sa création à ses compatriotes, c’est une manière pour lui d’inviter les populations à s’interroger également sur la marche du monde. Pour lui, Kalakuta Republik est destiné à tout public même pour ceux qui ne comprennent rien à la danse et à la musique.

« Même si on ne comprend rien à la danse et aux arts d’une manière générale, on prend quelque chose parce que c’est d’abord des humains qui sont en train d’expérimenter des choses sur la scène. Aussi, cela forge la réflexion », foi de l’auteur. 

Pour découvrir Kalakuta Republik avec sa crème de musiciens et de danseurs et surtout sa philosophie interpellatrice, Serge Aimé Coulibaly dit avoir mis tout en œuvre pour offrir aux populations Burkinabè un spectacle au même standard que celui qu’il propose lors de ses tournées européennes. 

« Nous sommes des créateurs contemporains et nous utilisons la danse principalement. Mais c’est le monde qu’on essaie de recréer à chaque fois. On essaie d’imaginer le monde autrement donc n’importe qui qui vient ne vient pas pour regarder des gens en train de danser mais des humains en train de réécrire le monde » fait remarquer le chorégraphe burkinabè.

Il donne donc rendez vous au public burkinabè le vendredi 11 mai 2018 au Cenasa à Ouagadougou et le samedi 12 mai 2018 à la Maison de la culture de Bobo Dioulasso à partir de 20h30.  L’avant-première de ce spectacle est intervenue le 28 novembre 2016 au cours de la Triennale Danse l’Afrique Danse, qui s’est tenue à Ouagadougou du 26 novembre au 3 décembre 2016.

 

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