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CULTURE

Ministre burkinabè délégué à l’Enseignement technique et à la Formation professionnelle de 2007 à 2011, Maxime Somé se rappelle la dissolution du gouvernement dont il faisait partie alors qu’il était à Libreville, au Gabon, pour participer à une session du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur. Au nom de la solidarité gouvernementale, il prit le risque de revenir au pays malgré le climat d’insécurité qui y prévalait encore. Mais le docteur en linguistique renoue bien vite avec son noble sacerdoce — enseignement, écriture et édition —, et rejoint à nouveau son épouse, Bernadette Ramdé, conseillère des affaires sociales, et ses trois filles en France. Celui qui était jusqu’à mai dernier recteur de l’université Aube Nouvelle de Ouagadougou évoque, dans cet entretien avec notre reporter, sa maison d’édition et son roman, Le Prédateur venu du Sud, qu’il vient juste de rééditer.


Fasozine: Que devient Maxime Somé?
Maxime Somé: Je suis retourné à ce que je faisais avant, à mes premiers amours, sans complexe, c’est-à-dire l’enseignement, l’écriture, l’édition, le travail de la terre et l’élevage. Je suis linguiste, j’ai enseigné les sciences du langage en France où j’ai pris une disponibilité, et j’enseigne maintenant à l’université de Koudougou et à l’université Aube Nouvelle dont j’ai été le recteur de septembre 2015 à mai 2017. Je n’ai pas souhaité renouveler la disponibilité que m’a accordée mon ministre de tutelle. J’ai donc réintégré l’université publique.

Maxime Somé ne fait donc plus de la politique?
Maxime Somé est devenu ce qu’il était avant, c’est-à-dire qu’il n’est plus actif dans la politique en tant que telle; il observe, il analyse. A ceux qui veulent de son expertise, il donne son grain de sel. Ceux qui n’en demandent pas, il ne les dérange pas. Je ne dirai pas «fontaine je ne boirai plus de ton eau», mais je ne me rase pas chaque matin en me demandant quand est-ce qu’on me fera appel pour occuper des fonctions politiques. Je ne suis pas dans cette attente, j’ai d’autres projets dans le domaine de l’éducation, de la formation, et j’espère que dans six à sept mois on aura l’occasion d’en parler.

Votre maison d’édition s’appelle JEL. Que signifie ce nom qui ressemble fort à un acronyme?
Quand j’ai créé ma maison d’édition, j’ai pris les initiales de mes trois filles: Jessica, Eudicia, Leslie. Pour le logo, je me suis rappelé de Napoléon et sa vision symbolisée par l’aigle impérial, sa puissance, sa rapidité, son efficacité. JEL a donc été créée en 2002 et est basée en France et à Ouagadougou.

Combien de livres JEL a-t-elle déjà édités?
JEL a édité La Sagesse du Mogho, un ouvrage coécrit par le Larlé Naaba et Patrice Kouraogo, un jeune chercheur du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST). Elle a également édité des œuvres d’auteurs divers dont un Malien, un Français, deux Burkinabè. Il s’agit notamment de Hadiza Sanoussi — Devoir de cuissage; Et Yallah s’exila — et d’un colonel de gendarmerie.  En plus de trois autres œuvres récemment éditées, cela fait une dizaine de livres. Et pour multiplier les ISBN qui sont en fait les cartes d’identité des livres, j’ai créé une autre maison d’édition qui s’appelle Azur.        

JEL est-elle spécialisée dans un domaine précis de connaissance ou dans un genre littéraire donné?
Non! Si vous écrivez quelque chose qui nous intéresse, nous essayons de lire et de corriger et puis on édite. Par exemple, il y a un de nos compatriotes qui a un projet d’ouvrage sur la musique, un excellent travail, mais comme c’est volumineux, cela coûte cher. Je lui ai suggéré qu’on scinde l’ouvrage en deux ou trois tomes pour pouvoir l’éditer. Il est en train de réfléchir à notre proposition. Nous ne sommes pas spécialisés, les gens ne lisent déjà pas beaucoup!

