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CULTURE

Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis lauréat de l’Etalon d’Or de Yennenga au Fespaco 2013 avec son film « Tey » revient cette année dans la compétition avec  une fiction dramatique. «Félicité » est le titre de son long métrage qui est en lice pour cette 25e édition.


Rarement on a vu une projection de presse ayant mobilisé autant de monde. Personne ne voulait se faire raconter cette œuvre qui a déjà remporté le grand prix du jury de la 67e Berlinale de Berlin en Allemagne. « C’est du Gomis et cela doit être vu » nous a lancé un cinéphile dans la salle de projection.

Félicité raconte l’histoire d’une femme brave, courageuse, battante, libre et fière qui vit à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Félicité est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans, Samo, est victime d'un accident de moto. Pour le sauver de l’amputation de sa jambe blessée, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues kinoises pour mobiliser la somme nécessaire pour l’opération.

Elle arrive à mobiliser l’argent nécessaire au prix de moult sacrifices et péripéties dans une ville électrique, bref dans un monde de musique et de rêve. Mais elle est arrivé tard à l’hôpital, son fils est déjà amputé de sa jambe. Au cours de ces soucis, elle fait la rencontre de Tabu, un garagiste  qui aime croquer la vie à belle dent…

« On a voulu raconter une histoire pour parler un peu de la difficulté quotidienne de cette femme qui se bat dans son quotidien et qui est une femme droite et digne. C’est un film sur la dignité et pour rendre hommage à la vie et à ceux qui se battent tous les jours et qui sont pour nous de véritables héros », a expliqué le réalisateur Alain Gomis à l’issue de la projection.

Cette fiction de 122 minutes consacre une part belle à la musique,  l’orchestre Kasai Allstars accompagne Félicité dans ses envolées lyrics et l’orchestre symphonique Kimbanguiste qui intervient dans le film « comme un cœur permet de prendre un peu de recul d’avec les personnages afin de respirer avant de repartir dans cette histoire assez intense ».

Le jeu d’acteur est assez bien maîtrisé et la qualité des images est quasi satisfaisante. En effet, Alain Gomis y met sa technique préférée de cadrage à savoir les gros plans pour s’incruster dans l’univers des personnages et la caméra « qui tremble » pour amener le cinéphile dans un univers trouble où rythme violence et réalités déconcertantes.  

Corruption, système sanitaire précaire et insécurité ont été mis en lumière dans ce film de l’Etalon d’or 2013. Le film a été tourné en RDC en langue locale lingala et sous titré en français. Ce qui est inédit dans le film est que le réalisateur ne comprend pas cette langue ce qui lui permet de laisser « la latitude » aux acteurs de réinterpréter le film.

L’actrice principale, Véro Tshanda Beya qui a interprété le rôle de Félicité n’est pas chanteuse ni danseuse. Elle a appris à le faire en deux semaines avant de se lancer dans l’interprétation du rôle de cette femme dynamique et battante qu’est Félicité.

« C’est une grande expérience pour moi de travailler auprès de Alain Gomis et cela n’est pas donné à tout le monde. Je croyais que je n’y arriverai pas mais au finish, c’était une expérience extraordinaire » a révélé Véro Tshanda allias Félicité.

Le film est très agréable à suivre mais au final, devient lassant car rallongé par des séquences et plans inutiles. Aussi la durée de certaines séquences est très longue alors que le réalisateur avait la possibilité de les réduire car l’histoire était déjà comprise.




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