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CULTURE

Avant d’être chanteur, Gadji Celi Saint Joseph, déjà auteur de huit albums, était footballeur. Et pas n'importe lequel, puisqu'il est le premier Ivoirien à avoir soulevé le trophée de champion d’Afrique au Sénégal en 1992. De passage à Ouagadougou à l’occasion des Kundé 2017, il a bien voulu répondre aux questions de Fasozine.


Fasozine : que devient le président Gadji Céli ?
Gadji Céli: Ben… le voilà ! Il vient de gagner un prix (il fait référence à son trophée d’honneur aux Kundé 2017). Donc je suis encore là. Je suis chanteur et je le demeure.

Vous revenez sur la scène musicale avec un nouvel album. Pourquoi avoir attendu près de onze ans entre le dernier et celui-ci ?
J’avais un peu décroché depuis 2006. J’ai fait pas mal d’administration culturelle en Côte d’Ivoire concernant les droits d’auteur des artistes. Quand on ne sait pas où va l’argent, on est en droit de se poser des questions. J’ai donc décidé de voir les choses de près. J’ai créé une Union des artistes de Côte d’Ivoire dans le but d’aider les artistes à s’en sortir parce que j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de problèmes. Entre 2006 et 2011, ça m’a pris beaucoup de temps et je n’ai pas pu écrire. C’est ce qui a fait que j’ai mis autant de temps.

Que retenez-vous de votre carrière footballistique après 20 ans en arrière ?
J’ai été six fois champion de Côte d’Ivoire avec l’Asec Mimosas d’Abidjan (3 fois) et le Stella club d’Adjamé (3 fois), la coupe Cedeao, la coupe Ufoa, la mini coupe d’Afrique en 1991 avant de gagner la coupe d’Afrique des nations en 1992 avec la Côte d’Ivoire. J’ai été également élu meilleur footballeur de Côte d’Ivoire et j’ai été professionnel au FC de Set. Ma carrière footballistique est donc bien remplie.

Comment arrivez-vous à cumuler football et musique ?
J’ai d’abord joué au football avant de me consacrer à la musique. Au début je faisais des singles pour préparer ma reconversion. J’ai constaté que les mélomanes appréciaient mes chansons donc j’ai saisi l’opportunité pour me faire une carrière musicale après avoir arrêté ma carrière footballistique. Mais il faut reconnaitre que ce n’est pas facile de cumuler les deux. On ne peut pas se concentrer pour un match de football et se concentrer en même temps pour un concert.

Quel est votre message après les évènements en Côte d’Ivoire (mutinerie) et au Burkina ?
Il y a eu des évènements dans mon pays, ce qui peut arriver à tous les pays d’ailleurs. Donc l’heure est à la réconciliation, la vraie réconciliation. Il faut que l’Afrique soit soudée et solidaire. Seule la réconciliation sortira le continent de ses problèmes. Nous pourrons aller contre le vent fort qui arrive vert nous. Parce que le vent, il vient toujours et il vient toujours entre nous, donc il faut que nous nous mettions ensemble. Le Burkina est un pays qui me tient à cœur et que j’aime beaucoup. Je suis toujours venu travailler au Burkina donc c’est ma deuxième patrie. Et c’était une réponse à tous les Burkinabè que je connais et leur dire que nous formons une seule famille et que j’adore ce pays.

Quel regard portez-vous sur la musique africaine ?
C’est le temps et il faut lui accorder sa vérité. La population africaine est à 70% jeune. Et ce sont les jeunes qui ont choisi leur style de musique. Donc les 30% restant, nous avons notre public mais nous sommes obligés de faire un clin d’œil aux jeunes tout en restant dans notre feeling. La musique africaine actuelle a son avenir devant elle.


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