Où est située JEL et par qui est-elle animée?
JEL est située à la Zone du Bois et je travaille avec trois personnes, qui sont en fait des bénévoles. Il s’agit d’un comité de lecture. Quand on a un manuscrit, il faut avoir trois à quatre avis différents de personnes qui ne se connaissent pas.

Quelles perspectives, notamment pour faire mieux connaitre JEL et ses produits?
Nous avons un contrat avec le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (Cito) et nous sommes en train de réfléchir pour trouver la bonne période pour permettre à chaque auteur de faire une vaste dédicace, de parler de lui-même, de ses publications, de ses thématiques, son rapport avec la vie, etc.

Pourquoi avoir réédité Le Prédateur venu du Sud?
Des gens m’ont dit qu’ils ne retrouvaient plus le livre, donc la première édition est épuisée. La réédition s’explique tout simplement par la rupture de stock et vise à satisfaire la demande. Cette réédition n’est pas revue ni augmentée. Si vous voulez une clé de lecture de ce livre, sachez que quand on le commence on ne sait pas où on va, on s’ennuie, mais c’est ça, comme le dit Diderot dans Jacques le Fataliste.

Que pensez-vous de la culture et du livre au Burkina?
On organise des semaines nationales de la culture mais la façon dont on gère le Grand prix national des arts et des lettres (Gpnal), option littérature, est une sorte d’escroquerie. Il faut encourager les gens à déposer leurs manuscrits ou tapuscrits dans des maisons d’édition, qu’on les édite avant qu’ils ne passent dans les mains des membres du jury. Mais on prend des universitaires qui sont de bons critiques littéraires mais qui ne peuvent même pas écrire trois lignes d’un petit roman ou d’une petite nouvelle. Ils lisent les manuscrits et après ils décident que c’est tel manuscrit qui est primé.
Personne ne relira le manuscrit pour corriger les fautes. On le prend et on l’édite tel quel. Il faut commencer par la base, l’édition. Les gens écrivent et ont envie d’écrire, mais il n’y a pas de véritable promotion de la lecture et c’est dommage! Et puis il faut résolument passer de l’offset au numérique, qui est peut-être plus cher mais plus rationnel. Il faut également encourager la coédition qui permet de mutualiser les ressources.

© Fasozine N°69, Mai-Juin 2017


LU POUR VOUS

Le Prédateur venu du Sud
Deuxième œuvre littéraire de Maxime Somé après son recueil de nouvelles Bouffe mortelle, publié en 1999, le roman Le Prédateur venu du Sud, dont la première édition date de 2000, a été réédité en 2016. A travers ce livre de 144 pages, l’auteur entend dénoncer des mauvais comportements de certains prêtres africains. Pour ce faire, il a choisi le personnage principal de l’abbé Chreyitop, dont le penchant hypocrite (suggéré par son nom, anagramme de Hypocrite), lui a permis de mettre à nu certains agissements déviants de certains clercs africains, qui font des paroisses occidentales leur champ de business.

Toujours prompts à offrir leurs services surtout l’été, ils quittent leurs pays du Sud dans le but officiel d’annoncer la Bonne Nouvelle au Nord. Mais en réalité, ce sont des rapaces venus faire fortune à travers la quête et, pire, parfois en trempant dans des deals pas très catholiques ni apostoliques, encore moins ecclésiastiques. Ces clercs perdent ainsi totalement le sens de leur première mission, celle d’œuvrer au respect et à la sanctification de l’homme.

Cette déviation est perceptible à travers certains actes de Chreyitop qui, non content d’être arrivé en retard et gris à la messe de requiem qu’il devait dire, se permet de gifler un membre de la communauté en deuil. La suite de l’histoire qui n’est pas forcément en faveur de ce prédateur de prêtre est à découvrir dans le livre disponible en librairie.
J.S.







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