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G5 Sahel: plus de 1 300 milliards de F CFA (2 milliards d'euros) mobilisés pour le financement du programme d’investissements prioritaires

CULTURE

L’ultime séparation entre Idrissa Ouédraogo et les siens s’est faite telle une séquence d’un film. « Silence sur le plateau. Moteur ! Ça tourne », a lancé l’assistant réalisateur, bien avant la mise en terre. A la suite de cette étape, le clap de fin a retenti. Cette scène s’est déroulée dans l’après-midi de ce mardi 20 février 2018 au cimetière de Gounghin. En prélude de l’inhumation, le regretté a été fait à titre posthume Grand officier de l’Ordre national. La désolation dès l’annonce du décès a laissé place ce jour à la reconnaissance du mérite du cinéaste « hors pair » qu’il a été.

Les proches d’Idrissa Ouédraogo, ses collaborateurs et autres connaissances ont tenu à traduire leur gratitude à l’endroit de ce dernier, lors de son inhumation. Deux jours après la mort du cinéaste burkinabè, alors âgé de 64 ans, la Nation burkinabè, à travers le ministère de la Culture, des arts et du tourisme a salué le mérite de l’homme. L’instant de la dernière scène de son parcours sur la terre a suscité une vive émotion assez particulière. En effet, en lieu et place des habituels pleurs, c’est plutôt par salve d’applaudissement que l’assistance a accueilli la dépouille du « Maestro ».

Sa fille Noura, a au nom de la famille demandé aux uns et aux autres de retenir de l’homme quelqu’un « d’honnête et de direct ». « Notre papa était un exemple parfait d’humilité, de simplicité, de générosité. Il a toujours eu beaucoup de compassion envers nous et autour de lui (…) Papa aime rire, taquiner son entourage. Il était constamment en train de nous encourager ». C’est à travers ces mots, qu’elle parlait de celui-là même qui aura donné au cinéma burkinabè ses lettres de noblesses. Toutefois, elle a par ailleurs affirmé sa fierté d’avoir été proche de son géniteur. Ce dont elle est sûre, c’est que « l’immortel » qu’il est « est en train de faire danser et faire rire les anges ». Tous sont unanimes qu’au-delà de la tristesse, il faudrait manifester la joie de l’avoir eu.

Premier lauréat burkinabè de l’Etalon du Yennenga, Idrissa Ouédraogo s’en est allé à un moment où ses pairs avaient encore plus besoin de lui et de son talent, à en croire Emmanuel Sanon, président de l’Union des cinéastes du Burkina. Au nom de la famille des cinéastes à laquelle, Idrissa Ouédraogo appartenait tout naturellement, M. Sanon a loué le caractère fort de l’homme. A  ce propos, il confie « tes prises de position franche, directe, intempestive étaient souvent nécessaires pour réveiller ceux qui se sont endormis où sont dans la procrastination déplorable de notre métier ». 

Cependant, par sa voix, les condisciples du réalisateur de ‘‘Tilaï’’, promettent donner vie au projet qu’il nourrissait avant ce voyage du non-retour. Il s’agit de la réalisation d’un film intitulé « le rêve de Sita ». Lequel film qui aux dires d’Emmanuel Sanon « devrait permettre de secouer notre cinéma. Ton dernier rêve, nous te le promettons, il ne mourra pas ».

En outre, c’est également dans cette même dynamique que s’inscrit Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture, des arts et du tourisme. « Nous prenons l’engagement de poursuivre ton combat », a-t-il laissé entendre. 

Né le 21 janvier 1954, Idrissa Ouédraogo laisse derrière lui un immense héritage, que les uns et les autres entendent valoriser pour servir d’exemple aux jeunes générations.Toute sa vie, ce « géant » du 7e art burkinabè se sera consacré avec dévotion à la pratique de sa passion. Sa carrière démarre véritablement avec la réalisation de ‘‘Poko’’, un court métrage de fiction. A sa filmographie, on note entre autres ‘‘Yandaabo’’, ‘‘Yaaba’’, ‘‘Tilaï’’,  ‘‘Le cri de cœur’’, ‘‘Kadie Jolie’’ ou encore la mise en scène de ‘‘La tragédie du Roi Christophe’’. Sa carrière professionnelle aura  été bien  remplie. Ce qui permet à ceux qui l’ont accompagné de qualifier ce parcours de « maestria ». Egalement, ce fut une carrière couronnée de succès ici et là. On peut citer pêle-mêle le grand prix du jury à Cannes en 1990, le prix du meilleur long métrage au premier festival du cinéma de Milan en 1991 et la même année le prix de l’Etalon de Yennenga au Fespaco. Tout ceci avec ‘‘Tilaï’’. Le mérite de l’artiste aura été reconnu dans bien de pays, à l’instar de sa mère patrie. Idrissa Ouédraogo aura été fait Commandeur de l’ordre national burkinabè, Chevalier de l’ordre des arts et des lettres de la république française, Chevalier de l’ordre national du mérite tunisien, etc.           

 

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