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CULTURE

Le Burkinabè Moussa Ouédraogo, plus connu sous le nom d’artiste Moussa Petit Sergent, a reçu le prix « RFI talent du rire ». Un prix qui récompense les jeunes talents de l’humour en Afrique et qui lui sera remis le 11 décembre prochain à Abidjan dans le cadre du gala de clôture du festival du Gondwana initié par l’humoriste de RFI, Mamane. Nous vous proposons de le redécouvrir à travers le portrait que Fasozine lui avait consacré.

 

 

De nationalité burkinabè bien que natif de Bouaké, en Côte d’Ivoire, Moussa Ouédraogo a commencé son jeu d’acteur en classe de CE1, à travers le théâtre. Il a également incarné des rôles dans des films avant de se consacrer, pour l’instant, aux prestations humoristiques et théâtrales.

Des problèmes sociaux et économiques ont contraint le comédien humoriste Moussa Ouédraogo à quitter les bancs après le BEPC décroché à Ouahigouya, dans le Yatenga,  en 2009. Agé 26 ans, il aurait souhaité aller plus loin dans les études. Ce vœu ne se réalisera pas.  «Je remercie Dieu de m’avoir guidé vers un métier qui me permet de m’instruire et de contribuer à un monde meilleur», positive-t-il. Et la pratique du théâtre lui a été bénéfique même quand il était encore sur les bancs: «J’avais une longueur d’avance par rapport à mes camarades de classe parce que j’apprenais et à l’école, et au théâtre. Et pour moi, honnêtement, j’ai plus appris au théâtre qu’a l’école.

Par exemple en troisième, quand on nous demandait de lire Les Bouts de bois de Dieu de Ousmane Sembène ou Les Soleils des indépendances  de Amadou Kourouma pour un exposé, moi je n’avais pas trop de soucis à me faire parce que ces textes, je les connaissais déjà par cœur parce qu’on les a joués au théâtre», se rappelle-t-il.

Il révèle d’ailleurs avoir commencé l’art de la scène par le théâtre qu’il a découvert à l’école primaire, plus précisément au CE1, avec son encadreur Patrice Kaboré, directeur de la compagnie Les Merveilles du Burkina. Sa rencontre avec l’humour s’est faite également tôt, quand il était au CM2. Avec son metteur en scène et la comédienne burkinabè Augusta Palenfo, il a décroché le premier prix au grand prix national de l’humour avec un sketch, Sergent Kostapinto, dont il était l’acteur principal. Il décida d’écrire de l’humour en s’inspirant des interventions de l’humoriste nigérien Mamane, qu’il écoutait tous les matins sur Rfi. Son tout premier texte fut A bas la pauvreté, qu’il a présenté à l’institut français de Ouagadougou en juin 2010 pour la première partie du spectacle de Mamane. Le succès qui a marqué cette sortie lui a ouvert bien des portes et lui a surtout permis de rester en contact avec l’homme de «la république très très démocratique du Gondwana», qu’il considère comme son idole.

Ce dernier devrait, du reste, être le parrain de son prochain spectacle intitulé Mes Amours, prévu pour le 13 février 2016 à la maison du Peuple à 20h. L’humoriste qui rêve d’organiser un festival d’humour à Ouahigouya où est né le déclic l’ayant poussé à progresser sur la scène tient son surnom Petit Sergent du film éponyme, du réalisateur burkinabè Adama Rouamba. Pour avoir été l’acteur principal de ce film, Williams Toé, a fini par porter «fièrement» le pseudo Petit Sergent que lui ont attribué les cinéphiles. L’auteur de l’album humoristique Fais rire ta mère, sorti en 2013, des spectacles Femmes enceintes, Conseils Pratiques, Mes Amours, se concentre plus sur le théâtre et l’humour qui l‘occupent assez bien. Celui qui déteste l’hypocrisie refuse désormais les propositions liées au cinéma, sauf celle d’Apolline Traoré, qui l‘a aussi soutenu dans l’humour en le faisant prester. Il a donc joué dans son film Ah les hommes! Ah les femmes!

Le gagnant du grand prix national de l’humour 2015 à Bobo Dioulasso est rentré d’une tournée en Allemagne en décembre 2015, sera en spectacle du 24 au 27 février au Cito, représentera son pays au festival Masa à Abidjan en mars 2016 et prévoit une tournée sous-régionale dans les instituts français avec Gondwana city productions toujours en 2016.

Par Juste SAMBA

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